Soupirs et plaintes dans l’ensemble de la rédaction. La cause : un nouveau réseau social, Plaxo, qui se manifeste sous la forme des demandes d’adhésion par des collègues, contacts et amis. Déjà qu’il faut une demi-journée pour rester à jour sur LinkedIn, Facebook, MySpace, Ecademy.com, Join2Grow et autres Xing…
Mais c’est précisément l’argument commercial de Plaxo: garder la maîtrise de cette ribambelle de réseaux sociaux. Un coup d’œil rapide sur Wikipedia nous apprend que Plaxo est à l’origine un carnet d’adresses en ligne créé il y a six ans par Sean Parker, le cofondateur du légendaire Napster, Minh Nguyen et deux étudiants ingénieurs, Todd Masonis et Cameron Ring. L’entreprise est établie à Mountain View, Californie, ville jumelée à Hasselt mais qui est plus connue pour être un des centres de la Silicon Valley, avec des entreprises comme LinkedIn, Google et AOL. Plaxo, qui est en fait un précurseur de la folie qui entoure aujourd’hui les réseaux sociaux, a longtemps suscité des interrogations. Mais cette année a été marquée par le grand come-back de l’entreprise.
Au milieu de l’année, Plaxo a en effet annoncé le lancement de Pulse, un service destiné à répondre à l’émiettement des réseaux sociaux. Le service permet ainsi d’intégrer les contenus provenant de nombreuses sources sur le Web social. Les utilisateurs de Plaxo peuvent partager des informations sur leur vie sur le Web et dans les réseaux sociaux de manière sélective avec certains groupes d’utilisateurs, comme les membres de la famille, les amis et les contacts d’affaires. Plaxo s’est également empressée de soutenir l’initiative OpenSocial de Google.
Pulse revêt en réalité deux aspects. Le premier est le fait qu’il pourrait faciliter la vie dans le cyberespace en offrant une vue globale de sa situation. L’autre aspect est plus prosaïquement une question de curiosité et de désire de paraître : savoir qui fait quoi parmi ses contacts, tout en montrant à son propre réseau l’activité que l’on déploie soi-même. En bref, voir et être vu, plus que jamais. À mon avis, Pulse est surtout intéressant sur ce dernier plan. Plaxo n’a d’ailleurs aucune intention de remplacer les autres réseaux sociaux, comme le révèlent leurs propres explications.
Pour moi, cela en dit assez long. Tout le monde n’est en effet pas sur Pulse, parmi ceux qui ont cédé à la pression sociale et qui s’y sont enregistrées, ils sont nombreux à ne plus s’intéresser à la chose aujourd’hui. En revanche, ils restent par exemple très impliqués dans LinkedIn (pour les activités plus professionnelles) ou Facebook (pour ce qui ressort davantage du privé). Un certain attachement, voire une véritable adhésion aux réseaux électroniques est donc indéniable. Mais la meilleure manière de garder la maîtrise est sans doute de limiter le nombre de réseaux sur lequel on est actif. La théorie du nombre de Dunbar ne dit-elle pas que vous pouvez entretenir des relations sociales avec 150 personnes au maximum ? Je doute que Pulse puisse y changer quelque chose.
Roland Legrand