Accueil Les Marchés Mon Argent Sabato

Posté le 15 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Du sport et une alimentation saine, la juste combinaison

Par Philippe Degouy

Avec la belle saison qui nous revient, nombreux sont ceux qui vont reprendre le sport de façon plus intensive. Très bien, bonne idée pour avoir une vie saine. Mais avec quelle alimentation ? Spécialistes de la nutrition et athlètes de haut niveau, Tara Mardigan et Kate Weiler ouvrent leurs cuisines pour une centaine de recettes destinées plus spécialement aux sportifs (mais pas exclusivement). Des plats à consommer avant, pendant et après l’effort.
Le principe de leur livre, Sport Super Food (éd. De la Martinière), véritable coach nutrition, est d’adopter la juste alimentation pour améliorer les performances. « La meilleure cuisine, c’est celle qui est faite à la maison, avec de vrais produits » soulignent-elles d’emblée, comme une évidence. Le secret de bonnes performances ? La consommation de produits naturels, pour obtenir le plein d’énergie et de puissance.

Outre le frigo idéal et les aliments à toujours avoir dans les armoires, les auteures dressent l’assiette idéale selon les types de sports : d’endurance, de force. Contrairement à d’autres ouvrages, plus directifs, les deux sportives n’imposent rien, n’interdisent pas les petits écarts. Que du contraire. « Faites une cuisine simple et saine. Très vite, vos petits plaisirs deviendront occasionnels. Concentrez-vous sur les bons aliments et vous verrez que les moins bons ne vous tenterons plus. »

SPORTSUPERFOOFÀ travers leurs recettes, simples et rapides à préparer avant une séance de sport, elles expliquent comment remplacer tous les compléments artificiels par des substituts naturels. Ne leur parlez pas de ces compléments vitaminés ou barres énergétiques vantées par le marketing. Un pur poison, qui n’apporte rien de bénéfique. Que du contraire. « Désormais, passez un peu moins de temps sur l’étiquette-marketing et un peu plus de temps sur la composition, pour vérifier que les ingrédients vous conviendront. »

L’ouvrage, joyeux, offre une foule de petits trucs destinés aux sportifs, des recettes sans gluten, avec très peu de sel ou de sucre, deux poisons eux aussi. On y apprend notamment comment se confectionner des bonbons naturels avec de la gélatine bio, des glaçons aromatisés pour rendre plus désirable la consommation d’eau.
Des boissons, mais aussi des potages, des plats plus copieux et des desserts. Chaque recette est illustrée, expliquée en quelques lignes, avec son côté bénéfique. Quelques idées picorées dans les pages ? Que diriez-vous de quelques cupcakes à la betterave, de frites de panais ou de choux de Bruxelles à la bostonienne ? Avec comme dessert un smoothie crémeux Pina Colada ou chocolat-épices. Ajoutez,  pour le plaisir, une crème au chocolat reconstituante.

Bon, vous avez apprécié le livre et ses recettes ? Vous avez maintenant cinq minutes pour être en tenue, sur le terrain. Sport, c'est écrit en grand sur la couverture. Let's go.

Sport Super Food, par Tara Mardigan, Kate Weiler. Éditions de la Martinière, 176 pages, 20 euros
Couverture : éditions de la Martinière

Posté le 14 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Fêter 70 ans de légende avec Enzo Ferrari

Une bonne surprise que cette nouvelle biographie luxueuse consacrée à Enzo Ferrari. Rédigée par William Huon et publiée aux éditions E-T-A-I. Un beau livre présenté sous coffret qui rappelle l’importance majeure d’Enzo Ferrari dans le monde de l’automobile.
L'ouvrage évite les écueils d’une biographie classique pour se focaliser sur ce qui intéresse surtout le lecteur : les faits de course. «Je ne me hasarderai pas à dire qui était le Commandatore. J’ai fait le choix de me concentrer sur l’expression la plus effervescente de sa passion pour l’automobile, celle qui le révèle le mieux : la course» souligne l’auteur dans sa préface. Les amateurs de belles carrosseries seront à la fête.

Si l'auteur ne s'attarde pas, trop, à retracer la vie de Ferrari, il est néanmoins possible de dresser son portrait via les témoignages rapportés par ceux qui ont eu la chance de l’approcher, de travailler à ses côtés. Autant de pièces de puzzle qui détaillent le patron. Un leader au caractère bien trempé mais aussi un être humain caché sous une carapace. William Huon explique notamment le pourquoi des lunettes foncées, portées en permanence par Enzo Ferrari. «Il était très timide et avait des difficultés à regarder les gens en face. Il était aussi enclin à éclater en sanglots.» Un cliché en témoigne, celui sur lequel Ferrari est en larmes, très marqué, après l’accident du 12 mai 1957 qui marquera la fin des Mille Miglia.
D’autres clichés, souvent inédits, montrent Ferrari avec son fils Dino, disparu trop tôt, ou au volant de bolides dans les années 20. Un pilote au talent limité, comme il le soulignait lui-même.

Sans offenser l’auteur, si ses textes se révèlent fort complets, l’intérêt de son album réside avant tout dans l’iconographie rassemblée. De toute beauté, avec de nombreux clichés inédits. On retrouve ainsi des courses aujourd’hui disparues, comme la fameuse Targa Florio ou les Mille Miglia. Il en va de même pour les bolides de la marque. Tous présents dans l'album. De la  Ferrari-Lancia D50 à la Ferrari 312 B2.
À noter cette vue du tournage du film «Grand Prix» (1966). Elle montre l’acteur italien Adolfo Celi discuter avec Enzo Ferrari, son rôle dans le film de John Frankenheimer.

ENZODes dizaines de clichés ravivent les souvenirs relatifs à toute une famille de pilotes disparus ou retirés des voitures. Comment ne pas éprouver de nostalgie face à ces nombreux portraits de Lauda, d’Alboreto, d’Arnoux, de Tambay, de Fangio ou de Jacky Ickx ? On en passe et des meilleurs, comme le duo formé par Gilles Villeneuve et Didier Pironi, dont le duel fratricide est resté dans les mémoires. Deux pilotes spectaculaires, victimes de leur passion pour la vitesse.

L’album se savoure avec délice, chapitre après chapitre, comme un album de famille. Il ravive des courses oubliées et rappelle ces bons moments passés au bord de pistes ou face à la télévision familiale les jours de course.
Si Ferrari a quelque peu perdu de sa puissance en course aujourd’hui, la légende reste aussi vivace. Incarnée par un homme qui a su se relever après chaque coup du sort.

Ce coffret, à la couverture magnifique, devrait ravir le fan de la marque au cheval cabré. Un livre à s'offrir pour célébrer le 70e anniversaire de la marque, pied au plancher.
È tutto li.

Philippe Degouy

«Enzo Ferrari, une vie pour la course», par William Huon. Éditions E-TA-I, 355 pages
Couverture : éditions E-T-A-I

Posté le 13 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Steve McCurry, un Américain à Bruxelles

     Par Philippe Degouy

Bonne nouvelle pour les amateurs de photographie. Notre capitale accueille les clichés de Steve McCurry. L'artiste expose au Palais de la Bourse de Bruxelles jusqu'au 26 juin 2017. L'exposition, intitulée The world of Steve McCurry, propose plus de 200 clichés qui témoignent de sa passion pour les voyages et les rencontres entre les diverses cultures. L'exposition, la plus vaste à ce jour consacrée au photographe,  permet de retrouver ses clichés les plus connus. Steve McCurryDont celui de la jeune Afghane aux yeux si expressifs et qui illustre l'affiche de l'exposition. Une sélection de photographies qui conduit le visiteur à suivre Steve McCurry à sa suite, sur les chemins de l'Inde, de l'Asie à l'Afrique, en passant par l'Italie ou son Amérique natale. «J'ai commencé à voyager, avant de m'intéresser à la photographie» précise-t-il.

Une oeuvre multiculturelle opposée à la vision nihiliste des barbares qui ont attaqué New York et bien d'autres cibles innocentes de par le monde.

D'avantages d'informations sont disponibles via ce lien www.stevemccurryexpo.be

Steve McCurry et son 11 septembre

En complément idéal de l'exposition, il est recommandé de (re)lire l'excellent album publié en 2016 par les éditions Dupuis dans la collection  Magnum photos (Dupuis/Aire libre), «Steve McCurry, NY 11 septembre 2001». Un drame qui permet de retracer la carrière du photographe de guerre, marqué à jamais par le spectacle de cette journée terrible.
«Des explosions, j’en ai entendu beaucoup tout au long de ma vie, mais il y en a une qui m’obsède particulièrement… car je ne saurai jamais si je l’ai captée ou pas. Celle du 11 septembre 2001 à 8h46, au sud de Manhattan».

À peine rentré d’un voyage au Tibet, encore dans les brumes du décalage horaire, le photographe se retrouve subitement en première ligne, à New York, alors que la ville est attaquée au matin du 11 septembre 2001 par deux avions de ligne lancés contre les tours du WTC. La journée s'annonçait belle pourtant. Avant le choc.
Face à ce qui se joue devant ses yeux, à quelques blocs de son immeuble, le photographe, comme dans un état second, se souvient de ses précédents reportages où il a risqué sa vie et vu la mort. De près, de très près. Au Pakistan ou en Afghanistan.
«Ce jour-là, j’étais conscient que j’allais devoir dépasser mes limites en flux tendu. Dans ce métier, il y a deux manières de voir les choses. Soit on occulte les sales moments, soit on évalue les menaces potentielles, pour éviter d’aller trop loin, comme j’essaie souvent de le faire».
Pour McCurry, une chose compte désormais. Aller au plus près du site ravagé par les flammes, pour prendre des photos. Braver les barrages de police, défier la mort et tout photographier. Pour témoigner. Pour laisser une trace. Soit la même démarche que pour les autres conflits couverts : Koweit, Irak, Afghanistan. Et dont les images reviennent devant ses yeux. Comme des flashes.
Toujours atteindre le cœur du sujet. Pour suivre le conseil de Robert Capa : «si ta photo n’est pas assez bonne, c’est que tu n’es pas assez près».

McCurryL'album, émouvant et beau, flirte avec les genres. Entre BD et livre de photographies. La partie biographique est complétée d’un portrait retracé avec les photos emblématiques de l'artiste, rassemblées dans un portfolio et d’un making of en guise d’entretien. Il dévoile ses peurs, sa manière de travailler, de penser face au sujet. Notamment.
Comment oublier son portrait d’une jeune réfugiée afghane aux yeux magnifiques et qui avait fait la Une du magazine «National Geographic»?
Sur la base du scénario de Jean-David Morvan, le dessinateur coréen Yung Gi Kim a réalisé un travail éblouissant, avec des planches détaillées qui arrivent à reproduire toute l’horreur de cette journée maudite. Avec ces visages marqués et cette ambiance de guerre qui régnait alors sur Manhattan. Un jour semblable à la fin du monde.
Le mélange de cases dessinées et de clichés pris le 11 septembre par le photographe se révèle particulièrement réussi.
Un très bel album qui apporte sa pierre à l’édifice de la mémoire. Un hommage rendu aux victimes, aux forces de l’ordre et aux pompiers. Tous ceux qui ont payé un lourd tribut à la barbarie.
Comme l’ouvrage le montre si bien, il y a désormais dans l’œuvre de McCurry un avant et un après 11 septembre 2001. Avec ce traumatisme, profond, de voir deux pays aimés, l’Afghanistan et les Etats-Unis, se faire atteindre presque en même temps par la terreur.

Depuis le drame, Steve McCurry, comme chaque New Yorkais, ne peut s’empêcher de chercher des yeux les tours qui faisaient partie du quotidien. Comme un repère rassurant dans la ville. «Un espoir à jamais déçu».

 

«McCurry, NY 11 septembre 2001». Photographies de Steve McCurry. Dessin de Yung Gi Kim, scénario de Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël. Collection Magnum photos. Éditions Dupuis/Aire libre, 136 pages, 24 euros environ

Couverture : éditions Dupuis/Aire libre et Steve McCurry

Posté le 12 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Des hébergements insolites en France, pour des nuits mémorables

Par Philippe Degouy

Non, le touriste du XXIe siècle n’est plus celui du XXe siècle. Il cherche à optimiser le voyage, à rivaliser d’imagination (avec les collègues, les amis...) pour ramener les souvenirs les plus originaux. Un bel hôtel, une chambre d’hôtes accueillante ne suffisent plus à son plaisir. Désormais, les vacances débutent dès le choix de l’hébergement. Publié dans la collection Le Routard (éd. Hachette), le guide Nos meilleurs hébergements insolites en France propose 160 adresses, classées par région. Chaque site sélectionné est présenté avec l’avis de la rédaction, les éléments de contact, la gamme de prix, les + et – du lieu et le tout illustré de quelques clichés.
De quoi composer un guide pratique, avec des commentaires souvent très drôles qui donnent envie de déposer ses valises à tel endroit. Ou pas.

ROUTARDHEBERGEMENTNombreux sont les coups de cœur que l’on souhaite tester nous aussi. Il n’y a pas de raison que les journalistes du Routard soient les seuls à s’amuser. Au camping du Haut Village, non loin de Nantes, il y a moyen de choisir son hébergement selon l’intérêt pour les moyens de transport. Tout, ou presque, est possible pour passer une chouette nuit : dans un avion (définitivement cloué au sol), un bus, une rame de tramway, une roulotte voire un bateau. Près d’Epinal, une caravelle de la compagnie Corse Air a été transformée en hébergement. La seule de France aménagée de la sorte.

Camp indien, séjour dans un cachot d’hôte, au coeur de la plus vieille prison de France, logement sur une île privatisée juste pour vous, cabanes dans les arbres, logement dans des chambres troglodytiques pour jouer à l’homme des cavernes... Oui, tout est possible.
En cherchant, il y a encore moyen de trouver plus insolite. Comme avec l'adresse de l’unique camping situé dans le Paris intra-muros, avec mobile homes et roulottes.
Mais il y a encore mieux. Avec une nuit qui devrait être mémorable. Au cœur du château de Fougeret, près de Poitiers. Un lieu magnifique le jour, quelque peu terrifiant la nuit avec ses fantômes. Nombreux selon les commentaires. Le cadre idéal pour passer des nuits blanches. Un endroit conseillé pour un séjour entre ami(e)s. Personne ne vous entendra crier. Les murs sont épais.

Pour paraphraser Coluche, avec ce guide vous aurez l’embarras du choix. Non, pas l’embarras, juste le choix de belles vacances insolites. Pour une nuit, une semaine. Le nôtre est fait. Et pour vous ?

Nos meilleurs hébergements insolites en France 2017/18. Collection le Routard. Éditions Hachette, 225 pages, 14,95 euros
Couverture : éditions Hachette

Posté le 12 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Le Far West par le petit bout de la lorgnette

     Par Philippe Degouy

Enfilez vos boots et une solide paire de jeans, la journaliste Christine Barrely nous invite au coeur de l’Ouest américain avec son Petit livre du Far West (éd. Du Chêne). Petit, mais uniquement à cause de son format poche. Car son contenu ne souffre d’aucune faiblesse. Il faut d’ailleurs saluer l’exploit de l’auteure : celui d'avoir réuni autant d’informations dans de cours chapitres d’une page. Son ouvrage se présente comme un abécédaire de la conquête de l’Ouest. De A comme Alaska à Z comme Zunis. Rien n’est oublié.
Gros coup de cœur pour l’iconographie. Pas de photos, mais des reproductions d'anciens chromos. Comme ceux présents dans les années 50, dans les emballages de chocolats. L’ensemble ajoute une sympathique note de nostalgie à l'ensemble.

FARWESTL’ouvrage accorde une large place, bien méritée, aux Amérindiens. Ces tribus qui ont subi de plein fouet la conquête de ces vastes territoires. Pour eux, la terre n’a jamais été une source de profit, mais une mère nourricière, vénérée. La perte de leurs terres sacrées sera terrible. Aujourd’hui encore, les Amérindiens sont à la pointe de la lutte pour la préservation de la nature.

Chapitre après chapitre, on retrouve tous les ingrédients repris par la littérature et le cinéma. Le shérif, la diligence, le rodéo, les Texas Rangers… On y apprend aussi comment construire un tipi, ou l’histoire de cette pratique ignoble, le scalp pris sur l'ennemi.
Quant aux figures historiques, à l’histoire souvent romancée, elles n’ont pas été oubliées par un auteur qui mélange habilement les anecdotes au récit historique. Calamity Jane, baptisée ainsi pour son caractère bien affirmé, Billy the Kid, Davy Crockett, Buffalo Bill fréquentent, page après page, Sitting Bull, Crazy Horse ou Red Cloud. Des leaders indiens qui ont tenté de défendre un territoire réduit à peau de chagrin par l’arrivée de la « civilisation ».

Une conquête de l’Ouest réalisée dans le sang. Celui des colons, victimes des raids de certaines tribus, de maladies, mais aussi le sang des batailles. Comme Little Bighorn et la défaite du général Custer, celle livrée par les Texans face aux troupes mexicaines du général Santa Anna à Fort Alamo (qui était plus une mission qu’un fort) mais aussi ce terrible massacre de Wounded Knee et le massacre de plus de 300 indiens.

Le livre refermé, il laisse en mémoire des dizaines d'histoires, qui ravivent nos souvenirs d'enfance où chacun prenait tantôt le rôle d’un Indien, tantôt celui du cow-boy.
Ne vous fiez pas au petit format du livre, vous avez entre les mains une petite pépite historique. Go west young boy…

Le petit livre du Far West, par Christine Barrely. Éditions du Chêne, 177 pages, 15 euros environ
Couverture : éditions du Chêne

 

Posté le 10 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Sous le masque, le diable à plusieurs

    Par Philippe Degouy

Thanatopracteur, Manon Virgo vit en permanence avec la mort. Celle de ses clients, qu’il faut rendre présentables aux familles. Une existence sans vie sociale. Quand son frère Ariel vient lui demander de l’héberger pour une nuit, elle sait d’emblée que les ennuis vont suivre. Drogué, petit délinquant, Ariel est un poids mort pour la famille. Mais c’est son frère, avec qui elle partage un lourd secret d’enfance. Après la mort mystérieuse d’un voisin, retrouvé suicidé, Manon et Ariel sont traqués par de mystérieux individus qui laissent des cadavres atrocement mutilés. Ariel est ciblé davantage. Les tueurs cherchent à récupérer un cube d’importance à leurs yeux. Aidés par le capitaine Franck Raynal, Marion et Ariel découvrent qu’ils ont affaire à une secte sataniste quasiment intouchable, Akephalos. Sans pitié. Ses membres pratiquent des messes noires où sont assassinés des chiens et des humains offerts en offrande au dieu de l’enfer. Ariel et Manon ne pourront faire confiance à personne pour affronter le diable à multiples visages. Et échapper aux disciples d'Hadès...

Avec Du feu de l’enfer (éd. Presses de la Cité), son nouveau roman, Sire Cedric invite ses lecteurs à le suivre dans une intrigue sulfureuse située dans l'Hérault.
Comme Stephen King fidèle à son Maine adoré, Sire Cedric aime choisir un coin de sa belle France comme théâtre de ses romans. Choix judicieux qui permet de faire monter l’angoisse auprès de son public. Ses personnages sont souvent des individus sans histoires entraînés par le torrent d'une horreur déversée sur leur quotidien. Comme Manon, pourchassée par une bande de fous furieux qui se cachent sous des masques pour assouvir leur besoin de domination et de perversité animale. « Ils sont le diable. Le diable à plusieurs. Une entité invisible et fourbe qui ne respecte aucune règle. Ils vénèrent Hadès et Cerbère. La mortification de la chair et la vénération de la mort constituent leur credo, et la décapitation la conclusion quasi sexuelle de tout leur cérémonial. »
SIRE CEDRIC
Le crime est son métier, sa passion

C’est peu dire que Sire Cedric excelle dans la description des scènes de crimes. Son écriture, crue et imagée, a le goût métallique du sang, pour reprendre son expression. Dès la première page du livre, le lecteur est témoin d’une chasse dans laquelle le gibier, une jeune femme martyrisée, n’a aucune chance de s'en sortir. Nous voilà ferrés, par une intrigue qui laissera bien peu de répit. Ne commencez pas la lecture ce soir, vous y passerez la nuit. Les rebondissements sont multiples, tout comme les fausses pistes. De quoi ravir les habitués, mais aussi les nouveaux venus, qui découvriront le côté taquin d'un auteur qui aime jouer avec son public.

Un excellent thriller, pour le moins efficace dans sa construction, que l’on peut accompagner d’une bande son composée par les morceaux parsemés dans le roman par l’auteur. Dont ceux-ci, Of Hell’s Fire, de Marduk, Carrion Flowers de Chelsea Wolfe. Nous ajouterons aussi le classique Hells Bells d'ACDC ou les Texans du groupe Ghoultown.
Pour les lecteurs qui ont connu l’époque du carré blanc à la télévision, précisons que ce roman n’est pas conseillé aux personnes sensibles. Certaines scènes sont plutôt éprouvantes si vous n’avez pas de tripes.
Les amateurs de films d’horreur et de thrillers bien poisseux (par le sang versé) seront quant à eux à la fête avec cet hommage au personnage de slasher (un tueur qui élimine les personnages un par un, ndla), cher au cinéma américain. Du feu de l’enfer atteint son but, magistralement même : déstabiliser l’auteur dès les premières pages. Pour ne plus le lâcher jusqu’au dernier mot.

Le livre refermé laisse la même impression que celle ressentie à la sortie de ce train fantôme présent dans chaque foire qui se respecte : le plaisir d’avoir tremblé. Avant de retrouver ensuite la sécurité du monde réel. La sécurité? Vraiment? Ne voyez-vous pas la menace qui vous entoure? «Ils» sont là. Partout. «Il existe sous la surface de notre société des cercles puissants, des hommes et des femmes qui ont ouvert les portes de l’enfer.» Vous tremblez?

Du feu de l’enfer. Thriller de Sire Cedric. Collection Sang d’encre. Éditions Presses de la Cité, 558 pages, 21,50 euros

Retrouvez l'univers de Sire Cedric sur son site : www.sire-cedric.com
Couverture : éditions Presse de la Cité

Posté le 9 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Quand se taire devient une obscénité

Prix Goncourt 2012 (avec Le sermon sur la chute de Rome), professeur de philosophie, Jérôme Ferrari publie chez Flammarion Il se passe quelque chose. Un essai dans lequel il laisse éclater son trop-plein de révolte, son besoin de s’indigner face à une société qui ne répond plus à ses attentes. Conscient que son statut d’écrivain ne lui donne pas la science infuse, ni l’autorité de détenir la vérité, il ne peut s’empêcher, pourtant, de s’épancher, de dénoncer.

«Avoir publié des romans ne me confère aucune autorité ou compétence pour juger du cours du monde ni ne constitue un antidote à la platitude des opinions» déclare-t-il d’emblée. Soit. Mais pourquoi sortir du silence et publier un ouvrage de révolte? «Pour la première fois depuis bien longtemps, je me sentais à nouveau concerné par des questions politiques. Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, nous vivons dans une ambiance détestable que la classe politique a contribué à rendre plus détestable encore. En favorisant les passions tristes comme la jalousie, le ressentiment, la haine et la peur. Il est des moments où se taire devient une faute. Et même plus qu’une faute : une obscénité

S’indigner, oui, encore et encore. Un devoir citoyen pour l’auteur que de lutter contre une forme de pensée unique qui empêche la réflexion.
Sous sa double casquette de philosophe et d’enseignant, c’est notre société malade qui est dépeinte en quelque 20 chroniques. Des textes courts mais denses, publiés dans La Croix, de janvier à juillet 2016.
Chronique après chronique, Jérôme Ferrari fait feu de tout bois sur ces politiques, qui donnent le bâton pour les battre. Sans vulgarité, avec des mots choisis avec soin, il bataille contre la médiocrité, l’égocentrisme.

FERRARIJEROMESi la colère, tout en retenue, domine les chroniques, l’ironie n’est jamais absente. L’auteur en joue avec un délice non dissimulé pour ridiculiser ses cibles. On reste hilare après cette chronique consacrée au patriotisme paysager célébré par Bruno Lemaire et Nicolas Sarkozy, à qui il emprunte cette formule tellement méprisante, «quand on est au bas de l’échelle sociale, Balzac, ça pulse»), pour mieux la dénoncer. Réactionnaire, soit, mais pas vieux con. Jérôme Ferrari prend souvent la défense des jeunes, ceux qui fréquentent ses cours et souvent pris pour une quantité négligeable. Ils sont pourtant les premiers, dit-il, à lutter, notamment contre la réforme de l’orthographe, ou à s’indigner pour plus de justice.
Nuit debout, la déchéance de nationalité, la crise du voile islamique, la colonisation (une chronique à lire en écho aux propos tenus par Emmanuel Macron, ndla)…  Autant de sujets chroniqués par un Jérôme Ferrari en grande forme. Qui force la réflexion. La discussion. Deux exercices intellectuels à ne pas pratiquer avec n’importe qui, dans un rappel à la pensée de Schopenhauer : «ne pas s’engager dans une controverse avec le premier venu, mais seulement avec ceux que l’on connaît. (...) Quant aux autres, qu’on les laisse dire ce qui leur passe par la tête, car c’est un droit de l’homme que d’être idiot

Un essai qui se termine par une dernière pique adressée à l’encontre des spécialistes de logorrhées aussi pénibles qu’inutiles. «Pouvoir me taire lorsque je n’ai rien à dire est un luxe auquel je ne peux me résoudre à renoncer
Un livre qui mériterait une nouvelle livraison de chroniques, au vu de tout ce qui s’est passé depuis le mot fin souhaité par Jérôme Ferrari. Un essai à suivre?

Philippe Degouy

Il se passe quelque chose. Essai. Par Jérôme Ferrari, Flammarion, 154 pages
Couverture : éditions Flammarion

Posté le 8 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

De l'or pour les braves

      De Philippe Degouy

1872, dans les Rocheuses. Depuis la fin de la guerre civile, cette terrible boucherie, le colonel sudiste Marion Michael Morrison a tenté de concrétiser son idée d’une communauté utopique, Icaria. Mais le projet a échoué. Car la civilisation, jugée corrompue et barbare, détestée, a presque atteint les limites du territoire. Du fait de l’arrivée du chemin de fer. L’ancien soldat confédéré qui pensait vivre en paix, loin de tout, doit repartir, vers un ailleurs, plus préservé. Pour financer sa nouvelle expédition, il s’allie avec une bande de hors-la-loi conduits par Jones. Quelle étrange expédition que ce ramassis de vétérans sudistes, auxquels s'ajoutent encore une jeune Communarde et une poignée de soldats français, survivants de l’expédition au Mexique menée par la France. Une horde sauvage qui n'a d'autre projet que l’attaque d’un train nordiste à bord duquel se trouvent plus de 350.000 dollars. Une jolie somme qui doit permettre au colonel et à ses «associés» de repartir du bon pied. Le plan du colonel pour dérober le trésor semble parfait. Mais dès le début, les choses tournent mal et le sang coule. Si l’or est bien volé, les fuyards ont les Apaches, l’armée et de nombreux policiers aux trousses… Le projet du colonel Morrison de fonder une nouvelle colonie semble quelque peu…utopique.

Un scénario, fortement résumé, qui recèle bien des rebondissements. Solidement construit par Roger Seiter (Fog, Le policier qui rit, lefranc…). Classique, certes, mais efficace. Le lecteur ne s’ennuie pas un instant dans une intrigue qui n’est pas sans rappeler la série Blueberry, et notamment le cycle du trésor des confédérés, dont L’homme qui valait 500.000 dollars et Balade pour un cercueil. Un hommage sympathique.

MORRISONLe dessin de Daniel Brecht réussit quant à lui à reproduire la magie de ces grands espaces de l’Ouest américain pour en faire le théâtre idéal à cette intrigue digne d’une chevauchée fantastique. On ressent sans problème la chaleur et la poussière de ces paysages et de ces villes de l’Ouest proches d’être rattrapées par la civilisation.
Le découpage des planches se veut dynamique, comme dans un bon vieux western de papa. Quant à parler de cinéma, le cinéphile s’amusera à dénicher les allusions laissées par les auteurs à des films ou des acteurs. L’attaque du train par les anciens soldats sudistes, par exemple. Clin d'oeil à celle du film Rio Lobo (Howard Hawks, 1970). Et cette équipée de soldats sudistes en quête d’une vie meilleure, on en retrouve une autre version dans le film Les géants de l’Ouest (Andrew V.McLaglen, 1969) Deux films avec un John Wayne au sommet de sa forme. Quant au personnage principal, cet officier sudiste désabusé par la civilisation, il porte le vrai nom de John Wayne : Marion Michael Morrison. Non, décidément, le genre western n’a pas fini de faire parler de lui. Enterré un peu trop vite.

Voilà un album qui mérite, lui aussi, de rejoindre votre bédéthèque, à l’ouest sur le rayon. Il laisse son lecteur impatient de découvrir l’épilogue de cette chasse au trésor. Nul doute que cet or réservera bien des surprises et qu’il fera parler la poudre.
À noter encore, que l’album débute par un cahier historique qui résume, fort bien d’ailleurs, la guerre civile américaine, relativement méconnue de ce côté de l’Atlantique, et l’expédition française au Mexique (1861-1867). Un cahier à lire avant de découvrir la BD. Pour mieux comprendre la présence de soldats français dans l’histoire.
Pour la bande son, pourquoi ne pas puiser dans le répertoire d’Hugo Montenegro (bien présent dans le film Django Unchained), avec également quelques morceaux repris dans les morceaux fétiches de Ennio Morricone, dont le superbe Ecstasy of Gold. Mais avec la version de Metallica. Une tuerie, elle aussi.

L’or de Morrison. tome 1/2. Scénario de Roger Seiter, dessin de Daniel Brecht. Éditions du Long Bec, 64 pages, 16,50 euros
Couverture : éditions du Long Bec
www.editions-du-long-bec.com

Posté le 7 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Bienvenue à nos Visiteurs de l’enfance

    Par Philippe Degouy

Séquence émotion avec Les Visiteurs de notre enfance, un album publié aux éditions Hors-Collection. Une plongée effectuée dans un passé vieux de plus de trois décennies pour retrouver nos Visiteurs du mercredi et Les Visiteurs de Noël. Deux émissions diffusées sur TF1, de 1975 à 1982. Pour les plus de 40 ans, nul doute que les souvenirs du bonheur vécu via le petit écran vont revenir à la surface, d’un coup.  Fermons les yeux un instant. Et voilà que défilent les images, comme autant de flashes positifs.

Un beau livre, véritable coffre aux trésors, réalisé par deux passionnés : Pierre-Alek Beddiar et Arnaud Magnier. Ils ont épluché quelque 300 diffusions pour en extraire la saveur. « Avec ce livre, nous vous souhaitons de retrouver ces doux moments passés dans le canapé du salon, de savourer cette chance incroyable qu’ont vécu des millions d’enfants d’avoir pu vibrer chaque semaine et chaque jour durant les fêtes de Noël grâce à Christophe Izard et TF1 » expliquent-ils dans un édito en forme de porte d’entrée au paradis des souvenirs d’enfance.
De nombreux documents d’époque (comme ces coupures du magazine Télé7 Jours, une légende lui aussi), des captures d’écran, des génériques, des anecdotes font revivre le mythe. Sans compter de nombreux témoignages d’anciens animateurs.
Tout naturellement, c’est Christophe Izard qui ouvre le ban, juste hommage au créateur de ces émissions. Quant à la préface, c’est Soizic Corne qui s’en charge, pour un nouveau rendez-vous avec ses admirateurs. Qui ne l’était pas à l’époque ? Elle se souvient de « cette émission qui avait la volonté de mêler l’éducatif au rire et au spectacle. Une récréation magique. »

VISITEURSENFANCERien n’est oublié dans cet album, qui se savoure avec délice (ou qui vous voulez). Ni personne. Soizic Corne, Michel Chevalet, qui a certainement inspiré de belles carrières scientifiques, mais aussi Claude Pierrard, Dorothée,, Nicolas Hulot, Patrick Sabatier, Gilles Arthur, Jacques Trémolin et ses histoires d’animaux, Garcimore et ses deux souris blanches, Tac et Tac-Tac…. Sans oublier les marionnettes Brok et Chnok.
Ils sont tous revenus, pour évoquer cette époque bénie pour les émissions pour enfants. Mais pas les mains vides. Accompagnés des séries et dessins animés d’alors : Scoubidou, Le Club des Cinq, La bataille des planètes, Barbapapa, Capitaine Caverne, Declic, Mister Magoo, Les Harlem Globetrotters en dessins animés, La pierre blanche, Corsaires et flibustiers... La liste est longue. Complète dans l'ouvrage, joyeux comme un mercredi après-midi. Une lecture de pure nostalgie, que l'on savoure sans honte.

Les Visiteurs ? Un rêve éveillé vécu par plus de 10 millions de téléspectateurs, jusqu'à la suppression de l’émission à l’arrivée du pouvoir socialiste. Pour la petite histoire.
Un album à laisser sur la table basse du salon (un de plus). Oui, pour s'y glisser un instant, quand la vie d’adulte se révèle parfois trop pénible.
Ceci dit, il est temps de clôturer cette chronique. Voici que débute le générique des Visiteurs du mercredi : « Voilà que tout à coup, le ciel est bleu. Voilà que tout à coup, on est joyeux. Ce sont les visiteurs du mercredi qui nous font voir la vie bien plus jolie… ».


Les visiteurs de notre enfance. Toute la magie des Visiteurs du mercredi et des Visiteurs de Noël, par Pierre-Alek Beddiar et Arnaud Magnier. Éditions Hors Collection, 177 pages, 29 euros
Couverture : éditions Hors-Collection
www.horscollection.com

Posté le 6 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Combattre et vaincre en ville, le nouveau défi du XXIe siècle

La dure bataille engagée à Mossoul face aux islamistes de l'EI prouve toute la difficulté de reprendre une ville tenue par un ennemi déterminé. Qui utilise tous les moyens de défense mis à sa disposition.
Rédigé par deux officiers, Frédéric Chamaud et Pierre Santoni, «L’ultime champ de bataille. Combattre et vaincre en ville» (éd. Pierre de Taillac) retrace, à l’aide d’exemples concrets, les multiples défis qui font face aux armées engagées sur un théâtre d’opération qui s’annonce de plus en plus délicat et létal. Les façons de combattre ont changé, les armées occidentales devront suivre la tendance pour vaincre. Un sacré défi qui constitue le fil rouge de ce document d’histoire militaire qui repose sur une douzaine d’analyses de batailles urbaines.

ChampdebataiulleUn modèle de combat en zone confinée qui remonte à la bataille de Madrid en 1936, le début de ce genre de conflit inédit dans l’histoire. On ne parle plus alors de siège ou de mise à sac d’une ville conquise, mais de combats livrés au cœur d'une ville. Depuis, les exemples se sont multipliés : Stalingrad, Sarajevo, Beyrouth, Hué ou Fallouja. «La bataille de Fallouja reste aujourd'hui comme l'une des principales références du combat en zone urbaine. Plus de dix ans après, elle demeure un exemple significatif de ce qui attend les armées modernes engagées en ville

Un nouveau théâtre urbain qui nécessite de revoir les tactiques, la simulation et les manuels. L’armement individuel, l’art du commandement, l’usage des blindés et des hélicoptères, ou celui des armes dites «sales» comme la bombe thermobarique qui provoque l’équivalent d’un coup de grisou minier. Tout cela est longuement expliqué au fil des pages.
De même que le retour des façons de combattre plus classiques, qui furent enterrées un peu vite par la technologie : contre-attaque, combat à pied, attaque de diversion, notion de mobilité, de réserve tactique…
Quant au chef, il devra commander à vue pour être efficace. «Les habitudes de prises de risque, émoussées après des années de combat centralisé, devront être à nouveau cultivées

Et demain? Quel sera le nouveau visage du combat urbain? Sera-t-il dominé par la présence de robots armés et des drones? Pourra-t-on parler de l’ultime champ de bataille dont il est fait mention dans le titre? «Ce sera le retour du combat primitif, d’homme à homme, avec l’importance du chef, présent sur le terrain, avec ses hommes. La volonté de vaincre, et donc l’esprit de sacrifice, sera certainement l’un des éléments déterminants de ce nouveau champ de bataille. Il faudra aller au contact. Traquer l'adversaire au coeur de sa ville
Il sera déterminé, comme le prouve l'ennemi djihadiste à Mossoul ou en Syrie, et trouvera dans le milieu confiné un extraordinaire pouvoir égalisateur face à une armée mieux équipée. Ce fut le cas en 1993 à Mogadiscio, Somalie. Engagés dans un raid mal préparé pour capturer un chef de guerre, les Américains ont eu le plus grand mal à se sortir d’un combat urbain face à des miliciens enragés.

Ce manuel de guerre de 228 pages se lit quasiment d’une traite. Pointu, certes, mais accessible à tous. Passionnant, sans nul doute. Rédigé par deux soldats de terrain, il pointe les futurs défis qui attendent des armées occidentales. Et non des moindres. Elles vont devoir faire face à une nouvelle façon de combattre. Avec l’émergence, à moyen terme, de mégalopoles où il faudra engager bien plus de combattants qu’aujourd’hui pour espérer vaincre l’adversaire. Une espérance  de victoire, pas une certitude. La précision est importante. Car, comme le précisent les auteurs, «il n’est pas inenvisageable qu’une force moderne de type occidental soit tactiquement défaite dans une bataille en zone urbaine.» L’épisode somalien risque bien d’être un avant-goût de ce qui nous attendra peut-être dans le futur.

Philippe Degouy

«L’ultime champ de bataille. Combattre et vaincre en ville», par Frédéric Chamaud et Pierre Santoni. Éditions Pierre de Taillac, 228 pages, 22,90 euros environ
editionspierredetaillac.com

Couverture : éditions Pierre de Taillac

Dernières réactions sur nos blogs