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Posté le 17 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Pescarolo, le marathonien des circuits

Qui dit Pescarolo dit Le Mans. C’est lui en effet le recordman de participations – trente-trois – à cette épreuve mythique qu’il a remporté quatre fois (1972, 1973, 1974 et 1984). Le journaliste Jean-Marc Teissèdre, grand expert en matière de courses d’endurance, vient de lui consacrer une superbe biographie aux éditions ETAI. A notre connaissance, c’est une première pour ce champion trop modeste et dès lors méconnu.
L’ouvrage se présente selon la formule de l’abécédaire. Ce qui permet de raconter une foule d’anecdotes sur ce pilote portant la barbe à une époque où elle n’était pas encore à la mode. Le livre est agrémenté de nombreuses photos inédites, racontées par Henri Pescarolo lui-même ou que Teissèdre est allé puiser chez des personnes qui l’ont accompagné sur les circuits. A commencer par les «Matraciens», c’est-à-dire ceux qui ont participé à l’aventure Matra au tournant des années 60 et 70.

Matra, c’est la marque qui a ramené le sport automobile français au plus haut niveau. Si le porte-drapeau de cette nouvelle vague française était Jean Pierre Beltoise, récemment disparu, c’est bien «Pesca» qui s’est forgé le plus gros palmarès avec Matra. Sur des épreuves de longue haleine, il était très difficile de battre ce marathonien des circuits, modèle de rigueur et de régularité.
Et pourtant, Pescarolo, né en 1942 à Paris dans un milieu bourgeois, ne se prédestinait pas aux 24 heures du Mans ni à l’endurance. Appréciant la conduite sportive, il se voyait plutôt en Formule 1. Mais les choses ne se sont pas mises en place comme il aurait voulu, si ce n’est cette belle troisième place au GP de Monaco en 1970, derrière Jochen Rindt et Jack Brabham et devant Denny Hulme et Graham Hill, excusez du peu car ce sont tous des champions du monde. Trop souvent cependant, il lui a manqué une voiture compétitive.

Henri-pescaroloPescarolo est aussi un miraculé. En 1969, dans la longue ligne droite des Hunaudières au Mans, sa Matra 640 s’envole. L’aérodynamique était une science plutôt empirique à l’époque… La voiture retombe et prend feu. Pescarolo portera les stigmates de cet accident pour le restant de ses jours.
Pescarolo, c’est aussi Maddie, son épouse. Alors qu’Henri se voyait rester vieux garçon, Maddie, attachée de presse sur les circuits, lui a fait changer d’avis. Et lorsqu’Henri montera son écurie, Maddie lui sera d’un précieux secours pour attirer les sponsors et boucler les budgets.
Le lecteur découvre tout au long des pages les différentes facettes de cet homme au côté un peu rustre, mais toujours honnête et formidablement attachant. Généreux, il s’est beaucoup démené pour donner leur chance aux jeunes. Sébastien Bourdais, Romain Dumas, Benoît Tréluyer et Emmanuel Collard en témoignent dans la préface. En dehors des circuits, Pescarolo aime la pêche, la chasse, la nature et la cuisine du terroir, domaine dans lequel il fait plus que se débrouiller.

Aujourd’hui, lors des retransmissions des 24 heures du Mans, les téléspectateurs peuvent encore apprécier les commentaires avisés de cette voix grave et rocailleuse reconnaissable entre toutes…
Les amateurs de chiffres trouveront en fin d’ouvrage le palmarès complet et toutes les statistiques relatives à une carrière qui s’étale sur quatre décennies et sur tous les continents.

Jean-Paul Bombaerts

«Henri Pescarolo», Jean-Marc Teissèdre, éditions ETAI, 272 pages, 49 euros

Posté le 13 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Des carnets touristiques pour voir le monde en bleu

Par Philippe Degouy

Le guide de voyage sur support papier, celui que l’on ne cesse de voir fini, supplanté par les applications, semble prendre un malin plaisir à nous étonner, à se renouveler. Avec de nouvelles collections toujours plus attachantes, plus détaillées.
Comme celle lancée récemment par les éditions Hachette. Des Carnets des guides bleus qui allient tourisme et érudition. Plusieurs volumes sont déjà disponibles, aussi variés que les choix de destination : Le Louvre, Pompéi, Herculanum, le Mont-Saint-Michel ou le Vatican.
Des guides publiés en format poche (soit 10x15 environ), vendus pour un prix à peine plus cher qu’une bière commandée en terrasse à Rome. Et surtout avec une autre façon de présenter un lieu. Moins formelle, plus ludique. Avec des parcours, des repères historiques pour mettre les compteurs à jour question connaissances historiques et artistiques. Mais aussi des jeux, des arrêts sur image pour nous apprendre à regarder, une qualité qui fait de plus en plus défaut dans notre société qui ne laisse guère de temps au temps.

Puisque le Louvre s’est invité dans la récente actualité, ouvrons le guide qui lui est consacré. Plus de 9200 000 visiteurs ont l'idée de le visiter chaque année. Pour admirer les 38.000 œuvres exposées (ou du moins un échantillon) dans les 15 km de galeries. Et oui, quand même. C’est d'ailleurs ce que disent aussi les membres du personnel chargés de cirer les quelque 360.000 m2 de plancher.

Les-Carnets-des-Guides-Bleus-Le-Louvre-devoileChaque département du musée est présenté avec ses incontournables, la durée moyenne des visites. Sans oublier les petites histoires savoureuses. Dans la salle dédiée à l’Assyrie et la Babylonie, ne manquez pas de saluer Pazuzu, protecteur des femmes enceintes et personnage de cinéma et de bande dessinée, présent dans L’Exorciste et Le Démon de la tour Eiffel. Savoureux aussi cet encadré dédié aux noms étranges attribués à des couleurs au 18e siècle : ventre de biche, baise-moi ma mignonne, couleur de veuve réjouie ou espagnol malade… Une visite largement illustrée de reproductions d'oeuvres.
Tout concourt à faire de ce guide un joyeux compagnon de route, même pour ceux qui ne dépassent pas le pas de leur porte.

Pour septembre, l’éditeur nous promet Angkor. Oui, encore. Encore plus de plaisir de lecture et d’envie de découvertes touristiques.

Les carnets des guides bleus. Éditions Hachette, 10 euros
Couverture : éditions Hachette

Posté le 12 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Délivrez-nous de nos amis

Par Philippe Degouy

Dixième roman déjà pour Olivier Maulin. L’auteur français revient pour célébrer des Retrouvailles (éditions du Rocher). Une couverture joyeuse avec ces verres de vin qui s’entrechoquent. Comme pour fêter quelque chose d’heureux. Mais le plaisir n’est souvent que temporaire, le coup de barre du lendemain peut s’avérer sévère. Laurent Campanelli aurait dû y penser avant de répondre à une invitation Facebook. Celle d’un ancien copain d’études, Michel d’Aubert, fils de bonne famille. Bonne et riche.
Fils de maçon italien, Laurent Campanelli n’a pas eu la chance de suivre et de réussir d’aussi bonnes études que son ami Michel. Lequel ne s’est jamais empêché de lui signaler cette différence de parcours et de caste.
Marié à Perrine, deux enfants, un job de cadre en informatique. Laurent semble rentré dans le moule. Même si sa vie n'a rien de terrible. Et quand son ami Michel l’invite sur Facebook pour passer un week-end en montagne dans un ancien centre de vacances racheté par son frère Yvon, Laurent accepte. L’occasion est belle, se dit-il, de se rappeler des souvenirs de jeunesse. Et de retrouver Flore, la sœur de Michel, un amour platonique d’adolescence.

Dès le début du week-end, les choses s’amorcent mal. Comme des nuages qui s'invitent dans un ciel d'azur. Le centre se trouve en pleine montagne, isolé comme jamais, sans confort, sans chauffage. De quoi irriter Laurent et Perrine.
Mais il leur faut faire bonne figure devant leurs hôtes. Sourire, accepter les blagues de potache. Faire semblant. L’alcool servi, encore et encore, les langues se délient peu à peu. Les vieilles rancoeurs remontent à la surface aussi. 
Devant la fratrie d’Aubert, Laurent se sent minable, moqué, méprisé. Et voici que se font sentir les remugles d’un passé qu’il ne fallait pas déranger. Laurent aurait dû se souvenir que dans les différentes classes sociales, l’amitié n’est souvent que de façade.
« Laurent maudissait ces salauds qui l’humiliaient. Il n’était pas de leur monde. Lui s’était battu. Il était devenu informaticien car il fallait qu’il gagne sa vie. Il se sentait seul et lâche. Il avait pitié de lui-même, abandonné de tous et incompris. »

RETROUVAILLESMichel, Yvon, Flore, des amis, soit, mais trop heureux de le rabaisser devant sa femme et ses enfants. Seul allié, l’alcool. Pour reprendre un peu d'assurance et tenter de briller. De répliquer et de jouer au caïd. Un peu de fierté retrouvée. Au point de répondre aux avances de Flore. L’erreur fatale d’un week-end glacial. Car cet acte consommé honteusement, dans une chambre de collégien, marquera le début d’un drame fomenté autour de ce minable de Laurent. Victime d’une sombre machination...
Difficile d’en dire plus sans risquer de déflorer une intrigue qui réserve une fin de toute beauté. Point d’orgue de retrouvailles diaboliques.

Olivier Maulin a réussi parfaitement à tromper ses lecteurs dans un roman qui peut se ranger parmi les thrillers. Avec une oeuvre pourtant débutée comme une joyeuse comédie, prometteuse pour les personnages.
Avec Facebook comme outil fantastique pour renouer avec d’anciennes amitiés. « Comme tout le monde, c’est dans le passé que Laurent avait tendance à rechercher le moyen de rendre sa vie un peu moins monotone. »
Un roman court, dont on perçoit assez rapidement l’évolution du drame, en crescendo. Comme dans ces réunions de famille où chacun règle ses comptes, au point de transformer rapidement une soirée en enfer. Olivier Maulin immerge ses lecteurs dans des retrouvailles transformées en arènes. Les voici transformés en témoins. Piégés eux aussi dans ce décor hivernal.
Un huis-clos tragique, articulé autour de ce centre de vacances, dénommé « Le bûcher des sorcières ». Immense, hostile, déserté, froid et isolé. Difficile de ne pas le comparer à l’hôtel Overloop du roman Shining de Stephen King.
Olivier Maulin connaît ses classiques et sait, lui aussi, surprendre, dérouter. Faire monter la tension jusqu’à la dernière goutte, avec des fausses pistes.
On savoure son talent pour ciseler des personnages fragiles, des losers à la fois drôles et pathétiques. Comme Laurent Campanelli, dont on perçoit très rapidement les fêlures. Incapable de se faire respecter de ses propres enfants. De briller en société, de ne pas jalouser ses propres amis. Si la comparaison peut sembler osée, après lecture de ce roman formidable, on repense à un épisode de la série Game of Thrones, Les noces pourpres. Les initiés sauront pourquoi.

Après ce roman, un coup de cœur qui se lit en une soirée, il vous sera bien difficile de regarder Facebook avec le même œil bienveillant. Avec, gravée en tête, cette citation célèbre, attribuée à Voltaire, « mon Dieu, délivrez-moi de mes amis, quant à mes ennemis, je m’en charge. » Levons nos verres à ces retrouvailles. Éphémères hélas.

Les retrouvailles. Roman. Olivier Maulin, éditions du Rocher, 188 pages, 19,90 euros
Couverture : éditions du Rocher

Posté le 12 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

La vie est un jeu qui fait mal

Par Philippe Degouy

« Il est des livres autour desquels on tourne durant des années, tant on répugne à se jeter dans l’océan des mots. Ce livre, je l’ai souvent amorcé, effleuré, guetté au loin dans la brume » (Christophe Bourseiller)

Certains livres dépassent le cadre littéraire pour offrir un beau cadeau aux lecteurs : une rencontre et des émotions. Tel est le cas avec Christophe Bourseiller, auteur de ces Mémoires d’un inclassable (éd. Albin Michel). Une biographie? Non, plutôt un puzzle à assembler chapitre après chapitre. Si son nom peut faire naître un point d’interrogation, son visage et le timbre de sa voix  devraient rappeler aux quadras un film devenu culte : Un éléphant ça trompe énormément. Il jouait dans cette comédie devenue culte le rôle de Lucien, étudiant intello amoureux des seins de Marthe. « Surtout le gauche » précisait-il. Simple clin d’œil pour situer l'homme, car réduire l’auteur à ce petit rôle populaire serait bien trop réducteur.
Comme le chat (qu’il déteste voir empaillé), Christophe Bourseiller a eu neuf vies, et sans doute autant à venir. Auteur de nombreux ouvrages, spécialiste des extrêmes en politique, homme de radio et de télévision, acteur… il aime répondre à ceux qui lui demandent ce qu’il fait dans la vie : « beaucoup. »

ChristopheBourseillerUn électron libre, qui a de qui tenir avec une famille décomposée, recomposée, libre comme le vent. Spéciale mais large d’esprit. « Qui peut se targuer d’être normal dans la tribu foutraque qui peuple mon enfance ? Ce ne sont que beaux parleurs, hurluberlus, libertins et transgresseurs » précise-t-il, comme pour excuser sa vie en forme de montagnes russes, rythmée par des rencontres et des instants décisifs avec de sacrés personnages :
Aragon, Jean Genet, Yves Robert, Jean Carmet, Danièle Delorme, Jean Rochefort, Bernadette Lafont, Fabrice Luchini. Pour ne citer que quelques monuments culturels.
Des rencontres et des belles, programmées ou non. Qu’importe, elles aboutissent à un constat : « l’humanité me rend perplexe. » Les causes de cette forme de mélancolie qui submerge parfois Christophe Bourseiller, familiales notamment, ne manquent pas. Avec trop peu d’amour côté masculin, mais une tendresse infinie offert par une mère artiste et une grand-mère protectrice. Aussi originale qu'une grand-mère peut être.

Le portrait se construit, chapitre après chapitre. Et réserve des anecdotes drôles ou beaucoup moins. Avec des anecdotes de tournage, savoureuses, des souvenirs d'enfance, liés au monde du théâtre. Une époque bénie pour Christophe Bourseiller, gamin précoce plongé dans le monde des arts et de la politique avant d'avoir l'âge de raison.

Alors? Réellement inclassable? Oui, et même fier de l’être. « Je me suis rendu indéchiffrable, inacceptable et inclassable. Mon crime ? J’ai balloté au gré des vents, j’ai humé les parfums de traverse. »

Son livre est bourré d’humour, et laisse entendre sa voix à chaque page. Il se referme sur une dernière note d’amour. Pour ses chers disparus. Sa famille mais aussi ses rencontres d’une vie, parties elles aussi. L'artiste est désormais seul sur la scène de la vie. Seul, ou presque. Le Pierrot lunaire hésite, observe son parcours, soucieux de l’image laissée aux yeux des autres. « Ai-je choisi le bon sentier ? J’en suis toujours à me le demander. »
Le lecteur, lui, ne se pose pas de questions. La lecture, agréable, colorée, alterne entre comédie et drame. Elle réserve aussi de très belles phrases. À l’instar de celle-ci, conclusion parfaite à ce parcours chahuté : « la vie est un jeu qui fait mal ».

Christophe Bourseiller. Mémoires d’un inclassable. Éditions Albin Michel. 224 pages, 17.00 euros environ
Couverture : éditions Albin Michel

Posté le 10 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Les Faucheurs de vie ont la rage

Par Philippe Degouy

Longtemps considérée comme parent pauvre, la Première guerre mondiale occupe désormais une place bien plus conséquente dans le monde de la bande dessinée. Avec Les Faucheurs de vent, le scénariste Thierry Lamy et Cedric Fernandez au dessin proposent une nouvelle trilogie axée sur la guerre aérienne du premier conflit. Ils ne sont pas les premiers, certes, mais force est de constater que le résultat se lit avec intérêt, plaisir aussi. On se laisse envoûter par l'ambiance et ces vieux coucous qui paraissent si fragiles à côté de leurs descendants né pour se battre deux décennies plus tard.

La BD nous ramène en mai 1917. La jeunesse européenne se bat. Dans les tranchées, sur mer et dans les airs où le danger n’est pas moindre avec un taux de survie ridiculement faible.
Le jeune sergent Lafitte débarque, fier comme Artaban, à l’escadron des Faucheurs. Une escadrille de pilotes à la réputation de tueurs d’Allemands. Pressé d’en découdre, Lafitte se frotte très vite au lieutenant Alexandre Marais, pilote d’exception qui cache un visage défiguré par un masque de cuir. Un soldat enragé qui veut faire payer aux Allemands son état de gueule cassée. Lafitte, tout son opposé, avec son charisme et sa belle gueule, souhaite lui démontrer qu’il est bon pilote lui aussi. Même à bord de ce Nieuport baptisé Fer-à-cheval par l'escadrille, du fait de sa réputation de porter malheur et de tuer ses pilotes. Dans la rivalité qui oppose Lafitte et Marais, s’interpose Nikolaus Stipetic, un pilote allemand qui a juré de battre Marais en duel aérien. Le pilote français qui pensait oublier l'horreur des combats dans les bras de sa marraine de guerre, l’envoûtante Gabrielle, apprend qu’elle attend autre chose que ses étreintes : la mort d’un homme.

FAUCHEURSDessiné par Cedric Fernandez, l’album au dessin bien aéré, fluide dans ses grandes lignes, réserve de belles scènes aériennes, parfaitement mises en scènes pour être crédibles. Côté personnages, bien tracés par Thierry Lamis, auteur du scénario, on ne peut s’empêcher de ressentir de l’empathie pour le duo Lafitte-Marais. Deux hommes que tout oppose mais qui vont devoir cohabiter. La fraîcheur et l’immaturité de Laffite contre l’expérience et la rage froide du lieutenant Marais.

PlancheA_304838Les deux auteurs réussissent à captiver avec des pilotes d’exception, des cabochards qui font tout pour se faire détester et qui savent que la mort les guette.
La suite de ce Carrousel des cabochards sera à suivre dans Gabrielle et Combats de chien. Deux albums déjà attendus pour les questions posées dans ce premier tome : qui est réellement Gabrielle et qui est cet homme qu’elle veut voir mort. De même, l’explication du capitaine Ackerman relative à sa responsabilité dans le visage défiguré de Marais est attendue elle aussi. Bref, ce premier tome, qui pose les bases de l’intrigue , a réussi sa mission : accrocher ses lecteurs avec une intrigue classique mais diablement efficace.

Faucheurs de vent. Tome 1/3. Le carrousel des cabochards. Scénario de Thierry Lamy, dessin de Cedric Fernandez. Éditions Glénat, 48 pages
Couverture : éditions Glénat

Posté le 9 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Tendre Violette, la liberté chevillée au corps

Par Philippe Degouy

Un réel plaisir, celui de retrouver cette chère et Tendre Violette, près de quarante ans après la première rencontre dans le défunt mensuel « (A Suivre) ». C’était en avril 1979, dans le numéro 15 pour être précis, que les lecteurs découvraient cette fille sauvage, amoureuse de sa forêt et de sa liberté sans confort. Un personnage féminin qui permettait à ses créateurs, Jean-Claude Servais et Gérard Dewamme, de rendre hommage à la femme, et à son goût pour la liberté. Les bédéphiles qui étaient adolescents à cette époque ont certainement gardé en mémoire la sensualité qui émanait de cette fille de papier, l’une des premières dans le monde de la BD franco-belge à s’exhiber sans peur de la censure et de l'avis des autres.
Cette jeune fille se montrait fière de son corps et de ses amours contrariées. Une rebelle, qui aimait faire bisquer les bourgeois et ne voulait à aucun prix rejoindre la meute et entrer dans le rang. Jamais elle n'était plus heureuse que dans sa pauvre masure nichée au coeur des bois, à cueillir les champignons et se baigner nue dans l'eau pure des rivières.

SERVAISUne Tendre Violette qui nous revient aux éditions Dupuis. Avec une intégrale en noir et blanc de toute beauté. De quoi savourer le dessin superbe de Jean-Claude Servais, dont chaque planche témoigne d’un travail de précision étonnant. N’en déplaise aux amateurs de couleurs, le noir et blanc se justifie pleinement pour cette intégrale. Pour mieux savourer les traits précis et ces jeux d'ombre. Chaque planche est digne d'être épinglée. Gérard Dewamme au scénario retrace à merveille la vie de la campagne de la fin du XIXe, début XXe au cœur d’une région qui s’étend entre la Belgique, le Luxembourg et la France.
L'intégrale propose dix courts récits qui composent un univers où se mélangent sombres histoires propres aux petits villages, amours d'une Violette volage et rites sataniques orchestrés au cœur de ces forêts profondes, mystérieuses. Le lecteur savoure cette étrange atmosphère qui entoure cette marginale, un peu sorcière. Mais comme le dit Bourguignon, un amant de passage, « quand une sorcière est jolie, ça s’appelle une fée. »

Une intégrale qui débute par un beau texte de Gérard Dewamme, une forme d'hommage rendu à une vieille voisine qui aurait pu incarner notre Tendre Violette au crépuscule de sa vie : « Violette a toujours su qu’elle n’avait pas grand-chose à perdre, que les grands jours sont ceux de nouba et qu’une poire pour la soif pourrit vite quand on n’ose pas y toucher. »
Un dossier rédigé par Dominique Billion clôture ce très bel album, nostalgique à souhait, qui mérite le détour et donne envie de rejoindre la Gaume. Pour (re)découvrir cette superbe région qui a largement inspiré l’univers de Jean-Claude Servais. Pour tenter de croiser les pas de son personnage. Qui sait, nul ne peut dire qui se cache au coeur de ces forêts.

Tendre Violette. Intégrale en noir et blanc. Dessin de Jean-Claude Servais. Scénario de Gérard Dewamme. Éditions Dupuis, 160 pages, 35 euros
Couverture : éditions Dupuis.

Posté le 6 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Appelez Zach si vous manquez d’assurance

Par Philippe Degouy

« J’aurais dû la fermer. Mais je ne la ferme jamais. Ce serait contraire à mon métier : je suis flic des Assurances. Mon boulot est de découvrir qui essaie de niquer les Assurances et comment. Je n’ai pas d’adjoint ni de chat et je suis une fille. Je suis Zacharie Lourne, mais vous pouvez m’appeler Zach. » Intègre, soucieuse de traquer le malfaisant, Zach avait ciblé ce fraudeur à la Porsche Cayenne. Un sale gosse de riche qui préférait un modèle britannique plus classe que cette Allemande. Et qui voulait arnaquer son assureur par une fausse déclaration de vol.
Dossier facile pour Zac, sauf que le papa du malfaisant était actionnaire de la boîte de Zach. Et la voilà limogée dans un bled de province pour lui apprendre à respecter les escrocs de bonne famille.
Sans se démonter, Zach accepte la sentence, avec philosophie, à défaut d'une épaule masculine sur qui se reposer. Sur place, elle se lance sur la trace d’un incendiaire de granges de ferme. Mais à défaut de pyromane, c’est un meurtrier qui va se mettre sur sa route.
Drôle de dossier d’ailleurs, avec des bourgeois locaux, présents à la messe le dimanche matin mais aussi à la tête d’un réseau d’amazones rurales. Le genre à pratiquer la bête à deux dos pour quelques billets. Une affaire qui roule, jusqu'au jour où un grain de sable grippe la mécanique. Et les voilà tous prêts à faire condamner une innocente pour le meurtre d’une vieille fille abattue à coup de 357 pour la faire taire. « Zach, vous avez mauvais esprit » lui martelait son boss de Paris avant de l’envoyer purger une peine illimitée dans ce trou du cul de la France profonde. Ces culs-terreux de Cossan auraient dû se méfier d’elle et ne pas se fier à son image de femme seule et fragile...

POLICEASSURANCERédigé par Stéphane Denis (Les événements de 67, Sisters, La tombe de mon père…), Police d’assurance (éd. Grasset) est un roman qui livre un savoureux et truculent portrait de la vie de province, « là où le matin est comme le soir, une lueur triste ». Plus que l’intrigue policière, la peinture de ce coin de France profonde se révèle particulièrement réussie, acerbe et drôle, avec cette mentalité de clocher opposée à l'esprit parisien de Zach. On sent, chapitre après chapitre, l’hommage adressé à Simenon et à la filmographie de Claude Chabrol, le cinéaste qui a décrit cette bourgeoisie de province dans plusieurs classiques du cinéma.
Que l’on pense notamment à Poulet au vinaigre avec le regretté Jean Poiret, parfait dans le rôle de flic cynique, aux répliques teintées de vitriol. La jeune Zach partage d’ailleurs ce goût pour l’humour pince-sans-rire et ce besoin, cette envie, de mettre les pieds dans le plat pour bousculer l’ordre établi.

Force est de constater que Stéphane Denis a pris un malin plaisir à rassembler cette belle brochette de personnages bas de plafond. On sent poindre la fausseté et le côté soupçonneux des campagnards face à l’étranger. Et pire encore quand il s’agit d’une jeune femme seule, venue de Paris. Qui semble fouiner, sans vouloir se mêler à la vie rurale articulée autour de la place du village et son bistrot. Tous les clichés relatifs à la campagne, vue de Paris comme un ailleurs exotique, sont rassemblés, grossis sous la loupe de l'écrivain. On peut se hasarder à présumer que Zach et son mauvais esprit, c'est un peu l'auteur qui se décrit. « À la campagne, on y devient vieux, sale et méchant. Je ne connais rien de plus agressif que la campagne. »

Un roman qui devrait en appeler d’autres avec la jeune Zach comme personnage récurrent, plutôt sympathique d'ailleurs dans son rôle de flic parisien envoyé au grand air.
La dernière page du roman annonce déjà de nouveaux ennuis pour Zach, désormais résignée à cet exil professionnel. Les forêts sombres et profondes de nos campagnes cachent parfois de bien mauvaises choses.
« Et on dit qu’il ne se passe rien en province ! »

Police d’assurance. Roman de Stéphane Denis. Éditions Grasset, 128 pages, 14 euros
Couverture : éditions Grasset

Posté le 6 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Les Sixties, cet âge d’or pour l'automobile

    Par Philippe Degouy

Publié aux éditions E/P/A, Voitures de collection des années 60 invite à redécouvrir des modèles d’exception, ceux qui ont laissé une marque dans l’histoire automobile. Les années 60? Un âge d'or pour le secteur. Avec des modèles qui ont marqué la légende, des lignes superbes. Vous avez, enfant, collectionné les miniatures? Et si vous passiez maintenant aux modèles à échelle réelle? Une invitation proposée par Patrick Lesueur, directeur de publication.

Jaguar type E, Porsche 911, Ford Capri, Citroën Méhari, Simca Coupé 1200 ou Alpine A110. Les stars sont présentes sur le tapis rouge. Le rêve sous le capot, plus sexy que le tigre de la publicité. On se risque sur le bizarre? Comme avec cette ZIL 114, copie soviétique de la Lincoln Continental. Pour l'avoir dans le garage, petit père (des peuples, ou pas), il faudra débourser quelque 20.000 euros sur le marché de la collection. Pour 300 ch quand même. Et un look plus qu'impressionnant. C'est certain, vous ferez sensation sur le parking de votre grande surface préférée.

Chaque modèle du livre, richement illustré, est présenté avec sa genèse, ses caractéristiques et sa cote sur le marché de la collection. Des tarifs qui donnent une idée du prix juste mais qui ne sont pas forcément ceux que vous débourserez. « Il est souvent plus sage de surpayer raisonnablement une voiture en bon état que de suivre aveuglément l’estimation en achetant une voiture médiocre » précisent les auteurs de ce beau livre dirigé par Patrick Lesueur.

VOITUREDECOLLECTIONOutre ce passionnant défilé de beautés mécaniques, l'album destine de courts chapitres pratiques aux lecteurs susceptibles de rejoindre le rang des collectionneurs.
En gardant à l’esprit que « tout ce qui est ancien n’est pas forcément digne d’intérêt. »
Pas besoin de disposer de fonds importants pour se faire plaisir. Les larfeuilles moins fournis peuvent se consoler avec des modèles des années 70 et 80 plus abordables et qui pourraient prendre de la valeur avec le temps.
Quant à savoir si la voiture est encore un fructueux placement, la question reste ouverte. « Si la folie spéculative des années 80 semble loin, dans les ventes aux enchères ou les négociations entre particuliers, les beaux exemplaires commandent toujours des prix élevés et sont âprement disputés. »
À titre d’exemple, une Ferrari 275 GTB vous coûtera au minimum le prix d’un appartement moyen. La Jensen Interceptor de 1966 réclamera un chèque  de 15 à 20.000 euros pour le plaisir de conduire ce modèle original. Raisonnable dépense.
Et que sont quelques (grosses) liasses de billets à mettre sur la table pour apprécier la beauté d’une Facel Vega ou d’un coupé Sting Ray.
Vous avez déjà une Mustang? Achetez donc une Dodge Charger, sa rivale à la ville comme à l’écran (dans le classique Bullitt). Du brutal, un jouet pour grands garçons. Le cinéma? Voilà un bon thème pour débuter une collection. Une 2CV pour rendre hommage à la soeur kamikaze dans Le gendarme à Saint-Tropez, une Mustang, comme dans Un homme et une femme, ou la fameuse Aston Martin du film Goldfinger. Dans cet épisode de la saga James Bond, ce n’était d’ailleurs pas une DB5 mais une DB4 Vantage série 5. Avec la classe de série.
Page après page, on (re)découvre des modèles connus, oubliés, voire carrément inconnus du grand public. Comme cette Sovam 850 de 1965. Et que dire de cette Sabra Sport produite par la firme israélienne Autocars Company Ltd. Un petit cabrio pas vilain du tout à regarder.

Vous voulez débuter une collection? La bonne idée. Un chapitre dévoile les étapes à suivre. Quelle voiture choisir? Comment l’acheter? À quoi faut-il faire attention à l’achat, en sachant que les faux abondent, comme dans le marché de l’art? Pourquoi faut-il rejoindre un club de collectionneurs? Autant de questions parmi d’autres qui trouveront une réponse. Et éviter les déconvenues.

Un beau livre, nostalgique à souhait, qui se referme sur un dernier conseil, judicieux  : « une automobile de collection est d’abord et avant tout conçue pour rouler. Rien de pire en effet que l’immobilisation prolongée, qui entartre les radiateurs et oxyde les huiles. Une voiture qui roule régulièrement est une voiture fiable. »
Ceci dit, en voiture Simone et... roulez jeunesse.

Voitures de collection des années 1960. Sous la direction de Patrick Lesueur. Éditions E/P/A/ 257 pages, 19,90 euros
Couverture : éditions E/P/A

Posté le 2 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Du Jules Magret pour se déglacer la languetouze, se régaler le carter

Par Philippe Degouy

Vous recherchez un avis sans concession sur un endroit où becter sans tomber dans le claque-flouze de qualité médiocre? Suivez Jules Magret. Bon, d’accord, voilà un pseudo qui ne casse pas trois pattes à un canard (humour), mais son propriétaire publie un petit guide de quelque 220 tables de France. Pour vous déglacer la languetouze. Touchez pas au frichti, escalope.
Un pseudo derrière lequel se retranche François Cérésa, chroniqueur littéraire et critique gastronomique. Les adresses sélectionnées dans son bouquin ont été testées et goûtées, dégoûtées parfois. Classées par régions avec les renseignements pratiques.
Ce guide, c’est du festif. Le plaisir de manger, c'est tout. L’écriture de Jules Magret, c’est pas du Ronsard, non, c’est du Bérurier pur jus. Façon Frédéric Dard, avec quelques touches de Michel Audiard façon Jean Gabin. On rit, on sourit. Souvent. De ces jeux de mots douteux mais drôles, de ces déviations en verlan, de ces anagrammes cinéphiliques ou de l’argot passé à la salamandre. Et on revoit Ventura ou Blier attablés avec Jean Carmet et Gabin. Un sérieux quatuor de machoires. Des épées à table. Les Tontons mangeurs.

FRICHTILes chroniques de ce charmant guide publié aux éditions de l’Archipel (de la goulasch, dirait Audiard) fleurent bon la France profonde. Celle qui préfère la cuisine au beurre à celle servie en intraveineuse avec le radis et la carotte en guise de plat principal. Ne lui parlez pas nouvelle cuisine au Julot, il voit plus rouge que Mao à son évocation. « L’esthétique de tous ces Braque de la mini-portion nous encrasse le thermostat. Quand on commande un pigeon, on le veut entier. Les petits machins aux petits trucs, fini ! »

D’accord, son avis, c’est parfois du brutal, comme diraient les Tontons flingueurs. Sa plume est trempée dans le vinaigre le plus acide. Mais bon, il y a de quoi s’énerver face aux saloperies parfois servies à table : « ces grenouilles congelées, ces escargots de Turquie ou ces gambas de supermarché. » On nous prend pour des consommateurs de Tricatel ? Comment, à la lecture de ce guide gastronomique hilarant (de la Baltique), ne pas se souvenir de L’Aile ou la cuisse, ou du Grand restaurant.
L’écriture est aussi savoureuse que la barbaque de ce restau de Saint-Christophe-en-Brionnais : « c’est le mouvant bien ferme, l’araignée dans le plafonnard, la bavette qui se taille, l’onglet qui débarque. »
Quand c’est bon, bien servi, avec le sourire de la patronne, Jules se fait tout doux. Gentil : « on se régale le carter avec les félicitations des soupapes. De quoi l’avoir aux oignes et de mettre Charlot soldat au garde-à-vous. » Mais malheur à celui qui tente de l’arnaquer le Julot. Il a le glaive vengeur, la plume sévère. Avec humour, mais pas avec amour. Comme après une visite dans un restau parisien pour lavedus en sandales : « ici, c’est l’enterrement de première classe. Tu raques, tu bouffes mal et tu fermes ton snack-prout. Bref, un stanco à rayer de la carte. » La cave se rebiffe, parfois. Non mais ! De même, les adresses qui te font faire un régime sec au larfeuille provoquent la même réaction. Ce taulier situé dans le Midi s’en souvient encore de la chronique de Magret : « d’accord, c’est un beau coinsteau, mais de là à nous morpionner le crapaud-buffle ainsi, ça tiraille une chouille sur la cordelette au père Jojo. »
Fin bec, Jules est aussi connaisseur dans le lubrifiant. Rouge ou blanc, qu’importe pourvu qu’il donne le crapaud en thalasso.

Ce bouquin, « c’est vraiment le balthazar, on se savonne les zygos à sa lecture. » Il donne envie de s'attabler direct, pour se déglacer le confit.

Touchez pas au frichti. Par Jules Magret. Éditions de L’Archipel, 160 pages, 15 euros
Couverture : éditions de l’Archipel

Posté le 2 juin 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

The Big Red One et ses six millions de renfort

     Par Philippe Degouy

En juin 1917 naissait la 1ère division d’infanterie américaine, unité de combat envoyée combattre sur le front européen. Une division d’élite à l'histoire forgée sur les champs de bataille de la Première guerre mondiale. Une division mieux connue sous son nom de guerre : la Big Red One, en référence à son insigne, ce grand 1 rouge cousu sur la manche, dont la légende raconte qu’il est né d’un morceau de tissu rouge pris à un soldat allemand mort lors du Premier conflit mondial. Dès sa naissance, la division se taillera une réputation de combativité sans défaut. Son histoire, sanglante, se voit racontée par Stéphane Lavit et Philippe Charbonnier dans cette monographie, La 1re division d’infanterie américaine, publiée aux éditions Histoire et Collections. Un hommage mérité pour le centenaire de cette division d'élite.

BigRedOne« Rien, ni même les feux de l’enfer n’arrête la 1ère division ». Après le premier conflit, la division est revenue en Europe pour la Seconde guerre mondiale. Ses soldats ont participé à toutes les campagnes sur le front ouest, à tous les débarquements. Avec le baptême du feu vécu en novembre 1942 sur les côtes algériennes. Après le drame de la passe de Kassserine, les Américains vont remporter leur première victoire à El Guettar en mars 1943.
Le début d’une chevauchée qui va les faire débarquer en Sicile, en Normandie, au prix de fortes pertes à Omaha Beach en juin 1944. Ce sera ensuite la marche triomphale vers le Reich, en passant par la Belgique. Les soldats de la Big Red seront de tous les coups durs. Avec des combats homériques, comme la prise d’Aachen, la bataille de Hürtgen et le sursaut allemand dans les Ardennes en décembre 1944.

« L’armée américaine est constituée de la 1ère division et de six millions de soldats de renfort » aurait dit un général à Théodore Roosevelt Jr, « mais n’est-ce pas le cas ? » aurait répondu, malicieux, Roosevelt. Une division réclamée par Patton, admirée par Montgomery et saluée par Eisenhower : « je commence à croire que la Big Red One est ma garde prétorienne. »
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la division annoncera la perte de 21023 soldats (tués, blessés et disparus) et la récolte de quelque 20752 médailles. La division restera en Allemagne jusqu’en 1955.

La fin du conflit ne marquera pas celle de ses engagements. Elle sera envoyée au Vietnam, dans les déserts de l’opération Desert Storm, en Bosnie et enfin en Irak et en Afghanistan. De quoi justifier sa devise : « aucune mission n’est trop difficile, aucun sacrifice n’est trop grand, le devoir d’abord. »
Une division qui a eu parmi ses membres le célèbre cinéaste Samuel Fuller, qui a retracé son épopée dans un film de guerre d’excellente facture, mais rarement diffusé en télévision : Au-delà de la gloire, avec en tête de distribution le regretté Lee Marvin, ex-Marine dans le Pacifique. Un film dont le tournage est raconté par les auteurs dans cet ouvrage abondamment illustré de clichés d’époque. De quoi donner des idées aux maquettistes.

La 1re division d’infanterie américaine, par Stéphane Lavit et Philippe Charbonnier. Éditions Histoire et Collections, 97 pages, 19,95 euros
Couverture : éditions Histoire et Collections

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