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Posté le 8 novembre 2014 par Bcolmant

La soustraction économique de notre prospérité

L'intuition n'est pas scientifique.

Elle relève de l'insaisissable.

Sans tomber dans le gouffre des théories déclinistes, mon intuition est que de graves chocs politiques sont proches, parce que nous n'arrivons plus à nous enfuir de nous-mêmes.

Je m'explique : la croissance économique est une échappée dans le futur.

Son absence devient donc une prison, puisqu'il n'est pas possible de se projeter dans un avenir économique meilleur.

Quels sont les murs de cette prison ?

Il s'agit de la gigantesque soustraction des dettes que nous avons contractées et qui doivent être défalquées de notre futur, comme un monde qui se renverserait.

Il s'agit, bien sûr, de la dette publique, mais aussi des autres dettes sociales, comme l'accentuation des inégalités, et des dettes sociétales, dont les latences environnementales et climatologiques.

Le problème, c'est que cette soustraction du futur, qui ne peut plus s'opérer sur la croissance, conduit à l'exclusion et à la prédation.

Elle révèle les côtés sombres des hommes.

C'est pour cette raison que, partout en Europe, nous observons des manifestations de repli identitaire et une augmentation de l'agressivité sociale.

C'est aussi pour cette raison que les démocraties sont mises à l'épreuve dans le sillage des chocs économiques et que tout peut rapidement basculer vers d'autres configurations politiques.

D'ailleurs, le parallèle avec les années trente n'est plus disqualifié.

Ai-je une solution globale pour contrer cette intuition, peut-être pessimiste ?

Non.

Par contre, je crois important de s'interroger sur les valeurs morales qui guident nos communautés et de s'extraire des carcans et rentes d'idées pour savoir comment assurer la cohésion sociale. Les configurations sociales deviennent très vulnérables. Il s'agit de sauver la civilité.

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