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Posté le 5 mars 2013 par Nicolas Becquet

Harlem Shake, du gag aux revendications

Les vidéos absurdes baptisées "Harlem Shake" ont envahi la toile. Mais le buzz ne fait plus rire partout: des mineurs ont été licenciés en Australie après avoir tourné leur version. En Tunisie, c'est même devenu un enjeu politique.

HarlemC'est un phénomène viral sur internet. Dans une vidéo d'une trentaine de secondes découpée en deux temps, un individu se trémousse d'abord dans l'indifférence générale, puis est rejoint par tout le groupe qui se déchaîne sur le son "Harlem Shake" de DJ Baauer. La capsule est tellement facile à réaliser que des milliers de versions sont apparues depuis quelques semaines. Des médias aux brigades de pompiers, des Simpsons à l'armée norvégienne en passant par les frères Borlée, tout le monde s'essaye à la bizarrerie.

Le Harlem Shake, c'est un moyen facile pour faire parler de soi. Et comme le "Lip dub" il y a quelques années, c'est devenu un vrai phénomène d'entreprise. En Belgique, la création de QMusic a été vue 14.500 fois, celle de Magazinski (VRT), 10.000 fois, tandis qu'Adecco a récolté 5.000 vues. Souvent mis en scène dans les "open spaces", des centaines de bureaux en folie se secouent le popotin, version team building. Mais du coup, la singularité de la chose est quelque peu écornée. De l'original, absurde et décalé, il ne reste pas grand-chose...
On ne rit plus

C'est quand le phénomène est détourné qu'il redevient intéressant. La Croix Rouge a récemment mis en ligne une vidéo utilisant le buzz pour réclamer plus d'attention à la problématique de l'accès à l'eau. "Ca mérite aussi de faire le buzz", dénonce l'organisation humanitaire.

En Tunisie et en Egypte, le "Harlem Shake" prend même des tournures revendicatrices: les vidéos y provoquent la réaction hostile des autorités. Le ministre tunisien de l'Éducation a ordonné une enquête après la diffusion d'une vidéo par des lycéens. Des dizaines de parodies utilisant le visage du ministre ont vu le jour... Mais la tension s'est intensifiée quand un groupe islamiste a empêché la tenue d'un "Harlem Shake" à l'institut des langues de Tunis, provoquant une bagarre.

En Egypte, la police a arrêté quatre étudiants qui dansaient en sous-vêtements. 70 citoyens ont répliqué en se rassemblant au Caire devant le quartier général des Frères musulmans pour danser au rythme de DJ Baauer. "À Bas le guide", ont-ils scandé en référence au leader des Frères musulmans, Mohamed Morsi.

On ne rit plus non plus en Australie. Un groupe de mineurs a été licencié après avoir tourné un "Harlem Shake" au fond d'une mine d'or. Ils auraient enfreint "les valeurs élémentaires de sécurité, d'intégrité et d'excellence", selon la direction. Aux États-Unis, une enquête a également été ouverte après que l'équipe de frisbee du Colorado College a perturbé un vol en utilisant les gilets de sauvetage et les masques à gaz pour un gag à 10.000 mètres d'altitude...

Le "plus grand Harlem Shake de Belgique" sera tourné à Liège le 16 mars prochain, pour les insoumis que ça intéresse.

M.D.

Le Harlem Shake, c'est un moyen facile pour faire parler de soi. Et comme le "Lip dub" il y a quelques années, c'est devenu un vrai phénomène d'entreprise. En Belgique, la création de QMusic a été vue 14.500 fois, celle de Magazinski (VRT), 10.000 fois, tandis qu'Adecco a récolté 5.000 vues. Souvent mis en scène dans les "open spaces", des centaines de bureaux en folie se secouent le popotin, version team building. Mais du coup, la singularité de la chose est quelque peu écornée. De l'original, absurde et décalé, il ne reste pas grand-chose...

On ne rit plus

C'est quand le phénomène est détourné qu'il redevient intéressant. La Croix Rouge a récemment mis en ligne une vidéo utilisant le buzz pour réclamer plus d'attention à la problématique de l'accès à l'eau. "Ca mérite aussi de faire le buzz", dénonce l'organisation humanitaire.

En Tunisie et en Egypte, le "Harlem Shake" prend même des tournures revendicatrices: les vidéos y provoquent la réaction hostile des autorités. Le ministre tunisien de l'Éducation a ordonné une enquête après la diffusion d'une vidéo par des lycéens. Des dizaines de parodies utilisant le visage du ministre ont vu le jour... Mais la tension s'est intensifiée quand un groupe islamiste a empêché la tenue d'un "Harlem Shake" à l'institut des langues de Tunis, provoquant une bagarre.

En Egypte, la police a arrêté quatre étudiants qui dansaient en sous-vêtements. 70 citoyens ont répliqué en se rassemblant au Caire devant le quartier général des Frères musulmans pour danser au rythme de DJ Baauer. "À Bas le guide", ont-ils scandé en référence au leader des Frères musulmans, Mohamed Morsi.

On ne rit plus non plus en Australie. Un groupe de mineurs a été licencié après avoir tourné un "Harlem Shake" au fond d'une mine d'or. Ils auraient enfreint "les valeurs élémentaires de sécurité, d'intégrité et d'excellence", selon la direction. Aux États-Unis, une enquête a également été ouverte après que l'équipe de frisbee du Colorado College a perturbé un vol en utilisant les gilets de sauvetage et les masques à gaz pour un gag à 10.000 mètres d'altitude...

Le "plus grand Harlem Shake de Belgique" sera tourné à Liège le 16 mars prochain, pour les insoumis que ça intéresse.M.D.

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