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Bruno Colmant est membre de l'Académie Royale de Belgique, Docteur en Economie Appliquée (ULB) et Master of Science de l'Université de Purdue (Etats-Unis). Il enseigne la finance appliquée et l'économie à la Solvay Business School (ULB), à la Louvain School of Management (UCL), à l'ICHEC, à la Vlerick Business School et à l'Université de Luxembourg. Sa carrière est à la croisée des secteurs privés, publics et académiques.

L'objectif de son blog est de clarifier certains débats économiques avec un angle d'approche différent. Les sujets traités relèvent essentiellement des problèmes de dettes et déficits publics, et de gestion des politiques monétaires.

Posté le 4 octobre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Volatilité : ça s’en va et ça revient…

Cloclo-ca-s-en-va-et-ca-revient-fortDepuis que les banques centrales acquièrent des obligations privées et publiques en gage de la monnaie qu’elles impriment, elles soutiennent, par les taux d’intérêt bas qui en découlent, la valeur des actifs, notamment boursiers. Tout se passe comme si la volatilité, qui est inhérente aux marchés boursiers, était absorbée par les banques centrales. Les marchés financiers vendent, sous forme d’une rétribution qui correspond à des valeurs d’actifs élevées, cette volatilité aux banques centrales. Mais ce mouvement va bientôt s’inverser puisque ces mêmes banques centrales commencent à atténuer ou contracter leur soutien monétaire. La volatilité va donc refluer vers les marchés boursiers avec des risques de variations de cours...que les banques centrales vont néanmoins tenter de tempérer.

Posté le 3 octobre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Une reprise économique à deux vitesses

06_Mehari_650Les taux de croissance de l’économie se rétablissent incontestablement. En Belgique, la croissance sera sans doute de 1,8 % en 2017. Mais cette reprise est-elle égalitaire ? Non. Le travail est précarisé notamment sous l’influence de la concurrence internationale et de la révolution digitale, couplées au vieillissement de la population. L’épargne non risquée est, quant à elle, rognée par l’inflation. Par contre, le capital à risque et l’immobilier ont vu leurs valeurs se démultiplier. C’est l’ambiguïté de la situation contemporaine : l’inflation courante (de consommation) est trop basse mais trop haute pour une épargne dont la rémunération est réprimée financièrement tandis que l’inflation des actifs se déploie sous l’effet des taux d’intérêt bas. L'inégalité n'est donc pas liée aux facteurs de production. Elle est entraînée en grande partie par la politique monétaire.

Posté le 1 octobre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

La patate chaude de la dette...

Patate-sur-le-feuDans les années septante, plusieurs phénomènes se conjuguèrent pour embrasser l’inflation : abandon des parités fixes et de l’étalon-or décidés en 1944, chocs pétroliers, réponses keynésiennes à des modifications structurelles de l’économie manufacturière et élévation stratosphérique de l’endettement public, lui-même suivi par des rafales de dévaluations. Cette vague d’inflatrion éreinta le capital tandis que le travail était vaguement protégé par l’indexation des salaires.
Dans les années quatre-vingt, les choses changèrent avec des politiques monétaires restrictives. Il s’en suivi ce qu’on qualifie de « grande modération », c’est-à-dire le choix politique de désinflater l’économie.
Mais une économie croît difficilement sans inflation. C’est donc l’endettement qui prit le relais jusqu’à engorger les bilans privés et publics.
Et aujourd’hui, on fait face à une économie surendettée mais désinflatée. De nombreux économistes sonnent l’alarme de cette situation de surendettement. Mais le problème est que sans inflation ou défaut, l’endettement ne baissera pas. Sa contraction pourrait même contrarier la croissance.
On en arrive donc à une contradiction par rapport aux missions des banques centrales : il faudrait de l’inflation pour éroder le surendettement, sachant que l’endettement, comme une patate chaude, ne disparaît pas : il se transmet. Les banques centrales, qui protègent le capital veulent l’inverse.
Ce sera, à mon avis, le défaut qui soldera les dettes publiques excessives.

Posté le 26 septembre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Faut-il taxer les robots ?

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Dans la Genèse (3 :19), il est écrit que « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain ». Il faut donc travailler pour survivre. Pourtant, cette discipline ancestrale est peut-être caduque. Nos communautés occidentales traversent un bouleversement d’une saisissante amplitude. La mondialisation économique induit un monde multipolaire et complexe. Après les deux premières révolutions industrielles, celle des années 1780 qui a porté sur les sciences et techniques du textile, de la métallurgie et du transport ferroviaire, et celle qui a débuté dans les années 1880 avec l’apparition du moteur à explosion, de l’électricité, de l’automobile et de l’aviation, nous pénétrons dans une troisième révolution économique, celle de la mobilité du capital et de l’information. C'est la révolution digitale. Cette troisième révolution modifie la typologie du progrès. Le développement des sciences et des techniques se propage désormais au rythme de la transmission de l’information et de la fluidité des capitaux. Cette mondialisation économique altère les espaces-temps. Elle est globale et dissocie la géographie de la formation du savoir des lieux de leur commercialisation.

Trois changements organiques s'alignent dans la morphologie de la sphère marchande.

Tout d’abord, l'ère digitale est à l'économie des services ce que fut la désindustrialisation à l'économie manufacturière. La singularité de cette économie digitale est qu'il n'existe pas de superposition géographique entre le travail d'un intermédiaire qui disparaît et un centre informatique qui se situe souvent dans un autre pays. Internet est donc devenu un substitut à l’allocation géographique des facteurs de production en permettant la délocalisation et la désynchronisation des circuits de production. Keynes avait incidemment théorisé ce phénomène en 1930 en invoquant le chômage technologique. Ensuite, les entreprises qui pilotent cette mondialisation digitale sont des entreprises en situation quasiment monopolistique, à tout le moins dans certaines géographies. Enfin, la démocratie, et le donc le pouvoir taxatoire, se limite aux frontières d'un Etat. Or, de grandes entreprises, dont les acteurs de la digitalisation, dominent déjà les Etats. Ces entreprises allument et éteindront les feux de croissance selon de nombreux critères.

Mais un autre problème se pose, à savoir celui de la taxation des revenus professionnels, voire même la notion même de revenu dans un contexte où de nombreuses tâches sont mécanisées. En effet, nos systèmes fiscaux sont fondés sur une économie traditionnelle, c’est-à-dire sur le caractère tangible d’une valeur ajoutée humaine, de nature manufacturière ou intellectuelle. Si les hommes sont remplacés par des processus informatiques ou robotiques, le gain de productivité, qui fonde la rémunération d’un travailleur, et donc la taxation professionnelle de sa valeur ajoutée, se déplace vers l’entreprise qui possède ou opère ces processus. En d’autres termes, la base taxable se déplace latéralement du revenu d’une personne physique vers celui d’une entreprise.

Ceci ne pose pas de problème si ce gisement fiscal ressortit au même pouvoir taxateur. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas dans l’économie digitale, puisque la valeur ajoutée des processus se trouve souvent à l’étranger et qu’il est complexe de soumettre des groupes étrangers ou des flux d’informations à une taxation cohérente. On peut bien sûr imaginer une taxation sur la consommation des flux digitaux sous forme de taxe à la consommation, mais ceci supposerait que le transfert d’information, qui n’est qu’un déplacement latéral de flux sans valeur ajoutée systématique, soit correctement mesuré. Ceci relève de l’impossibilité fiscale, et même conceptuelle, car cela reviendrait à taxer, de manière anticipée, la créativité et l'entrepreneuriat qui pourraient découler d'un accès immédiat à des sources d'information. En effet, la révolution de la transmission de l’information induit elle-même un sens de l’histoire instantané, c’est-à-dire un rapport au temps différent. Elle crée des communautés éphémères, transitoires, promptes à stimuler l’échange, la créativité et l’échange commercial. Cette nouvelle relation de l’homme à l’information engendre des associations humaines élastiques, mobiles et donc multiloculaires.

Certaines théories furent formulées. L'économiste suisse Jean de Sismondi (1773-1842) théorisa ce basculement vers la mécanisation en argumentant qu'il profitait au patronat. Selon Sismondi, la machine est un moyen privilégié de l'accumulation de capital parce qu'elle n'a pas besoin de salaire. Il suggéra que tout individu remplacé par une machine reçoive à vie une rente perçue sur la richesse entraînée par cette même mécanisation. En d’autres termes, le propriétaire ou le gestionnaire de processus devrait s’acquitter d’un impôt correspondant à une partie des gains de productivité qu’il soustrait à la sphère marchande « collective ». La théorie de Sismondi fait écho à l'opposition des facteurs de production, à savoir le capital et le travail. Malheureusement, elle conduirait à annihiler le rendement du capital lié à l'innovationLes thèses de Sismondi constituent aussi un terreau fertile aux théories d’allocations universelles, bien qu’on puisse s’interroger sur leurs financements si la quantité de travail (et le rendement marginal du travail) baisse au profit d’un rendement marginal croissant du capital. Et, là aussi, on en revient à un déplacement de l’impôt des personnes physiques vers l’impôt des sociétés, en gardant à l’esprit que la digitalisation de l’économie est, pour partie, un bien public. De surcroît, une question porte sur le caractère assurantiel de la sécurité sociale, qui est fondé sur une économie manufacturière, très éloignée du contexte d’économie digitale.

A l’intuition, la réponse fiscale à cette évolution sera de faire glisser l’impôt des revenus professionnels vers la taxation de la consommation de biens et de services (y compris des services électroniques mais en écartant certains flux d’information). Cela me semble répondre à la mobilité croissante des hommes, des capitaux et de l’information. Est-ce pour autant une évolution souhaitable sous l’angle de l’équité sociale ? Peut-être pas, mais cette évolution me semble liée à la modification fondamentale du concept fiscal de revenu professionnel, voire de revenu tout court. Quoiqu’il en soit, le problème est tellement vaste que l’OCDE l’étudie en profondeur.

 

 

Posté le 25 septembre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Un mauvais vent bugétaire allemand ?

GettyImages-813831822-714x476Depuis dimanche soir, l’Europe est confrontée à une nouvelle configuration politique allemande, qui sera, plus que jamais, fondée sur le modèle de l’ordolibéralisme.

Cette doctrine, développée dans les années trente, consiste à aligner l’économie sur une amélioration permanente des exigences de productivité malgré une devise forte.

La CDU/CSU d’Angela Merkel devra probablement constituer un gouvernement avec le parti libéral FDP qui a exprimé son opposition formelle à l’union bancaire, à la désignation d’un Ministre des Finances européens. Ce même parti a exprimé son souhait d’éjecter la Grèce de la zone euro et exige que la BCE soit dirigée par un allemand selon des principes d’orthodoxie monétaire germanique.

L’ordolibéralisme allemand a toujours écarté le keynésianisme, d’autant que ce pays fait face à un gigantesque déficit démographique déflationniste et structurel.

Ce nouvel alignement politique entraînera des difficultés pour la France qui espérait que ses réformes suscitent une certaine complaisance de l’Allemagne dans la gestion de ses finances publiques.

Il est donc possible que le raidissement allemand, combiné à une restriction des libertés budgétaires, contribue à maintenir une empreinte déflationniste, d’autant que la BCE va bientôt atténuer son soutien monétaire. Cela pourrait alimenter une tension des taux d’intérêt des pays faibles de la zone.

Posté le 20 septembre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Traitons-nous respectueusement nos étudiants en médecine ?

Le 6 août 2017, je publiais, à titre personnel, cette chronique sur mon blog de l’Echo.

Je la mets, à nouveau, en ligne, inquiet du cynisme dont font preuve certains par rapports à nos futurs médecins.

Comment le monde académique, auquel je ressortis, a-t-il pu se commettre à participer à une telle offense qui touche à nos valeurs fondamentales ? C’est stupéfiant.

J’invite aussi le lecteur à lire très attentivement la carte blanche du député fédéral Georges Dallemagne, qui est médecin de formation : http://www.lalibre.be/debats/opinions/examen-en-medecine-un-sommet-de-betise-d-absurdite-et-de-brutalite-gratuite-opinion-59c2455acd705ab67ee121c1

Les choix de la vie m’ont conduit à enseigner l’économie appliquée dans différentes universités du pays.

Je contribue, comme d’autres, à former de remarquables jeunes adultes qui, pour la plupart, travailleront dans la sphère financière (banque, audit, consultance, etc.).

A côté de cela, des centaines d’étudiants, dont la valeur sociétale – si tant est qu’elle soit mesurable, ce dont je suis intuitivement convaincu- est supérieure, entament des études de médecine.

Ces dernières sont longues, gigantesques et exigent une application qui ne peut trouver ses fondements que dans une admirable passion et un courage personnel qui confine à l'abnégation. Ces études exigent, avant la réussite d’un examen tellement imposant qu’on l’appelle le « mammouth », des stages dans différentes disciplines. Ceux-ci sont évidemment dispersés géographiquement et temporairement rares puisque deux cohortes d’étudiants se télescopent. Ces stages sont non rémunérés et exigent donc une voiture, la négociation de baux précaires sans compter que les pires horaires sont souvent réservés à ces mêmes stagiaires, sauf quand (et c’est fréquent) un bienveillant médecin accompagne l’étudiant.

La course d’obstacles débute ensuite pour une spécialisation. Les places sont très rares et souvent confinées par les cloisonnements universitaires. Bien sûr, un étudiant peut devenir un généraliste. Mais il faut regarder la réalité en face : un généraliste ne gagne pas bien sa vie (en fait, les médecins bien rémunérés sont ceux qui posent des actes techniques), est accablé de lourdeurs administratives et désormais numériques sans compter que son rôle dépasse le champ strictement médical pour relever de l’aide socio-psychologique aux personnes. On ne compte plus les médecins généralistes qui frôlent la précarité financière et le burn-out.

Et voici que depuis plusieurs années, on garrote les médecins avec l’attribution des numéros INAMI. Si je comprends que les dépenses de la sécurité sociale doivent être contenues (encore que le VERITABLE problème des finances du pays est que les dépenses de pensions représentent plus de 10 % du PIB), je me dis qu’il est troublant de soumettre ces étudiants à des stress qu’à nouveau, comme le disait récemment un reçu-collé (c’est-à-dire un étudiant qui a réussi sa première année sans être en ordre utile et doit donc repasser, après une année d’étude, un examen d’entrée) sur les ondes de la RTBF, seul le courage personnel peut surmonter.

Quand on pense qu'on en est arrivé à établir des QUOTAS (comme si trop de passions était punissable) par université ?

Où sommes-nous ?

Je pose paisiblement la question : agissons-nous de manière respectueuse et honorable par rapport à cette jeunesse ? Ne vaut-elle pas mieux que des postures politiques au sein d'obscurs comités de concertation au sein desquels l’arbitrage relève de quotas linguistiques sachant qu’on a jamais vu un cancer déclarer sa langue de traitement !

Comment réconcilier ces réalités avec les prévisions de déficits du nombre de médecins en Wallonie ?

Sommes-nous, membres de la communauté universitaire de Belgique, le pays du grand anatomiste Vésale, à la hauteur morale et humaniste de ces constats ?

En tout cas, je suis certain que le jour où j’ai un problème de santé, un médecin me sera plus utile qu’un économiste…



Posté le 20 septembre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Le piège de la dette ? Lequel ?

Armadilha-1728x800_cSelon la Banque des règlements internationaux, le piège de la dette menace l’économie mondiale. Est-ce une affirmation solide ou simplement le constat qu’après des années d’argent gratuit, il est normal que l’endettement privé et public ait augmenté en accroissant sa vulnérabilité à une potentielle hausse de taux d’intérêt ?

Sommes-nous, après les baisses de taux d’intérêt qui ont conduit à l'emballement des subprimes et à la crise bancaire, à l’aube d’une nouvelle crise, d’une nature comparable, qui résulterait du fait que les taux d’intérêt sont en baisse structurelle depuis près de 35 ans ?

Personne, sauf un marabout, ne peut donner de réponse unique à cette question.

Mais une chose m’apparaît désormais claire : la cinétique des taux d’intérêt ne ressemble pas à celle des cycles précédents : un climat de faible croissance, alimenté par le vieillissement de la population, par la digitalisation et bientôt par l’intelligence artificielle, combiné à une abondance d’épargne pourrait maintenir les taux d’intérêt bas. C’est d'autant plus vrai que les Etats, surendettés suite à la crise, ont placé le système bancaire et monétaire sous une telle tutelle qu’ils seront capables de maintenir des taux d’intérêt faibles. Du reste, sous l’angle monétaire, le système financier est plus proche de sa nationalisation que de l’économie de marché.

Les immenses dettes sont donc soutenables sauf raidissement des marchés et accident qui conduiraient à redresser les primes de risque.

Posté le 17 septembre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

La politique monétaire sur le fil ?

Mary-poppinsPlus de deux ans après une création monétaire sans précédent, la Banque Centrale Européenne (BCE) fait face à des décisions cruciales, voire existentielles pour l’économie de la zone euro. Jusqu’en 2015, cette dernière flirtait avec la déflation, qui constitue le pire scénario économique puisque la confiance dans le futur disparait. L’injection monétaire, toujours en cours, avait l’objectif principal de stimuler l’inflation. Cet objectif n’est pas atteint et la BCE semble en avoir fait son deuil. Manifestement, et à la surprise de nombreux économistes, un facteur subjuguant domine l’économie dans sa faible croissance : c’est le vieillissement de la population. Face à cette réalité démographique, une création monétaire est de peu d’effet.

La création monétaire avait aussi pour objectif d’affaiblir l’euro, mais surtout de refinancer les dettes publiques d’Etats surendettés.

Aujourd’hui, l’euro se renforce au détriment des exportations.

Les dettes publiques sont, quant à elles, toujours très élevées. Seuls les taux d’intérêt anormalement bas imposés par la BCE autorisent, pour les pays faibles, de la zone euro, leur soutenabilité.

La BCE va-t-elle donc prendre le risque de resserrer sa politique monétaire ?

Ce n’est pas certain. J’ai même l’intuition qu’elle pourrait temporairement prolonger son soutien monétaire.

Mais rien ne sera décidé avant les élections allemandes puisque ce pays est un fervent partisan de l’orthodoxie budgétaire et monétaire. Il serait donc impensable que la BCE pollue la réélection probable d’Angela Merkel avec un message de complaisance.

Posté le 15 septembre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Une guerre avec la Corée du Nord. Vraiment ?

393675Les tiraillements militaires en mer de Chine pourraient laisser penser qu’un affrontement entre la Corée du Nord et les Etats-Unis est inéluctable.
Une guerre n’est jamais impossible : un feu de broussaille entraine parfois un incendie de forêt.
De surcroît, si on donne un marteau à un dingue, tout ressemble à un clou...
Mais, à mon intuition, c’est peu probable.
Ce qui se passe – et de nombreux indices l’induisent-, c’est l’émergence croissante d’un pôle chinois qui, dans le sillage d’une prédominance économique incontestable, conduit à une géographie de contrôle.
François Mitterrand l’avait d’ailleurs prédit : Le 21ème siècle sera caractérisé par une lutte à mort, mais sans morts, entre les Etats-Unis et la Chine.
La Chine construit donc sa zone d’influence au travers de ses alliés, dont l’un est son bras armé.
Au reste, la présence américaine en Asie est, pour l’essentiel, une rémanence d’ancienne guerres : la guerre avec le Japon (1941-45) qui a d’ailleurs conduit à démilitariser ce pays, la guerre de Corée (1950-53) et, à certains égards, la guerre du Vietnam (1955-75).
Or ces temps sont révolus.
Par ailleurs, les grandes puissances ne se confrontent jamais directement mais le font au travers de leurs vassaux. On n’imagine donc pas les Etats-Unis engager directement la Corée, encore que la guerre du Viêtnam en soit le précédent.
Cette intuition d’absence de confrontation directe entre les grandes puissances avait d’ailleurs conduit Charles de Gaulle à craindre que les Etats-Unis et la Russie utilisent le sol européen pour engager des hostilités dans le cadre de la guerre froide, raison pour laquelle il avait délocalisé la force nucléaire française dans des sous-marins qui pourraient tirer « tous azimuts », de Washington à Moscou.
Aujourd’hui, la Corée du Nord tire dans un azimut.
Mais c’est surtout l’expression d’une délimitation de zone d’influence chinoise.
Et la Chine ne veut, à aucun prix, d’une guerre.

Posté le 6 septembre 2017 par Bcolmant Réactions | Réagir

Dollar : prudence historique et circonspection ...

P37-Richard-Nixon-FrontSauf à être un charlatan ou un bonimenteur, Il est impossible de se prononcer avec certitude et fermeté sur l’évolution des devises et je ne le ferai pas.
Ce monde relève de l’aléa et appartient à des initiés. Les devises reflètent la pulsation du monde et leur appréciation exige une finesse d’intuition que peu possèdent.
Pourtant, une chose me frappe et elle fait l’objet de cette courte note.
En un an, tout a changé aux Etats-Unis.
Tout.
C’est, bien évidemment, le sillage des élections.
Mais, en matière de politique monétaire, les messages de la Federal Reserve se sont inversés : Il n’est plus question d’un resserrement de la politique monétaire, et donc d’une hausse des taux d’intérêt.
Il n’est même plus question d’inflation.
Il est surtout question de la succession des membres, et de la Présidente, de la Federal Reserve.
Le numéro deux de la Federal Reserve vient d’annoncer son départ, laissant, un peu plus, le champ libre aux Républicains.
Mon intuition m’incline à penser que la faiblesse du dollar pourrait s’accentuer car toute la trame de la politique commerciale de l’Administration Trump repose sur le protectionnisme et le dénouement des accords commerciaux.
Il serait, sous cet angle, incohérent et contrintuitif d’imaginer un dollar fort, d’autant que les Etats-Unis ont assuré leur autonomie énergétique.
Tout ceci rappelle la fin des accords de Bretton Woods, en 1971, année au cours de laquelle, sous de spécieux motifs, Nixon saborda l’unité monétaire d’après-guerre en dissociant la valeur du dollar de celle de l’or.
Bien sûr, c’était il y a un demi-siècle.
Mais la doctrine Roosa, consistant à affaiblir le dollar au détriment des pays qui accumulent des excédents commerciaux vis-à-vis des Etats-Unis, est toujours – je crois – d’application, d'autant que les Etats-Unis enregistrent un déficit commercial.
Quelques tweets de Donald Trump concernant la Chine et l’Allemagne pourraient en constituer l’intuition.

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