Journaliste financière désespérée
Jeudi 10 avril - 14h15
Elle est clinquante chez Fortis, arrosée chez InBev, spartiate chez Colruyt, mais dans tous le cas incontournable. Elle, c’est l’assemblée générale des actionnaires. LE rendez-vous annuel que le conseil d’administration fixe à ses porteurs de titres.
Pfff. Rien que d’évoquer cette nouvelle saison des ag, je baille déjà d’ennui. Pourtant, cela fait partie de mon « job description » d’être vos yeux et vos oreilles. De traquer la moindre information pour vous. Vous qui n’avez pas encore le don d’ubiquité pour assister en même temps aux grand-messes de KBC et d’UCB. Vous, dont les investissements boursiers ne vous permettent pas encore de dire bye-bye à votre employeur et d’assister à une ag, fort opportunément convoquée à 11H. Une heure où toute la population active n’a justement rien d’autre à faire que d’écouter un président lire un rapport publié depuis des lustres sur le net, présenter des résultats annuels décortiqués depuis des semaines, dénombrer les pour, les contre, les abstentions...
Oui, je baille déjà d’ennui. Et pourtant, je fais figure de vieille ringarde parmi mes collègues, car les assemblées, je les défends. Aprement. Je plaide leur cause auprès des plus jeunes. « C’est une occasion de discuter avec le management, de glaner des perspectives, de sentir le pouls des dirigeants, d’examiner leur manière de fonctionner ». Je le leur répète à l’envi. Mais rien n’y fait. C’est en traînant des pieds qu’ils vont prendre leur place dans les amphithéâtres, piquant un petit somme dès qu’on tamise la lumière, pour se réveiller sous les vivats des actionnaires à l’évocation du dividende.
Bon, d’accord, je force un peu le trait. Chez Fortis, ils iraient plutôt à deux que seul. Même chose chez Agfa. Car il y flotte un petit air de rébellion. Mais deux assemblées sur toute la saison, ça ne pèse pas bien lourd. Alors aujourd‘hui, c’est à vous Monsieur Le Législateur que je fais appel. Soutenez-moi dans mon évangélisation des impies. Dépoussiérez-moi ces petites sauteries. Osez le virtuel. Dite oui à la simplification administrative.
D’avance, merci.
Une journaliste financière désespérée.


Il ne faut pas désespérer.
Et le travail que vous faites est très important.
C'est quand les dirigeants savent qu'ils sont suivis par des spécialistes qu'ils feront un effort pour devenir plus transparents.
Réaction de Paul-Emile Dieudonné | 12 avril 2008 à 11:56
Je ne peux que souscrire à ce que Paul-Emile Dieudonné a écrit!
On a besoin de vous!
Réaction de EMR | 14 avril 2008 à 11:21