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Posté le 19 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Opération Napoléon», un thriller venu du froid

Si vous aimez la littérature scandinave, vous connaissez certainement le romancier islandais Arnaldur Indridason, père du commissaire Erlendur, son personnage récurrent.  
Revoici l'auteur, promis à un nouveau succès public avec la publication en format poche chez Points de son roman «Opération Napoléon».
Un thriller venu du froid qui débute en 1945, dans les derniers moments du régime nazi.
Un avion Ju-52 aux couleurs américaines transporte des officiers allemands et américains en direction de l’Amérique. Mais une violente tempête au-dessus de l’Islande provoque la chute de l’avion sur un glacier local. L'avion est alors rapidement englouti dans les glaces. Bien des années plus tard, une expédition américaine est lancée, pour tenter de le retrouver. En vain. Les décennies passent.
De nos jours. Un satellite détecte par hasard des traces du crash. Une expédition américaine est organisée avec de gros moyens pour enfin retrouver l’épave et, surtout, son précieux chargement. Le chef de l’expédition a pour ordre d’éliminer les témoins si nécessaire. Un plan prévu sans failles, mais c'était sans compte la ténacité d’une jeune islandaise, Kristin, bien décidée à retrouver son frère. Porté disparu depuis l'arrivée des militaires américains sur l'île.
Ce qu'elle va découvrir va radicalement changer sa vie.

Alternant entre thriller et roman historique, avec de fréquents flashbacks vers l’année 1945, «Opération Napoléon» n’a rien à envier aux romans anglo-saxons, à qui il rend d'ailleurs un vibrant hommage.
Dès les premières pages, le lecteur est pris dans une intrigue qui se referme sur lui comme les glaces autour de cette mystérieuse épave d’avion allemand. Dans le jargon littéraire, on appelle cela un page-turner. Soit un ouvrage qui force son lecteur à aller plus loin, page après page. De fait, il faut une solide volonté pour le stopper en cours de lecture. Indridason connaît son métier et sait ferrer sa proie. De chapitre en chapitre, le lecteur veut savoir ce qui se cache dans la carlingue de cet avion. De l’or? Une bombe atomique allemande? Ou... quelqu'un de bien plus important.

NAPOLEONCôté personnages, le casting est composé comme celui d’un western à l'ancienne. Avec les bons, les Islandais, incarnés par la jeune Kristin, à laquelle on s’attache, comme une sœur. Et en face, les méchants : les forces spéciales américaines, vues comme une force d’occupation dans la petite île. À ces personnages, il faut aussi ajouter le climat nordique. Ce froid, cette neige, terribles conditions climatiques qui accompagneront la lecture. Si bien décrites que l’on a presque besoin d’enfiler une petite laine pour chasser cette impression de froid que l'on ressent en permanence.

Pourquoi cette référence à l'empereur dans le titre? Bonne question. Demandez-vous simplement ce qu'est devenu Napoléon à la fin de son règne. Et, sur la base des indices laissés par l'auteur dans son formidable jeu de pistes, vous trouverez la réponse. Et vous tremblerez.

Une oeuvre qui ne relâche son étreinte qu’au dernier mot. La scène finale laisse le lecteur estomaqué. Pris par surprise par un simple nom et une date. Clés d’une intrigue solidement bâtie. Bien joué Arnaldur.

«Ce que vous appelez la vérité n’existe plus. La vérité et le mensonge ne sont que des moyens d'arriver à une fin.»

Philippe Degouy

«Opération Napoléon», thriller d’Arnaldur Indridason. Points, 432 pages, 8 euros
Couverture : Points

Posté le 19 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

La vie en bleu, en Polynésie française

Avec ce froid piquant, emmitouflés dans nos vêtements chauds, comment pourrions-nous éviter de penser à ces îles lointaines où il fait toujours chaud, avec leurs plages à perte de vue et ce bleu profond des lagons? Une vision idyllique de ce qui doit ressembler au paradis. Comment en douter à la lecture de cet album paru aux éditions Hachette, consacré à la Polynésie française. D’un coup, la température semble avoir grimpé de quelques degrés.

PolynésieLa Polynésie? Ce territoire équivalent à l’Europe, ou peu s’en faut, et composé de cinq archipels. Celui des Tuamotu, des Australes, des Gambier, de la Société et des Marquises. Comme en témoigne la couverture, prometteuse, cet album donne la priorité aux photos. Des clichés pris lors de l’expédition menée par le groupe des «Explorers», une association d’amoureux de la nature qui a décidé de laisser au monde futur un inventaire en images des richesses naturelles de la Terre. Un état des lieux prévu sur une période de 12 ans. L’association, conçue par le médecin Olivier Chiabodo, a pour but de «préserver notre patrimoine commun, cette planète bleue dont nous devons veiller à ce qu’elle reste une Terre humaine.» Le projet est ambitieux. Mais superbe, comme avec cette Polynésie, sujet de ce beau livre qui emmène son lecteur au cœur des îles. Rien qu’à l’évocation des noms de lieux, la magie opère sans tarder : Tahiti, Bora Bora, les Marquises…

En fermant les yeux, on entend le bruit des vagues qui s’écrasent sur les plages ou contre les rochers. Des paysages sauvages capturés en images, mais aussi un portrait des habitants et de leurs coutumes ancestrales. Vie quotidienne, religion, traditions, rien n'est oublié. Avec des cérémonies jamais montrées aux touristes.
Page après page, alternent moments d’envie et de rêve. Et l’on comprend aisément pourquoi Gauguin et Brel ont décidé de déposer leurs valises en ces lieux magiques, où la beauté de la faune et la flore compensent largement le manque de confort matériel.
Des lagons sauvages, des plages sans fin, des jungles touffues, des aquariums naturels aux centaines d'espèces de poissons... Non, décidément, «gémir n’est pas de mise aux Marquises», comme le chantait le grand Jacques, hôte éternel de ces lieux

Philippe Degouy

«La Polynésie française». Collection L’inventaire de la Terre. Éditions Hachette, 195 pages, 26 euros
Couverture : éditions Hachette

Posté le 18 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Le croque-mort a un appétit d’ogre

Mais dans quel piège s’est encore fourré Jonas Crow, le croque-mort au vautour comme seul ami? Désormais flanqué de la jeune Anglaise Rose Prairie et sa servante chinoise Lin, devenues ses collègues de travail par la force des choses (lire le cycle précédent), Jonas «Undertaker» Crow accepte un contrat qui va le replonger dans son trouble passé militaire. Quand il s’appelait encore Strikland. Un passé qu’il avait tenté d’oublier avec son nouveau nom et une profession pour le moins originale mais crédible au vu de son look. Par hasard, lors des funérailles d’une vieille et riche femme, il retrouve le colonel Warwick, une ancienne connaissance. L'officier lui annonce que l’ogre de Sutter Camp est vivant. Et toujours en activité. L'ogre? Un médecin démoniaque, un tueur qui cache une personnalité sadique. Les deux hommes, accompagnés de Rose et Lin, se lancent à sa poursuite pour effacer leurs mauvais souvenirs communs, liés au fugitif. Mais l’Ogre, qui se fait appeler Jéronimous Quint, a plus d’un tour dans son sac pour déjouer leur plan. Et reprendre l’avantage.

UNDERTAKERAvec «L’ogre de Sutter Camp», Ralph Meyer, au dessin, et Xavier Dorison, en charge du scénario,  entament un nouveau cycle pour le moins prometteur. La première planche, terriblement angoissante, prend d’emblée le lecteur à la gorge pour ne plus le lâcher. De quoi glacer le sang en quelques cases. Un épisode bien ficelé qui amène une touche de fantastique au genre western. Avec ce fameux Jéronimous Quint, solide gaillard qui exerce la profession de médecin itinérant et qui sème en même temps la mort sur son passage. Mais est-il humain d’ailleurs ? Pour le colonel Warwick et Undertaker, la question se pose car, officiellement, l’ogre de Sutter Camp a été exécuté des années plus tôt. Pourquoi et comment est-il en vie?
Xavier Dorison au scénario distille l’horreur par petites touches, par la suggestion plus que par l’image. L’effet est tout aussi réussi, voire amplifié par l'imagination du lecteur. Certaines scènes de cruauté font d’ailleurs de cette BD un album destiné davantage aux adolescents et à un public adulte. Les rares moments d’humour sont indirectement distillés par Jonas Crow, personnage brut de décoffrage, peu doué pour la vie en société et dont l’évangile, suivi à la lettre, prône de «ne pas épargner aujourd’hui celui qui voudra encore te buter demain.» Parmi les personnages secondaires, la servante chinoise, Lin, sort du lot pour éclipser tous les autres. Douée pour se faire respecter d’une simple menace formulée, et adepte de l'humour cynique. Efficace pour calmer les malfaisants.

Avec ce troisième tome, Ralph Meyer reste aussi dynamique dans sa façon de dessiner, avec des cadrages très cinématographiques, alternant les plans. Quel réalisateur serait le plus efficace pour adapter cette série au cinéma? La question mérite d’être posée. Dans l’attente d’une réponse, il faut savourer la lecture du nouvel opus d’une série qui renouvelle les codes du western. Noir et blanc n’ont pas leur place ici. Il n’y a pas de héros, comme dans la réalité de cet Ouest sauvage, sans doute.
Pour agrémenter la lecture de cette BD, nouveau coup de cœur de cet début d’année, pourquoi ne pas se passer quelques morceaux du groupe texan Ghoultown?  Drink with the Living dead , Bury Them Deep et Carry the coffin. Notamment.
Un «Ogre de Sutter Camp» dont l’épilogue est annoncé avec «L’ombre d’Hippocrate». Un épisode déjà attendu et qui permettra de répondre aux questions posées dans ce premier tome et de lever un coin du voile qui recouvre le passé d’Undertaker.
En guise de bonus à la première édition, les auteurs ont ajouté au récit un carnet graphique.

Philippe Degouy

«Undertaker tome 3. L’ogre de Sutter Camp». Dessin de Ralph Meyer, scénario de Xavier Dorison. Éditions Dargaud, 64 pages, 14 euros
Couverture : éditions Dargaud

Posté le 17 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Not Dead Yet», la bio de Phil Collins jouée en solo

Titrée non sans ironie «Not Dead Yet» (pas encore mort), l'autobiographie (publiée chez Michel Lafon) de Phil Collins nous invite à découvrir le portrait attachant et intime de l’un des meilleurs batteurs au monde. L'ouvrage se lit avec plaisir et raconte, sans rien enjoliver, un parcours qui fut loin d’être un long fleuve tranquille. Le succès peut faire tourner la tête et entraîner un homme vers le fond. Cette expérience dramatique, Phil Collins peut en témoigner. Avec une vie privée pour le moins chaotique, la maladie et des soucis d’alcool qui ont failli nous priver d’un batteur de génie.
«Avant de penser à demain (aux futures tournées), il faut se souvenir d’hier. Comment en suis-je arrivé là, et pourquoi? Ce livre raconte ma vérité. Sur ce qui s’est passé, ce qui ne s’est pas passé. Je m’appelle Phil Collins et je suis batteur. Je sais que je ne suis pas indestructible. Voici mon histoire

Dès les premières pages, le lecteur est pris par le récit, par le ton amical employé par l’auteur. Qui se raconte simplement, comme il le ferait avec un ami. On le suit depuis ses débuts de batteur, encore enfant. On assiste à ses rencontres majeures pour sa carrière. On découvre sa passion pour le jeu de Ringo Starr et de Charlie Watts. Ses débuts comme chanteur au sein de Genesis, pour succèder à Peter Gabriel. 
Une autobiographie ponctuée de nombreux clichés, dont le plus beau sans doute : celui qui ouvre le livre. On y voit Phil Collins, photographié de dos, bras écartés, baguettes en main, face à son public plongé dans la pénombre.

PhilcollinsUn récit où l’humour n’est pas absent. Comme lors de ses rencontres avec la famille royale britannique, dignes de sketches à la mister Bean. Notamment, raconte-t-il, lors de ce concert intimiste donné pour l’anniversaire du prince Charles et durant lequel il ne joue que des chansons relativement tristes et liées à la séparation. Sans savoir que le couple Charles et Diana est déjà un échec et prêt à se briser. Drôle aussi son explication de texte pour le tube «In the Air tonight», succès international en quatre accords. Une chanson décortiquée, analysée par des «spécialistes» au même titre que le tube des Eagles «Hotel California». Beaucoup de bruit pour une «production à 99,9% spontanée. Les paroles me sont venues de nulle part.» D’autres chansons composent la bande son de cette biographie. «Against all Odds», «No Jacket Required», «Mamma», «Another Day in Paradise» ou «You’ll be in my Heart». Notamment.

De cette lecture ressort le côté humain de la star. Jamais l’artiste ne cherche à se mettre en avant malgré ses décennies de carrière et plus de 250 millions d’albums vendus. De quoi assurer une aisance financière, mais pas de protéger des excès ou des drames. «J’ai dû attendre 55 ans pour devenir alcoolique. Soudain, j’ai eu trop de temps pour moi

Une biographie qui pourrait se résumer au titre de la campagne 2016 pour promouvoir la réédition des albums : «Take a look at me now». Aujourd’hui, l’artiste est encore fragile, après ses multiples ennuis de santé, mais pas «encore mort». La Camarde a déjà fauché beaucoup trop d'artistes l'an dernier, elle attendra.

 «Je fais partie de ceux qui ont de la chance (…) J’ai traversé la fièvre des sixties, les hallucinations des seventies, la gloire des eighties et le déchirement des nineties

Philippe Degouy

«Phil Collins. Not Dead Yet. Autobiographie». Éditions Michel Lafon, 400 pages, 23,70 euros
Couverture : éditions Michel Lafon

Posté le 17 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

À la table d’Auguste Escoffier, roi des cuisiniers

Auguste Escoffier? Faut-il vraiment présenter le chef des chefs? Celui que l’on a surnommé roi des cuisiniers. Son ombre, immense, plane sur «La cuisine d'Auguste Escoffier» (éd. Michel Lafon), très beau livre présenté par deux chefs actuels, Christian Constant et Yves Camdeborde. Le juste hommage à celui qui a tant apporté à la profession, à notre façon de cuisiner.
Un héritage présent dans les cuisines de tous les grands restaurants. L’organisation de brigades, c’est son idée, tout comme la répartition du travail en parties et des recettes devenues classiques. Comme les crêpes Suzette, la pêche Melba ou la crème Agnès Sorel.

On savoure avec délice le chapitre biographique qui ouvre ce gros livre prometteur de plaisir. Pour redécouvrir le parcours particulier de ce maître de la gastronomie française qui, au départ, ne se destinait pas à la grande cuisine mais aux Arts. Jeune, il se voyait en effet comme sculpteur. Un cuisinier capable de réussir des merveilles en cuisine. Une anecdote raconte comment il a réussi, un jour, à compenser un manque de poissons pour le menu par un autre produit «bien camouflé». Escoffier? Pas le genre à s'embrocher sur une épée pour une déconvenue. L’anti-Vatel, comme le soulignent les auteurs. En cuisine, «il ne faut jamais perdre la tête, même dans les plus grandes difficultés.» Tel était son credo, à retenir comme «le» conseil à retenir face à une recette ratée.
Un chef capable de composer des recettes pour tous les budgets, fervent partisan du bon produit, adepte de la politique anti-gaspillage. Les clichés reproduits dans le chapitre biographique permettent de retrouver le maître, de le découvrir au travail ou en privé. Savoureux sont aussi ses menus de festins, reproduits au fil des pages. 
Pour la petite digression, on imagine à la table du chef des bons clients comme Bernard Blier, Lino Ventura, Gérard Depardieu ou un Jean Gabin pour fermer le ban.
ESCOFFIER «Pour qu’un peuple ait une bonne cuisine, il faut aussi qu’il ait un long passé de vie courtoise qui fait apprécier la fête d’un bon repas pris entre amis. Dans le renom de notre cuisine, je veux voir une preuve de notre civilisation» déclarait Auguste Escoffier dans ses «Souvenirs culinaires».

La seconde partie du livre reprend quelque 600 recettes «nettoyées et remises au goût du jour» par Christian Constant et Yves Camdeborde. On reste sans voix devant ces bonnes choses à cuisiner et à savourer. Mais pas seul, car le plaisir de bien manger se partage. Les recettes sont classées par genre, des potages aux desserts en passant par les poissons, les sauces, le gibier, les fruits et légumes etc.
On ne dirait pas non à une assiette de gnocchis au gratin, de fondus au parmesan. Pour débuter. Avant de goûter à cet aspic de foie-gras sur socle et ces rognons d’agneau sautés aux champignons. Ajoutez donc, pour goûter, un peu de ce faisan à la crème et deux ou trois cailles au raisin.

Seul petit bémol à ce gros volume dédié à ce cher plaisir de la table, l’absence de photos pour les recettes présentées. Soit, mais pas de quoi nuire à notre enthousiasme, ni nous couper l’appétit. Un glossaire présent en fin d’ouvrage reprend et explique certains termes usités, parfois abscons. Vous saurez ce qu’est une crépine, comment préparer un beurre maître d’hôtel comme un chef, trousser une volaille, vanner etc...

Philippe Degouy

«La cuisine d’Auguste Escoffier. 600 recettes du père de la gastronomie française», par Christian Constant et Yves Camdeborde. Éditions Michel Lafon, 324 pages, 30 euros environ
Couverture : éditions Michel Lafon

Posté le 16 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«Defcon One», le noir et blanc lui va si bien

Pour les 70 ans de missions (réussies) du colonel Buck Danny, la maison Dupuis a voulu lui offrir un cadeau digne de son prestige. Non pas le passage de la patrouille des Blue Angels, mais ni plus ni moins qu’une version luxueuse, et en noir et blanc, de l’album Defcon One. Force est de constater que le résultat ne risque pas de décevoir ses fans. Un bien bel objet, présenté avec une couverture renforcée, des planches imprimées sur du papier luxueux et une couverture qui fait honneur au pilote. Dans la version colorisée, c’est Sonny Tuckson qui reçoit, une fois n’est pas coutume, les honneurs de la couverture. Ici, son supérieur et ami reprend sa place de leader.
BUCKDANNYNOIRETBLANCL’histoire en quelques lignes ? La tension règne entre la Chine et les Etats-Unis. En cause, les agissements criminels de Lady X, chargée de provoquer une guerre entre les deux pays. Grâce aux ressources du groupe nationaliste japonais Yamasaki et l’usage de chasseurs stealth Spectre. À bord du porte-avions Ronald Reagan, Buck Danny, Sonny Tuckson et Jerry Tumbler n’ont que peu de temps pour empêcher le déclenchement d’une guerre totale. Outre la menace incarnée par l’organisation criminelle de Lady X, les Américains sont pris dans un ouragan de grande ampleur. Avec un coup d’avance, Lady X réussit à lancer ses missiles sur le Ronald Reagan et sur l’équivalent chinois, le Liaoning. Les Américains déclenchent alors le statut de Defcon 1, soit l’état de guerre. Buck réussira-t-il à neutraliser Lady X avant l'affrontement final?

Plus que jamais, les récents scénarios de Buck Danny, imaginés par Frédéric Zumbiehl, collent à la réalité géopolitique. Avec quelques coups de canif à la vraisemblance, mais bon, on est dans le monde de la bande dessinée. Tout est permis, ou peu s’en faut. Ce tome réserve de nombreuses scènes d’action, pour le moins époustouflantes. Les amateurs de jets vont savourer la présence des Super Hornet, des Spectre de Lady X ou des Shenyang J-15 chinois qui occupent l'espace aérien de cette aventure.
Une scène de l’album prouve que les auteurs de BD ont le droit, eux aussi, de se faire plaisir avec du grand spectacle. Il s'agit de celle où le porte-avions Ronald Reagan, touché par un missile, est propulsé par les réacteurs de 40 chasseurs disposés sur le pont d’envol. On imagine sans peine la scène au cinéma. Elle aurait de la gueule, avouons-le.

Defcon-oneNOIRETBLANCSi l’intrigue se révèle bien ficelée, parfois avec plus de grosse corde que de ficelle, le dessin n’a pas à rougir. Dans cette version dépouillée de ses couleurs, le lecteur peut apprécier davantage le dessin ultra précis de Gil Formosa. Son souci du détail dans le rendu des appareils ou des tenues de pilote. Ces planches en noir et blanc sont dignes d’être encadrées. Superbes. Au fil de la lecture, on pense souvent à celles de Jijé, même si les siennes étaient plus contrastées, avec des noirs très profonds.

Gil Formosa et Frédéric Zumbiehl qui relancent également, en guise de clin d’œil, l’éternel débat sur les relations troubles entre Buck Danny et Lady X. Non sans humour. Sont-ils amoureux? Ou pas? Quand Lady X invite Buck à goûter avec elle au côté obscur («vous pourriez aller très loin Buck»), Buck reste insensible à ses avances. Et la défie dans un trait d'humour au vitriol.

Sans trahir le scénario, il va de soi que la belle ne sera pas encore capturée cette fois-ci. En fuite vers un repaire secret, la belle ne rêve que d'une revanche sur son «cher» Buck Danny. «D’une façon ou d’une autre.» Sur ce point, on peut lui faire confiance, la criminelle a plus de ressources qu’un cobra pour neutraliser son adversaire.

Après une lecture de la version colorisée, la découverte de cet album en noir et blanc apporte de nouvelles surprises et permet de découvrir des détails passés inaperçus. Un beau livre qui sera à vous pour soixante euros. Oui, les belles choses ont un prix.

«Appel général, ceci n’est pas un exercice. Le colonel Buck Danny est appelé sur le pont d’envol! On signale l'arrivée d'étranges oiseaux noirs

Philippe Degouy

«Defcon One», dessin de Gil Formosa, scénario de Frédéric Zumbiehl. Éditions Dupuis, 48 pages, 60 euros
Couverture et illustration: éditions Dupuis

Posté le 16 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Oiseaux noirs dans un ciel d'orage

Septante ans de missions (réussies) pour le colonel Buck Danny. L'exploit méritait bien une récompense. La pension? Un mot qui n’est pas dans le vocabulaire du vétéran. De plus, comme le souligne son ami et équipier Sonny Tuckson, «le vieux est toujours dans une sacrée forme.» Du Pacifique à l’ère de la cyberguerre en passant par la Corée ou le Vietnam, le pilote a tout connu. Il a volé sur tout ce qui porte les cocardes américaines.
Pour fêter cet anniversaire, les éditions Dupuis publient «Les Oiseaux noirs». Un album débuté en 1988 et resté inachevé à la mort de son scénariste, Jean-Michel Charlier. Seize pages étaient prêtes, restées sans suite jusqu'à aujourd'hui. Francis Bergèse, le dessinateur qui a accompagné Jean-Michel Charlier dès le tome 41, a relevé le défi de terminer cette aventure. En souvenir du bon vieux temps. Force est de constater que le résultat répond aux attentes, avec le concours de Patrice Buendia et Frédéric Zumbiehl au scénario.

BUCKDANNYOISEAUSNOIRSLes lecteurs fidèles à la série «historique» retrouveront leurs marques et tous les ingrédients présents à l’ère Charlier. De charmantes espionnes au service des rouges, un adversaire soviétique retors, des scènes aériennes ambitieuses et les numéros burlesques d’un Sonny Tuckson toujours en pleine forme. Un chien fou qui assure le spectacle dans «Les oiseaux noirs» sur fond de folklore japonais. L’humour, toujours, avec des scénaristes qui ont voulu marquer de leur empreinte le scénario rapporté. On y retrouve ainsi Ernest Laverdure en version made in USA. Petit clin d’œil de Patrice Buendia à la série concurrente, Tanguy et Laverdure, qu’il scénarise habituellement. Par contre, le fait d’avoir donné les traits de Laurel et Hardy à deux ingénieurs de chez Lockheed semble quelque peu osé. Les scénaristes sont taquins. Soit, acceptons la blague.
Quant à ces oiseaux noirs qui donnent son titre à l’album, ils se révèlent superbement mis en scène, avec le SR-71 Blackbird et le TR-1, version modernisée du fameux U-2 qui a fait les gros titres lors de l’affaire Gary Powers en mai 1960. Le scénario, très bien documenté, distille de nombreuses informations réelles, notamment les tactiques étudiées par les Mig-25 Foxbat pour tenter d’abattre le SR-71, capable d’atteindre Mach3.

L’histoire en quelques lignes? Détachés au sein de la base secrète de Kadena AFB au Japon, Buck Danny et ses deux ailiers, Sonny Tuckson et Jerry Tumbler, sont chargés de piloter des avions espions au sein du 349e squadron de reconnaissance. Des vols de routine. Quand un territoire reculé de Sibérie semble soudain émettre d’étranges signes d’activité, la CIA réagit. Mais les satellites ne sont d’aucune utilité. Un satellite brouilleur soviétique empêche tout espionnage classique. La CIA décide alors d’envoyer les avions espions pilotés par Buck Danny et ses ailiers sur place. Pour ramener des images. Au Japon, les espions japonais au service des Soviétiques sont à l’œuvre et alertent l’ennemi des plans des Américains. Buck et ses amis réussiront-ils à éviter le piège tendu? N’en disons pas plus. Pour laisser le plaisir de lecture intact.

Cet album unique, indépendant de la série, doit se lire comme un cadeau d’anniversaire offert aux fans de Buck Danny et un hommage unanime à ses trois géniteurs : Georges Troisfontaines, Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier. Décernons la mention très bien à la couverture, qui est, à nos yeux, l'une des plus belles de toute la série. Pur avis subjectif, bien sûr.
Si tout se passe comme prévu, la suite (et fin) de cet épisode est prévue pour la fin de l’année, avec «Opération Checkmate».
Pour l’anecdote, la lecture de cet album peut s’accompagner de celle du tome 33 de la série, «Le mystère des avions fantômes», dans lequel apparaissent également ces avions espions.
Pour les collectionneurs, le Spirou magazine du 4 janvier avait consacré sa couverture aux 70 ans du héros américain.

Philippe Degouy

«Les oiseaux noirs», scénario de Jean-Michel Charlier, Frédéric Zumbiehl et Patrice Buendia. Dessin de Francis Bergèse. Éditions Dupuis, 48 pages
Couverture : éditions Dupuis

Posté le 16 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«People Bazaar», la fête jusqu'au bout de la nuit

Ce soir, préparez robe de soirée et smoking. Nous sortons. Avec Jean-Pierre de Lucovich. Le meilleur guide d'un monde de la nuit que nous ne fréquenterons jamais. Celui du beau monde. Son cadre de travail, arpenté pendant plus de cinquante ans, l’oreille dressée et le calepin de souvenirs en pogne. Comme un chien de chasse sur les traces de proies.
Avec «People Bazaar» (éd. Séguier), Jean-Pierre de Lucovich, qui fut journaliste pour «Paris Match», «Lui», «Playboy» ou «Vogue Hommes», relate ses plus belles rencontres. Et ses débuts à une époque, les années 60, où il ne fallait pas sortir d’une école de journalisme pour bosser. On apprenait sur le tas. Sous sa plume, c’est tout le carnet mondain de la jet-set qui défile. De quoi donner une nouvelle définition au mot excentricité. Et donner envie de rire face aux petits joueurs d’aujourd’hui, qui pensent laisser une trace. Mais, comment pourraient-ils lutter face à des pointures comme Maurice Ronet, Serge Gainsbourg ou Dennis Hopper? Des cadors, capables d’user plus d’un serveur de boîte de nuit à coup de tournées générales. Pour son boulot de journaliste, Jean-Pierre de Lucovich a éclusé tous les endroits qui composaient cette vie nocturne racontée chapitre après chapitre. De Castel à Régine, en passant par les endroits les plus interlopes de New York ou de Londres. Sa tenue de travail? Smoking et cigare. Oui, ses nuits furent plus belles que nos jours.

PEOPLE BAZAARSexe, drogues et rock’n roll n’est pas seulement le titre d’une chanson. C’était aussi un style de vie dans les années 60, 70 et 80.
À la lecture de l’ouvrage, illustré de nombreux clichés, on a parfois l’impression d’être dans un film de Scorsese ou de Brian de Palma. On y rencontre de sacrés personnages. Déjantés, troubles voire brûlants. Comme Xaviera Hollander, la Madame Claude hollandaise dont les exploits sexuels feraient rougir un régiment de paras.

Un âge d’or de la vie nocturne raconté avec humour par un auteur qui a le don d’entraîner son lecteur d’un chapitre à l’autre, sans répit. Un conseil : ne débutez pas ce livre en fin de journée, vous y passerez la nuit. Sa lecture est addictive et le ton de l’auteur plutôt acide. Son portrait de Las Vegas, par exemple, est un petit bijou de peinture sociale. Celui qui a déjà visité cette ville de carton-pâte retrouvera ce qu’il a vu et vécu au sein de ce Disneyland du jeu.
Force est de constater que l’auteur a pleinement profité d’une époque où tout était permis, ou presque. Pour gagner des lecteurs, on y allait franco. Pas de politiquement correct pour casser l’élan des journalistes. Qui pourrait se vanter aujourd'hui d’avoir visité, comme l’auteur, le musée de la brigade des mœurs et de la Mondaine? Un curieux cabinet de curiosités devenu aussi surveillé que Fort Knox. L’inventaire à la Prévert présenté par Jean-Pierre de Lucovich n’est pas pour les enfants. Au fil des pages, on s’attarde aussi, avec intérêt, sur le dossier Amanda Lear, toujours plongé dans le brouillard, artificiel, qui entoure cette personnalité. Si l’auteur connaît la clé du mystère, il ne la dévoile pas…tout à fait.
Des anecdotes croustillantes, le livre en contient des tonnes. Oui, on écouterait volontiers cet auteur raconter ses cinquante ans de souvenirs jusqu’au bout de la nuit, avec une bonne bouteille de champagne.

Son carnet mondain se révèle drôle, émouvant ou surprenant. Beaucoup de noms sont sur des tombes aujourd’hui. Maurice Ronet,  Françoise Sagan, Carlos, Coluche, Dali, Dalida, Warhol, Roger Thérond….ou Thierry Le Luron dont le souvenir flotte sur ce livre de souvenirs. C’est avec un stylo offert par l’humoriste pour son anniversaire que l’auteur a rédigé ce livre.

Philippe Degouy

«People Bazaar. Souvenir d’un infiltré dans le beau monde 1950-2000», par Jean-Pierre de Lucovich. Séguier éditions, 592 pages, 22 euros
Couverture : éditions Séguier

Posté le 14 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Vaisseaux spatiaux, ces vecteurs de rêves de conquête spatiale

Avouons-le, notre regard se lève souvent vers les cieux, vers cette terra incognita qui nous laisse songeurs et alimente nos rêves. Qu’allons-nous y trouver en poursuivant la conquête spatiale? Et qui? 
«Les planètes et les étoiles continuent de fasciner le grand public» explique Ron Miller, auteur-illustrateur qui a occupé les fonctions de directeur artistique au musée national de l’Air et de l’Espace à Washington (une merveille qu'il faut visiter, ndla). Son beau livre «Vaisseaux spatiaux. Une histoire illustrée du réel et de l’imaginaire» (éd. Hors Collection) se révèle comme un étonnant coffre aux trésors. On y trouve tout ce qui a volé dans l’espace. Réellement ou via l’inventivité de cinéastes et d’auteurs passionnés eux aussi par cet infini qui nous entoure.
Vaisseaux spatiauxOn y retrouve notamment les premiers projets de vaisseaux spatiaux, l’histoire des avions-fusées de la Seconde Guerre mondiale, celle des fusées V2, ancêtres des fusées russes et américaines, ou l’évolution étonnante des combinaisons spatiales. «L’ouvrage tente d’évoquer la complexité de l’histoire des vaisseaux spatiaux et la diversité des idées qu’elle génère» explique Ron Miller dans son avant-propos.
Chapitre après chapitre, le lecteur découvre quantité de concepts d’engins spatiaux, devenus réels ou qui n’ont pas quitté la planche à dessin. Sans oublier les vues d’artiste et les engins popularisés par le cinéma, à tel point que l’on oublie parfois qu’ils n’ont jamais vu l’espace. Comme le vaisseau Enterprise de la saga Star Trek. Séquence émotion également avec ce chapitre dédié à la défunte navette spatiale américaine, désormais reléguée au musée et qui a émerveillé toute une génération de gamins dans les années 80 et 90.

Un ouvrage qui n’oublie pas de rappeler le rôle joué par les animaux dans la conquête spatiale. Les singes, et ceux qui devaient les remplacer, des cochons. Car ceux-ci ont une masse qui s’approche de celle du corps humain.
Formidablement illustré de dizaines de clichés, de reproductions de plans ou d’extraits d’œuvres de fiction, voilà un album indispensable. Une pépite qui se lit, se relit avec le même plaisir, passeport pour le rêve d'un séjour spatial. Avec la présentation de ces engins imaginés pour aller encore plus loin dans le cosmos. Mars, mais qui n’est qu’une étape vers une marche en avant limitée presque exclusivement par les moyens financiers à trouver. Mars, mais aussi la Lune, cet astre qui n’a pas livré tous ses secrets et qui pourrait accueillir une colonie humaine permanente, comme tremplin vers les confins du cosmos.
Comme l’auteur le précise en guise de conclusion, «ce livre est dédié à tous les utopistes et ingénieurs qui imagineront les vaisseaux spatiaux du futur.» Le chemin est encore long et semé d’embûches, pour la conquête de Mars comme pour d'autres projets présents dans les cartons. De nombreuses pages blanches sont encore à noircir dans l’histoire des vaisseaux spatiaux. Mais nous y arriverons. Nous le devons. Pour donner raison au physicien russe Konstantin Tsiolkovski qui déclarait en 1911 : «la Terre est le berceau de l’Humanité, mais nul ne peut vivre dans un berceau pour toujours

Philippe Degouy

«Vaisseaux spatiaux. Une histoire illustrée du réel et de l’imaginaire», par Ron Miller. Éditions Hors Collection, 260 pages, 42 euros
Couverture : éditions Hors Collection

Posté le 14 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Philip K. Dick, graine d’étoile devenue supernova

«Ma vie est identique à l’intrique de dizaines de romans ou nouvelles que j’ai pu écrire» écrivait l’auteur américain Philip K. Dick. Drôle de personnage que cet auteur schizophrène depuis ses 15 ans, mort des suites d’une crise cardiaque dans son modeste appartement de Santa Ana en Californie. Même sa mort, décrite sept ans auparavant dans une lettre adressée à un ami, est étrange. Né en 1928, mort en... 1982.
Un auteur méconnu du grand public, sans doute jugé inaccessible par beaucoup. Pourtant, l’adaptation de ses romans a donné lieu à des films majeurs. Vus et revus. Que l’on pense à Blade Runner, Total Recall ou Minority Report. Notamment.
Mais qui était l'homme derrière ces romans ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Anthony Peake avec «Philip K. Dick. L’homme qui changea le futur» (éd. Hugo Doc). Une biographie articulée autour de la personnalité de PKD et de ses troubles.

PHILIPKDICKL'ouvrage est divisé en deux parties. La première, classique, retrace les grandes étapes de sa vie. La seconde est axée sur les expériences vécues par l’auteur. Vécues ou inventées ? «Je suis le protagoniste d’un livre de Philip K. Dick» disait-il. Un homme qui se souvenait de ses voyages dans le futur, de ses multiples personnalités.

Dans l’un de ses chapitres, Anthony Peake souligne que «PKD a longtemps été attiré par l’idée d’être spécial». Ses multiples théories ésotériques, farfelues, et l’étude de sa personnalité le démontrent aisément. Spécial, sans nul doute, mais aussi génial. Ses romans restent immortels et se voient adaptés, aujourd'hui encore, comme Le maître du haut château (prix Hugo en 1963) ou Ubik, dans lequel il prédisait l’invention de la tablette informatique, présente dans toutes les mains aujourd’hui.

L’un de ses sujets favoris, parmi ceux relatifs à l’identité ou aux mondes parallèles, concernait la notion de réalité. Ou plutôt l’illusion de choses réelles. Il aurait certainement apprécié notre époque où des millions de gens ne distinguent plus ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. Il suffit d’observer, non sans effroi, ces drôles qui recherchent des personnages Pokemon, fictifs, dans des décors réels, le nez plongé sur leur smartphone. Ces gens et les adeptes de jeux vidéo, peuplés d’avatars, ne sont en fait que les enfants de Philip K. Dick, oserait-on écrire.

Pour l’Américain, «la réalité est celle qui, quand on cesse d’y croire, ne part pas en fumée». Un auteur pour le moins atypique que l’on découvre mieux au fil des pages, avec de nombreuses citations, des témoignages sur son œuvre ou ses pensées. L’auteur conclut son ouvrage en soulignant que l’œuvre de PKD dépasse le cadre de la science-fiction. Il appartient, dit-il, au cercle des meilleurs romanciers américains. Lui, l’auteur prolifique de 44 romans et quelque 120 nouvelles.
Pour celui qui souhaite entrer en «Dickerie», cet essai constitue un accès abordable vers un univers déjanté, qui fait tourner la tête, bien souvent.

En ce début de millénaire, «Philip K. Dick nous observe-t-il ? Est-il allongé dans son lit en une belle journée californienne de 1975, dans un état de semi-rêve, en train de regarder l’état du monde en 2016

Philippe Degouy

«Philip K. Dick. L’homme qui changea le futur», par Anthony Peake. Préface de Bernard Werber. Éditions Hugo Doc, 264 pages, 19,50 euros
Couverture : éditions Hugo Doc

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