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Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 22 novembre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Ces firmes de THF qui se tournent vers le bitcoin

BitcoinDe plus en plus de firmes de trading à haute fréquence se tournent vers le trading de bitcoins. L'agence Bloomberg souligne que cinq des plus grandes firmes de THF négocient déjà actuellement cette cryptomonnaie. Il s'agit de DRW, Jump Trading, Tower Research Capital, Hudson River Capital, et Susquehanna International. Business Insider ajoute à cette liste DV Trading et Henmeyer Trading & Investment.

La volatilité très élevée de cette cryptomonnaie, qui peut progresser de 20% un jour, pour en perdre 40% le lendemain, attire les firmes de THF en proie à une faible volatilité sur les marchés d'actions et autres classes d'actifs. Les revenus des firmes de THF ont fortement baissé à cause de celle-ci. Tabb Forum avait calculé qu'entre 2009 et 2016, les revenus de trading sur les actions des firmes de THF ont diminué de 85%, passant de 7,2 milliards de dollars à 1,1 milliard de dollars. Tabb Forum prévoit même que ces revenus chutent à 900 millions de dollars à la fin de cette année 2017.

DRW est l'une des premières firmes à se lancer dans les cryptomonnaies. En mars 2015, la société a acquis 27000 bitcoins lors d'une vente aux enchères  organisée par le gouvernement américain. Les bitcoins avaient été confisqués à Ross Ulbricht, le fondateur du site Silk Road, aussi appelé "supermarché de la drogue".

Depuis 2014, DRW, via une filiale appelée Cumberland Mining, achète et vend du bitcoin. Elle dispose de 12 à 15 employés pour le faire. Cumberland Mining vient récemment de recruter un ancien trader de swaps de Goldman Sachs pour l'aider à construire un système de trading sur la cryptomonnaie. Car actuellement, elle reçoit par téléphone ou email les ordres d'achat et de vente pour la monnaie virtuelle. Henmeyer Trading cherche aussi à developper son système de trading.

Beaucoup de firmes de THF se tiennent à l'écart du bitcoin car celui-ci n'est pas négociable sur une plateforme de transactions régulée. Toutefois, le Chicago Mercantile Exchange a annoncé qu'il va proposer des futures sur le bitcoin, ce qui devrait pousser les firmes à davantage négocier la monnaie virtuelle.

Posté le 2 novembre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Au moins dix SI

Selon Bloomberg, dix sociétés ont déjà confirmé leur intention de lancer un Systematic Internaliser (SI) avec la mise en vigueur de la directive MiFID2. Parmi celles-ci, on retrouve bon nombre de banques qui exploitaient un Broker Crossing Network, une catégorie de marché non régulé qui doit disparaître avec le changement de régulation. Goldman Sachs, UBS, Deutsche  Bank et JPMorgan Chase sont les premières banques à annoncer lancer leur SI pour les actions. D'autres noms doivent encore tomber, selon l'agence d'informations financières. Nordea Bank, Mizuho International, UBS et Deutsche Bank veulent lancer également un OTF (Organised Trading Facility) pour les obligations, et Nordea et UBS envisagent d'opérer un OTF pour les dérivés sur taux d'intérêt et le change et les dérivés en actions respectivement. Les OTF sont une quatrième catégorie de marché créée par MiFID2 pour faciliter les transactions sur les obligations, les devises, et les dérivés, qui se traitaient jusqu'à présent majoritairement de gré à gré. Ce type de marché exige au moins trois contreparties différentes selon la législation.

Virtu Financial a indiqué lancer aussi son SI en 2018, en même temps que cinq autres firmes de trading. Selon Bloomberg, Jane Street sera le premier à opérer un SI sur les ETF (fonds indiciels)  mais aussi les actions. Sun Trading International, XTX Markets et Citadel Securities figurent parmi les autres candidats au SI. Toutes les firmes de trading ne viennent pas avec la même expérience dans cette aventure. Certaines ont, comme les banques, tenu un Broker Crossing Network, et savent donc comment organiser un marché. D'autres n'ont que leur expérience de teneur de liquidité, et fonctionnaient en vase clos jusqu'à présent. Dans le cas de Virtu Financial, il lui a fallu s'associer avec QuantHouse pour pouvoir faire le lien avec les firmes d'investissement. Toutefois, Bloomberg souligne que les sociétés de trading amstellodamoises Flow Traders et Optiver ne veulent pas lancer de SI. Le sujet divise la communauté.

Pendant ce temps-là, les Bourses et les MTF mettent le paquet sur les transactions Large-In-Scale et les enchères périodiques. CBOE Europe Equities (le nouveau nom de BATS Chi-X Europe), a annoncé ce mercredi avoir finalisé le déploiement de son software au sceau de MiFID2, pour inclure toutes les fonctionnalités nécessaires pour sa clientèle afin de se conformer aux exigences de reporting de transactions de la directive. Le London Stock Exchange lance les mêmes services que le MTF. Les autres Bourses ont aussi adapté leur infrastructure pour respecter les règles de reporting de la législation. "Grâce à ce reporting des transactions, on va savoir quelle proportion des ordres vont passer sur les SI, et aussi quelle est la taille des transactions de gré à gré" a souligné un acteur des marchés.

Mais les Bourses ne sont pas ravies de voir se développer les SI, soumis à des règles plus souples concernant le pas de cotation. Elles craignent que les SI ne viennent siphonner davantage les volumes de transactions, avec en conséquence une augmentation des spreads.

 

Posté le 1 novembre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Qu'est-ce qu'un SI?

Les Systematic Internalisers (SI) vont prendre de l'ampleur après le 3 janvier 2018 selon la plupart des experts. Cette catégorie de marché, qui dispose d'un cadre légal depuis novembre 2017, date d'entrée en vigueur de la directive MiFID, n'a jusqu'à présent pas été très employée car les transactions sur les actions en Europe ont eu tendance à migrer vers le gré à gré, échappant à toute régulation, et vers les Brokers Crossing Networks, beaucoup moins régulées que les SI.

Sous MiFID1, un SI est défini comme "une firme d'investissement qui de manière régulière et organisée, négocie à son propre compte les ordres de ses clients en dehors d'une Bourse ou d'un MTF" . La firme d'investissement n'utilise pas un système de trading multilatéral.

Les SI ne doivent pas répondre aux mêmes exigences que celles pour les Bourses et les MTF, à commencer par la règle des pas de cotation (tick size rule). Ils disposent de plus de flexibilité par rapport au pas de cotation. Par exemple, si les Bourses et les MTF s'accordent pour fixer le pas de cotation de 48,00 à 48,01 EUR pour une action, un SI est libre de proposer un pas de cotation à une décimale en dessous, de 48,001 à 48,009 EUR. Résultat, un SI peut proposer davantage de transactions qu'une Bourse sur un titre, un avantage qui est régulièrement dénoncé du côté des acteurs comme les Bourses.

En outre, les transactions qui sont passées sur les SI ne sont pas obligées d'être soumises au calcul des 8% ou 4% des volumes de transactions maximum qui prévaut pour les dark pools à partir du 3 janvier 2018. Autrement dit, si le volume de transaction sur un SI dépasse ce seuil, les transactions ne sont pas arrêtées.

Plusieurs observateurs des marchés regrettent cette différence de régime. Certains s'inquiètent d'une fragmentation encore plus poussée des marchés d'actions européens, mais surtout de l'opacité vers laquelle ceux-ci se dirigent. "Cela va à l'encontre des principes de MiFID" souligne un participant de marché.

Mais tout le monde ne voit pas cette évolution négativement, puisque dans le secteur des traders à haute fréquence, certains vont lancer leur propre SI. "La communauté est divisée autour des SI" indique un observateur du milieu qui a souhaité rester anonyme. Virtu Financial fait partie des firmes de HFT qui vont lancer leur SI. Elle a annoncé qu'elle va s'enregistrer comme SI à partir de 2018. QuantHouse, une firme de services financiers, a indiqué que la firme va utiliser ses services QuantFeed et QuantLink. "QuantHouse va faciliter la mise en relation entre la communauté financière et Virtu Financial" explique Stéphane Leroy, co-fondateur et chief revenue officer de QuantHouse. "Grâce à cet accord, quiconque parmi les firmes d'investissement dans un centre de données à Londres ou partout ailleurs peuvent facilement avoir accès au SI de Virtu Financial" ajoute-t-il.

"Personne ne sait ce qui va se passer après le 3 janvier 2018 ni quel sera l'impact des SI. On ignore comment les SI vont s'intégrer entre les Bourses et les MTF" relève Stéphane Leroy."Mais on voit des nouveaux entrants comme Virtu Financial experts de la technologie, capables d'adapter leur technologie. Il va notamment pouvoir adapter le tick size là où d'autres acteurs resteront prisonniers à cause d'une technologie moins flexible" pointe-t-il.

 

 

Posté le 31 octobre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des exigences en capital qui inquiètent le HFT

Belgaimage-18218382-fullParmi les dispositions que la nouvelle directive MiFID2 va apporter, une règle inquiète particulièrement le milieu des traders à haute fréquence, mais aussi les Bourses. La directive veut que les firmes de trading à haute fréquence se soumettent aux exigences de fonds propres définies dans la directive CRD-4, qui couvre en principe le secteur bancaire. En vertu de celle-ci, les firmes devront limiter leur levier à 3 fois leurs fonds propres (en principe, cela ne devrait pas leur poser de problèmes, car les firmes de HFT n'utilisent pas de levier), maintenir un niveau stable de fonds propres  et des fonds propres pondérés au risque.

"Comme les firmes de trading à haute fréquence sont flat à la fin de la journée (càd, elles ont liquidé toutes leurs positions), les exigences de fonds propres vont rendre leur activité plus onéreuse. Alors elles vont devoir réduire leur activité pour compenser ces coûts supplémentaires" souligne un acteur des marchés qui a souhaité rester anonyme.

Du côté de la FIA Epta, qui défend les intérêts de 29 firmes de trading en Europe, le vice-président Mark Spanbroek regrette que les régulateurs assimilent les firmes de trading pour compte propre à des banques. "Nous ne sommes pas exposés au flux de consommateurs comme les banques" indique-t-il. "Si une banque fait faillite, les Etats et la BCE viennent à sa rescousse pour la sauver, ce n'est pas notre cas. Nous disposons de services de compensation, de gestion de risque et d'un niveau de barrière de sécurité. Si un de nos membres fait faillite, les 28 autres vont remplir le trou qu'il crée sur le marché. Nous avons pu l'observer avec Timber Hill. Les autres firmes ont pris le relais" ajoute-t-il. Il rappelle que les firmes de trading sont soumises aux règles des chambres de compensation, qui peuvent exiger un haircut en cas de problème.

"Si on impose des exigences de fonds propres aux firmes de trading, cela va amener à une augmentation de 50 à 3000% leur besoin de capitaux. Pour certaines classes d'actifs, la liquidité va disparaître, car qui va vouloir ajouter 3000% de capitaux pour pouvoir négocier des titres? Dans ce cas-là, la volatilité va augmenter de manière exponentielle" craint Mark Spanbroek.

Selon lui, la Commission européenne doit recalculer ces exigences. Un rapport final est attendu en décembre.

Posté le 24 octobre 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Une base de données consolidées impossible en Europe?

Alors qu'aux Etats-Unis, les prix sur les différentes Bourses (14 pour les marchés d'actions) et marchés d'options sont repris sur une base de données consolidées (consolidated tape) depuis 2007, les marchés européens ne disposent pas d'un tel système, où chaque Bourse, chaque dark pools, chaque plateforme de transactions envoie ses données de marché moyennant rétribution.

Pourtant, l'European Securities and Markets Association avait appelé à la création d'une base de données consolidées en Europe. Mais le régulateur européen  a préféré laisser l'initiative au secteur privé. Thomson Reuters et Bloomberg avaient essayé de lancer leur propre base de données consolidées, mais les deux agences se sont heurtées à des problèmes de partage des données de marché. De plus, l'Esma confie l'initiative et la supervision de cette base de données consolidées au soin "des autorités nationales" précise un porte-parole. "A cause de leurs contraintes, les fournisseurs de données de marchés n'ont guère reçu d'incitant pour rendre possible une base de données consolidées. C'est le sentiment général" souligne Rebecca Healey, head of Market Structure chez Liquidnet. "Et cela, alors que les marchés d'actions européens risquent de devenir encore plus fragmentés" avec l'entrée en vigueur de MiFID2 le 3 janvier 2018, ajoute-t-elle.

MiFID2, pour rappel, va engendrer la disparition des Brokers Crossing Networks (BCN) après le 3 janvier 2018. Mais de l'avis de nombreux observateurs, les Systematic Internatisers (SI) vont prendre le relais. Cette catégorie de marché, définie sous MIFID1, permet à un acteur de marché d'internaliser ses ordres. Sous MiFID2, les transactions qui sont exécutées sous SI ne devront pas être comptabilisées et reportées comme sur les Bourses et les MTF (Multilateral Trading Facilities), alors les transations qui y sont exécutées ne devront pas être soumises à la limitation des dark pools (suspension de trading si le volume de transactions dépasse 8% des volumes sur les marchés, et 4% des volumes sur un titre). En  outre, les SI auront plus de flexibilité avec la tick size rule (voir final report ESMA/2015/1464, p.252-253) par rapport aux deux autres catégories de marchés d'actions."Les SI posent un vrai challenge. De nouvelles plateformes arrivent, même si le statut SI existe déjà. Il n'a pas été exploité jusqu'à présent. Avec la disparition des BCN, les courtiers n'auront d'autres choix que de se tourner vers les SI et cela  va  réinitialiser le dark trading" souligne Rebecca Healey.

L'analyste souligne que les participants de marché vont avoir des difficulté à savoir où leurs transactions seront executées. Une tuile, alors que les gestionnaires de fonds devront objectiver leurs coûts de transactions et fournir le détail de leurs transations à leur régulateur national. Une enquête de la Royal Bank of Canada auprès des gestionnaires de fonds européens a montré que 75% d'entre eux s'inquiètent de la liquidité sur les marchés européens après le 3 janvier 2018.

Rebecca Healey craint que les marchés d'actions ne deviennent encore plus opaques. "Une base de données consolidées aurait été une solution à ce problème, mais là, c'est trop tard. Les participants de marché vont devoir comprendre comment passer leurs transactions après le 3 janvier 2018 et ne pas attendre après une base de données consolidées. Ils vont devoir trouver une solution pour comprendre où la liquidité se négocie désormais" indique-t-elle.

Posté le 5 juin 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des données à la nanoseconde facile à superviser

Albert Menkveld, professeur de finance à la Vrije Universiteit Amsterdam, estime que les données à la nanoseconde de granularité peuvent être exploitées par les investisseurs et les régulateurs qui ne possèdent pas de programmes informatiques, ni d'infrastructures informatiques pour faire face au challenge du Big data.

Cela peut surprendre, car aujourd'hui les messages envoyés aux Bourses et plateformes de transactions peuvent s'effectuer à la nanoseconde. Les ordres de Bourse eux sont générés à la microseconde. Autrement dit, plus rapidement que le battement de cil. L'oeil humain ne peut pas détecter à lui seul les ordres de Bourse exécutés sur les marchés.

Albert Menkveld s'est penché sur des données de transactions du Nasdaq avec des horodatages à la nanoseconde (10-9 seconde). L'échantillon étudié porte sur 117 actions en octobre 2010. Chaque transaction a été notifiée par un horodatage, un prix, le nombre de titres négociés, et la nature des contreparties (s'il s'agit d'un HFT - trader à haute fréquence ou pas). Au total, 4,7 millions de transactions dans un intervalle de 4.143.136 millisecondes ont été étudiées par le professeur. Il compte qu'un cinquième de ces transactions tombe dans la milliseconde, mais il souligne que ces transactions appartiennent à des événements extrêmes, car sinon, il aurait eu à disposition 48.000 milliards de millisecondes de données.

Parmi les ordres passés à la milliseconde, la moitié est générée par du HFT selon le professeur. L'autre moitié vient d'acteurs qui n'appartiennent pas à la catégorie des HFT, qui soumettent des ordres de marchés en fonction des informations publiques ou d'opportunité d'arbitrage inter-marchés. Les non HFT attendent selon lui que le carnet d'ordres se remplisse à nouveau au prix qu'ils attendent.

Menkveld réfute l'idée qu'une guerre des algorithmes ait lieu sous la milliseconde et génère des instabilités de prix. Selon lui, ce sont les types d'ordres (ordres limites) qui provoquent de l'instabilité sur les prix des titres, car il rappelle que l'emploi des stop loss peut créer des pertes importantes pour les investisseurs. Ce ne sont pas les HFT qui emploient ces ordres.

Selon lui, disposer de données de marchés accompagnées de l'identité des contrepartie apporte beaucoup de résultats, et s'avère exploitable. La difficulté selon lui repose sur l'inclusion des données sur les cotations de prix, qui aurait considérablement alourdi l'échantillon étudié.

 

Posté le 23 mai 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

0,0027$ par action de profitabilité pour le HFT?

Greg Laughlin, un professeur d'astronomique et d'astrophysique de l'UC Santa Cruz, s'est penché sur la profitabilité de Virtu Financial, une firme de trading à haute fréquence. Virtu Financial, comme KCG (qui va bientôt fusionner avec elle) et Flow Traders sont cotées en Bourse. Leurs comptes de résultats trimestriels permettent de se faire une idée de leur profitabilité. Ainsi, on y apprend qu'en 2016, le bénéfice par action de Virtu Financial s'élevait de 0,82 dollar par action, pour une marge bénéficiaire de 31,9%. Celui de KCG s'élevait à 2,86 dollars par action, pour une marge bénéficiaire de 17,9%, et celui de Flow Traders (une firme basée à Amsterdam) à 2,02 euros par action pour une marge bénéficiaire de 37,6%. On peut en déduire que ces firmes sont rentables.

Greg Laughlin a analysé le prospectus de Virtu Financial que la firme a dû remettre à la Securities and Exchange Commission en vue de son introduction en Bourse. L'action de la société a démarré sa cotation le 16 avril 2015. Pour rappel, la firme avait choisi de postposer son introduction en Bourse en 2014, à cause de la mauvaise publicité que le livre "Flash Boys" a généré autour du trading à haute fréquence. En effet, en 2014, suite à la publication du livre de Michael Lewis, le thème s'est retrouvé sous le feu des projecteurs , comme le montre Google Trends.

HFTtrends

Le professeur a découvert que Virtu Financial dispose d'une filiale, Blueline Comm, qui exploite un réseau de pylônes  de communications entre Chicago et New York. Ce réseau consiste en une série de pylônes situés à distance de 62,6 kilomètres en moyenne de l'un à l'autre, et permet à Virtu d'obtenir des données de marchés (prix et flux de transactions) entre Aurora et Carteret en environ 4,7 millisecondes. Le réseau de Spread Networks, décrit dans "Flash Boys", affiche lui une latence de 6,65 millisecondes.

Greg Laughlin a calculé que Virtu Financial dégage 0,0027 dollar par action négociée. Il arrive ce résultat en comptant que la firme reconnaît que 51 à 52% de ses transactions résultent en un bénéfice, et que le spread sur lequel se rémunère un teneur de liquidité comme Virtu Financial s'élève à 0,01 dollar. Ce résultat implique que la firme, selon le professeur, négocie 160 millions d'actions par jour sur les marchés, soit environ 3% du volume de transactions quotidien sur les marchés d'actions américains. Il en dérive que les bénéfices du trading à haute fréquence aux Etats-Unis tourne autour de 10 millions de dollars par jour, et de 2,5 milliards de dollars par an, avant frais et coûts de technologies.

 En analysant les données du Nasdaq, Laughlin estime à 100 actions la taille moyenne des transactions  de Virtu, et à 200 actions par transaction la taille la plus large exécutée par la firme de trading. Ce qui donne entre 2,5 et 3,5 millions de transactions exécutées par Virtu sur l'ensemble des classes d'actifs.

Virtu Financial avait indiqué qu'elle n'avait accusé de perte de trading que sur une journée entre 2011 et 2014 (1248 jours de trading). Laughlin en déduit que cette perte a été générée soit par une erreur humaine, soit par une erreur d'algorithme.

 

 

Posté le 22 mai 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un temps synchronisé pour les Bourses européennes

HoptroffL'IntercontinentalExchange a adopté une horloge atomique pour horodater ses transactions. Le marché de dérivés, présent à Londres, tombe sous le coup de la directive MiFID2, qui requiert un horodatage à la microseconde des transactions exécutées sur les Bourses et MTF européens. Un spécialiste de la technologie des marchés souligne que "toutes les plateformes de transactions où du trading à haute fréquence a lieu devront répondre aux exigences d'horodatage" voulue par la réglementation européenne. Ces exigences requièrent en particulier un horodatage synchronisé des transactions, car jusqu'à présent cet horodatage ne l'est pas. "Les horloges atomiques apportent une précision supplémentaire et permettent une synchronisation. Si les régulateurs collectent des horodatages de transactions différents de différentes plateformes, cela les empêchent d'établir une chronologie de ce qui s'est passé sur les marchés" explique-t-il.

L'actuelle différence d'horodatage des transactions sur les Bourses européennes résulte selon un analyste de la nature des ordinateurs. "Le signal dérive à partir de là. Il faut un service pour corriger cette distortion.  Cette distortion n'est pas tolérée par MiFID2" relève-t-il.

Le spécialiste souligne que ces problèmes se situent au niveau des centres de données des Bourses et des MTF. Car pour rappel, les transactions qui s'effectuent sur les Bourses et les MTF ont lieu dans des centres de données, situés à différents endroits. Celui de Bats par exemple se situe à Slough, près de Londres. Celui de l'ICE, d'Euronext et de la Bourse de Luxembourg se situe à Basildon, près de Londres. Le London Stock Exchange utilise deux centres de données, l'un dans la City de Londres, l'autre à Milan. Il faut savoir qu'à chaque centre de données correspond un autre centre de données, en cas de problèmes. Euronext a un deuxième centre de données près de Paris, pour cette raison.

L'ICE va utiliser le service fourni par NPL, l'organisme gouvernemental britannique de mesure du temps, dans son centre de données de Basildon. Cela fait plusieurs années déjà que l'ICE, mais aussi d'autres Bourses, procèdent à des tests avec NPL.

Le spécialiste relève que cela va engendrer des coûts supplémentaires pour les Bourses et les MTF. "Ces coûts vont être transférés au sein de l'industrie financière, avec des conséquences pour le buy side" prévient-il.

Posté le 15 mai 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Bats s'adapte pour MiFID2

13047002_84658606.previewLe MTF (système multilatéral de transactions) Bats se prépare à l'entrée en vigueur de la directive MiFID2. Son directeur européen, Mark Hemsley, a répondu à nos questions durant le salon du trading électronique Trade Tech qui se tenait le 25 et le 26 avril au Palais des Congrès à Paris. Bats, racheté par le Chicago Board of Exchange en septembre 2016, s'apprête aussi à proposer une alternative moins chère que la closing auction period des Bourses, qui concentre avec l'ouverture des marchés le gros des volumes de transactions.

 Qu'est-ce que MiFID2 va changer pour Bats?

Nous sommes très optimistes vis-à-vis de MiFID2, car nous avons lancé des nouveaux produits en vue du changement de réglementation. MiFID2 va amener plus de transactions de bloc, sous la dénomination "large in scale". Nous avons déjà lancé aux Etats-Unis une initiative, BIDS, sur laquelle nous pouvons nous appuyer. Bats LIS va permettre aux firmes d'investissement et aux courtiers de passer leurs transactions au-delà de la limite LIS, mais aussi entre firmes d'investissement, et entre courtiers, à travers des opérateurs désignés.  Nous avons aussi lancé des mini enchères périodiques durant la séance sur notre marché lit. Celles-ci vont durer une demi-seconde. Car avec le changement de réglementation va se poser la question d'où vont aller les transactions qui ne se qualifient pas pour le LIS mais sont supérieures à la limite des capitalisations pour les dark pools. De plus, la directive va demander des rapports de transactions, et nous offrons ce service. Nous nous attendons à plus de transactions sur le marché lit.

 Récemment, le CME a fermé son bureau londonien, et TOM a cessé d'exister. Est-ce que la concurrence se tarit sur les marchés européens?

Vous pointez que ces fermetures concernent des marchés de dérivés. Différentes raisons expliquent ceci. Le CME a affirmé qu'il avait eu des difficultés à trouver des transactions. Pour TOM, il y a eu des problèmes du côté du clearing. Le dénouement des positions sur les futures sur LCH.Clearnet  peut prendre du retard. La concurrence sur les dérivés est plus difficile à cause de cela. Elle repose sur des solutions de clearing. Pour les actions, BATS avait créé une solution de clearing en partenariat avec Euro CCP. Il y a plus de choix en matière clearing.

Deutsche Börse et le LSE ont échoué à fusionner. Est-ce que des fusions de Bourses deviennent impossibles?

 

 Il est évident qu'en Europe, les problèmes de concurrence soulèvent des oppositions à ces rapprochements. Mais c'est aussi surprenant que beaucoup de ces sociétés qui ont échoué à consolider sont des quasi monopoles. C'est pour cela que ces fusions sont difficiles en Europe. Beaucoup de sociétés détiennent de fortes positions.

Quel impact aura le Brexit sur BATS?

Nous restons engagé vis-à-vis d'une activité paneuropéenne. Nous voulons maintenir nos opérations à l'intérieur de l'Union européenne. Nous devrons décidé quelle stratégie nous allons adopter d'ici deux ans. Nous prévoyons de déplacer nos bureaux au sein de l'Union européenne.

Et que va-t-il advenir de vos centres de données?

Je pense qu'ils vont rester à Londres, car beaucoup de transactions proviennent de Londres.

Etes-vous prêt pour les exigences d'horodatage des transactions requises par MiFID2?

Oui. Nous disposons d'une bonne solution technologique.

 

Posté le 1 mai 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Ce qui va changer pour le HFT avec MiFID2

68142032_490651772.previewLa directive MiFID2, qui entre en vigueur le 3 janvier 2018, prévoit un volet consacré au trading à haute fréquence définit à l'article 4 (1) (40), comme du trading "utilisant une infrastructure pour réduire sa latence (telle que la colocation), l'absence d'intervention humaine pour initier, et diriger un ordre, et qui envoie 2 messages par seconde par instrument négocié (ou 4 messages par seconde par plateformes de transactions)".

Les firmes de trading qui tombent dans cette catégorie devront se signaler au régulateur et aux plateformes de transactions sur lesquelles elles sont actives. Le régulateur pourra alors demander à la firme de décrire ses stratégies de trading, ses processus de gestion de risque, et ses limites de trading . Elle devra aussi procéder à l'enregistrement de ses ordres, en incluant les annulations, les exécutions d'ordres et les cotations passées sur les plateformes de transactions pendant une durée de 5 ans, et permettre l'accès de ces données  au régulateur.

La firme de trading devra s'assurer d'une équipe de conformité ayant une connaissance de ses activités de trading, de personnel maîtrisant des compétences pour gérer les systèmes de trading algorithmiques et les algorithmes, ainsi que les principes de surveillance d'abus de marché. Ces principes incluent le test des algorithmes pour éviter tout abus de marché.

En bref, l'accent est mis sur le pre et le post rapport des transactions pour les firmes de trading.

Piebe Teeboom, secrétaire général de la FIA Epta, qui défend les intérêts des firmes de trading européennes, estime que l'impact de MiFID2 pour le secteur sera "important". "Après MiFID2, toutes les firmes de trading seront régulées et soumises à une liste de règles. Cela reconfigure la manière dont opère l'industrie" a-t-il indiqué lors du salon Trade Tech. Selon lui, le test des algorithmes, les exigences pour les teneurs de liquidité, et la stabilité des marchés  va amener un série de nouveaux coûts. A cela il faut ajouter le coût du reporting des données selon lui, ce qui aura un impact sur la structure des marchés.

Piebe Teeboom avait un ton plus inquiet que certaines firmes de trading participants à Trade Tech. Un des représentants de ces firmes estimait en marge de la conférence que leur activité ne serait pas impactée. Car il s'attend à plus de transactions pour les firmes de trading à haute fréquence, alors que la structure des marchés financiers européens va changer avec la disparition des dark pools. Cela va résulter selon lui en une raréfaction des contreparties de marchés, au bénéfice des firmes de trading à haute fréquence.

 

 

 

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