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Posté le 24 mai 2014 par Bcolmant

Thomas Piketty : l'illusion monétaire ?

Rebondissant sur la note précédente, une autre interrogation se dégage des travaux de Thomas Piketty, à savoir ce que signifie "le capital" dont l'économiste français avance qu'il croît plus rapidement que l'économie.

Le capital est, en effet, une représentation symbolique de la valeur.

Certains le qualifieront même d'artéfact.

Cette représentation est elle-même un flux (et non un stock) dont la valeur relative oscille en fonction de son rapport d'échange avec des biens et des services.

Il n'y a donc pas plus de capital absolu que de valeur fondamentale.

Le capital est, comme la monnaie, une mesure transitive.

La grille de lecture marxiste illustre parfaitement le caractère transitif du capital en ramenant ce dernier à un "quantum de travail". C'est donc du travail (passé) qui est véhiculé par le capital, servant lui-même à mettre en œuvre du travail contemporain.

Il y a donc un phénomène – même partiel – de consubstantialité, voire d'ubiquité, entre le capital et le travail.

A mon intuition, l'opposition macroéconomique entre le travail et le capital, à savoir les deux facteurs de production, est partiellement caduque en ce qu'elle ne constitue pas un antagonisme naturel.

Les deux facteurs de production sont fondés sur le travail, presté à des moments différents. La pérennité du capital est d'ailleurs elle-même fondée sur la stabilité de l'ordre socio-étatique, c'est-à-dire sur le maintien d'un rapport d'échange entre le travail passé et futur.

Cet aspect me semble absent des travaux de Piketty, qui s'interroge sur la manière de contrer la croissance et la concentration excessives du capital. L'économiste propose un impôt mondial sur le capital, dont il reconnaît le caractère illusoire.

Marx aurait plutôt imaginé une implosion sociale.

Sur base de la juxtaposition du capital et du travail, je crois qu'une autre solution s'imposera naturellement, à savoir la dépréciation de la monnaie et donc du capital. En effet, au travers de sa représentation symbolique, l'ajustement monétaire est plus aisé que l'ajustement social. Il s'impose  de lui-même comme frein à la concentration capitalistique afin d'éviter que cette dernière n'étouffe le capital lui-même.

L'ajustement sociétal relèvera donc, à mes yeux, d'un point de discontinuité dans la stabilité du pouvoir d'achat du capital.

Au reste, il n'est d'économie que d'hommes, pas de monnaies.

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