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Posté le 6 février 2013 par Anne-Sophie Bailly

Bruxelles se réveille avec de nouveaux graffitis

Après la femme nue de l’avenue Louise repérée la semaine dernière, une nouvelle fresque a été découverte à la Porte de Hal. Le street-artist Bonom serait-il de retour ?

par Marie Dosquet

En une nuit, un mystérieux artiste a recouvert la façade d’une maison de la Porte de Hal d’une gigantesque fresque : un vieil homme maigre, nu comme un ver, de 15 mètres de haut. Cette nouvelle fresque émerge une semaine après la découverte d’une autre oeuvre érotique, celle d’une femme allongée, avenue Louise cette fois. Si les propriétaires du bâtiment de la Porte de Hal n’ont pas porté plainte, ceux de l’avenue Louise auraient entamé une action en justice.

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Mais qui est donc le mystérieux auteur de ces fresques urbaines plutôt osées? S’il ne l’a pas confirmé, le nom de Vincent Glowinski, alias Bonom, est sur toutes les lèvres. «Nouveau Bonom la nuit passée en direct depuis mon balcon, je confirme ses compétences d’alpiniste», commentait un internaute samedi matin. Les rues de Bruxelles regorgent de ses graffitis. Souvent réalisés en noir et blanc, ils représentent généralement des animaux. Parmi ses réalisations les plus connues, le renard dévalant les murs de la cité administrative devant la colonne du Congrès, ou encore l’énorme squelette d’une créature préhistorique sur la façade de Generali près du Palais des Beaux-Arts. Ses dessins, c’est une bonne manière de les reconnaitre, sont toujours perchés à des endroits très difficiles à atteindre. Pour les voir, il faut lever la tête. Le talent de Bonom lui vaut même le surnom de «Banksy belge», d’après le street-artist anglais connu mondialement pour ses pochoirs incisifs.  

Mais contrairement à Banksy, Bonom a perdu peu à peu son anonymat. Arrêté par la police en 2010, il a dû prester des heures de travaux d’intérêt général. À la fin du mois de janvier, il se livre même à Agenda magazine, acceptant de donner son nom. Il raconte: «Je ne peux plus travailler en tant que Bonom. Ils (la police) savent qui je suis et la magie a disparu». En conséquence, Vincent Glowinski accepte de plus en plus de commandes. Les dinosaures en face du Musée des Sciences Naturelles, c’est lui. Il a également décoré le café Potemkine, ou encore la Rotonde du Botanique. «Je fais de plus en plus de fresques sur commande. J’aime cela aussi, mais ça n’a absolument rien à voir avec le mystère de l’art de la rue».

L’artiste de la rue aurait-il ressenti un manque? Une troisième fresque découverte récemment, à l’Hôtel des Monnaies cette fois, représente un personnage qui lui ressemble étrangement... Autoportrait? Imitation d’un admirateur? Le mystère reste entier, mais n’est-ce finalement pas l’effet recherché? «Pendant un temps, j’ai arrêté de faire des graffitis, mais le sentiment de déconnecter momentanément des masses de la ville, de littéralement s’élever au dessus de la société et d’ensuite laisser une trace derrière soi, ce sentiment te donne une énorme liberté personnelle. C’est une sorte de victoire», expliquait Bonom en janvier dernier...

 

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