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Carnets politiques
L’endroit et l’envers du décor de la politique. Les petites et les grandes histoires de la rue de La Loi. Les coulisses, les anecdotes. Ce que vous n’avez pas encore vu à la télé ni entendu à la radio. Des décodages inédits. Voilà ce que la rédaction politique de L’Echo vous promet dans ce blog. Ni plus ni moins.

Posté le 8 septembre 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Sur l’index, je retourne ma veste

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, c’est bien connu. Les chrétiens démocrates flamands du CD&V sont en passe de faire de ce dicton populaire une de leur ligne de conduite politique. Parce que, franchement, bien malin qui peut encore comprendre ce que pense ce parti…

Prenez, l’index, par exemple. L’indexation automatique des salaires est un des points sur la table de négociation fédérale de la coalition suédoise et c’est évidemment quelque chose de particulièrement sensible – vu l’opposition des partis de gauche et des syndicats à la modification de ce mécanisme. Index

Florilège.

En janvier 2012, le CD&V Steven Vanackere, catalogué à la gauche du parti, est vice-premier ministre et ministre des Finances. Il prend position – au grand étonnement de ses partenaires de majorité de l’époque – pour un saut d’index. Il se justifie en disant que ce saut d’index sera « corrigé socialement ».

En mars 2012 puis en octobre 2013 , Kris Peeters, alors ministre président-flamand, déclare devant le Parlement : « Un saut d’index serait une bonne chose » pour la compétitivité des entreprises. "C'est une bonne idée", dit-il. Il dit cela notamment en s’adressant au gouvernement fédéral où le vice-premier ministre Pieter De Crem relaye son point de vue.

MAIS

En 26 avril 2014, soit six mois plus tard, le même Kris Peeters dans un discours prononcé à Bruges lors d’un congrès de son parti, prend une direction inverse puisqu’il dit clairement en ciblant la N-Va et l’Open VLD : « Ne les croyez pas quand ils vous disent que la suppression de l’index est la solution ».

Dans la foulée, Wouter Beke, interviewé par De Tijd, indique: "Un saut d'index ne fait pas partie de notre programme socio-économique" (26 avril).

Après les élections, le 26 juillet dernier, le président Wouter Beke, toujours lui, est interviewé dans « De Standaard », il dit : « Pour nous, le maintien du caractère automatique de l’indexation des salaires a été une exigence pour commencer les négociations ».

Bien entendu, le CD&V pourra toujours argumenter qu’un saut d’index, ce n’est pas toucher au caractère automatique de l’index. Mais ce serait quand même gonflé…

Le principe même du caractère automatique, c’est que dès que l’indice pivot est dépassé, le rattrapage est « automatique ». Faire un saut d’index , c’est toucher au mécanisme, et d’ailleurs à l’élément essentiel de celui-ci : son automaticité, c’est-à-dire le fait qu’il ne doit pas être demandé ou négocié par les travailleurs...

Nous, on ne sait toujours pas ce que veut le CD&V en la matière.

Mais probablement ne le savent-ils pas eux-mêmes…

@Le_bux (Pour vous servir)

Posté le 3 septembre 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

Un de ces hommes ment. Mais lequel?

"Trahison", "imposture", "bal des faux-culs": les coups pleuvent sec dans le reportage ficelé par Thomas Gadisseux et Guillaume Wollner, diffusé ce soir (20h20) par la RTBF, dans le cadre de Questions à la Une. Ou comment retracer le fil menant des élections du 25 mai dernier à l’élaboration de la coalition kamikaze/suédoise.

par Benoit Mathieu

Concrètement, si vous avez suivi de près, vous ne serez pas ébouriffé par les révélations. Par contre, si vous n’avez prêté qu’une oreille distraite à la saga politique de l’été, n’hésitez pas un instant: installez-vous devant votre poste. En une petite heure, la messe est dite et parfaitement résumée, côté francophone du moins. On y voit des partis persuadés de voir reconduit le gouvernement sortant basculer peu à peu de quoi aboutir à la situation actuelle, inédite. La "fracture francophone", le MR seul contre tous.

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La séquence phare, la voici: Benoît Lutgen, Charles Michel et Olivier Maingain évoquant le coup de fil qu’a passé, ou pas, le président du MR à celui du FDF, et qui aurait pu faire basculer à droite Bruxelles et Wallonie. Michel est formel: il a eu lieu. Non, affirment les deux autres. Qui ment? (Au fait, la NSA, elle pourrait pas se montrer utile, sur le coup?) Une histoire connue, certes, mais qui vaut son pesant de cacahouètes télévisuelles.

Reste ce sentiment diffus, que la suédoise doit autant au résultat des urnes qu’à l’incompréhension qui a régné entre les protagonistes sans oublier les calculs politiques.

Posté le 8 août 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

Quand le "DSK de Flandre" change sa page Wikipedia

La page consacrée au sénateur Pol Van den Driessche (N-VA) sur l'encyclopédie en ligne Wikipédia a fait l'objet ces derniers jours de tentatives répétées de modifications, a découvert le blog "Journalinks". Le coupable n'est autre que Pol Van den Driessche lui-même.

 "J'ai fait ça moi-même pendant une après-midi calme au secrétariat du parti. Le parti n'était absolument pas au courant. Je trouvais que certains points méritaient plus de nuances", a-t-il expliqué.

Quelques mois avant les élections communales, M. Van den Driessche s'était retiré de la campagne qu'il menait à Bruges en raison d'articles de presse qui évoquaient ses frasques et le qualifiaient de "DSK de Flandre".

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Posté le 7 août 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

A l’assaut des tabous

On voit revenir sur la table des idées qui ne paraissent audacieuses que parce qu’elles ont été diabolisées pendant des années.

par Martine Maelschalck

Quand un homme politique de droite rencontre un autre homme politique de droite, qu’est-ce qu’ils se racontent? Des histoires de politique de droite. Ou, soyons de bon compte, des histoires de politiques de centre-droit qui ne paraissent audacieuses que parce qu’elles ont été diabolisées pendant des années.

On voit ainsi revenir sur la table des idées qui n’avaient pas beaucoup de chances de passer la rampe sous les gouvernements plus marqués à gauche –au centre-gauche- qui se sont succédé pendant 25 ans. Ce n’était pourtant pas faute, pour certaines composantes de ces coalitions, de déposer l’une ou l’autre de ces suggestions sur la table.

Les premières mentions du « snelrecht » (système de justice accélérée) datent du gouvernement Vehhofstadt Ier, portées par le VLD Marc Verwilghen. La prolongation des centrales nucléaires a été soutenue par les libéraux francophones et a eu, un temps, les faveurs des démocrates-chrétiens du cdH. Quant à la vente des participations de l’Etat dans les entreprises, c’est un vieux dada de l’Open VLD. Mais ces suggestions sont souvent restées lettre morte ou ont, au mieux, été tellement édulcorées par le jeu des forces en présence qu’elles pour la plupart jamais abouti.

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Il est bien sûr trop tôt pour avoir une idée précise de l’orientation que Charles Michel et Kris Peeters comptent donner à leur projet d’accord de gouvernement. Mais les ballons d’essai se succèdent ces derniers jours. On a ainsi appris que les négociateurs reparleraient de la mise en place d’une procédure de justice rapide. Puis c’est la question de la date de sortie du nucléaire qui est revenue sur le tapis, avant que l’on ne reparle de la vente des bijoux de famille de l’Etat (Belgacom, bpost voire BNP Paribas). Idéologie ? Sans doute.

Mais chacun de ces points vise à donner une réponse à un problème bien réel, qu’il s’agisse de l’arriéré judiciaire, de notre approvisionnement énergétique ou des contraintes budgétaires. Même si la méthode pour apporter cette réponse brise ce que l’on avait pris l’habitude de considérer comme un tabou.

Car la différence, c’est justement qu’aucun des négociateurs de la « suédoise » ne semble considérer ces thèmes comme des tabous -même si chaque parti voudra sans doute y apporter sa nuance personnelle. Au pays du compromis et des coalitions, cette relative unanimité sur le plan idéologique aurait presque un petit côté majoritaire.

Posté le 11 juillet 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Oui, un francophone peut être commissaire européen

Je vous prends une minute en ce jour de « Vlaamse Feestdag » avec quelques comptes d’apothicaire politique. Le grand sujet qui agite la rue de la Loi en marge des formations gouvernementales, c’est la désignation d’un représentant belge à la Commission européenne. C’est normal, c’est un poste prestigieux et avec un poids politique conséquent. Berlaymont On sait que plusieurs personnalités belges sont intéressées par la fonction.

Karel De Gucht (VLD) voudrait prolonger, Marianne Thyssen (CD&V) voudrait en être. Didier Reynders (MR) et Joëlle Milquet (cdH) feraient également de bons commissaires. Enfin, le PS - à ma connaissance – n’a pas de candidat. Et je pense que le SP.A Johan Vande Lanotte se tâte, en rusé renard qu’il est.

Or voilà que je lis deux jours de suite – jeudi dans De Standaard, vendredi dans De Morgen – que le prochain poste de commissaire européen reviendrait de droit à un Flamand. Loin de moi l’idée de rallumer les brasiers communautaires, mais il me semble que c’est un peu court comme raisonnement. D’abord, on a aucune indication sur la future coalition fédérale. Or il apparaît quand même très difficile d’imaginer qu’on envoie au Berlaymont un commissaire qui n’aurait pas une majorité derrière lui pour le défendre. C’est gentil de dire que l’Europe doit vivre sa vie à son niveau, mais être à ce point-là déconnecté de la réalité belge, ça ne me paraît pas réaliste. Le commissaire est aussi là pour relayer des messages de son Etat membre à la Commission. Cela ne plaît peut-être pas aux fédéralistes, etc. Mais c’est comme ça : tous les Etats membres qui veulent compter à la Commission y envoient un représentant connecté au gouvernement national en place.

Après cette première remarque de forme, le fond. Les partis flamands relèvent qu’entre 1999 et 2009, il y a eu deux commissaires francophones : le socialiste Philippe Busquin (1999-2004) et le libéral Louis Michel (2004-2009). Ensuite, le libéral flamand De Gucht (2009-2014). Donc, «naturellement» ou «automatiquement», disent-ils, un Flamand doit poursuivre afin de rétablir l’équilibre et que l’alternance soit respectée…

C’est un peu, voire très, court. Car c’est oublier que Herman Van Rompuy (qui à ma connaissance est Flamand et CD&V) est à la tête du Conseil européen depuis novembre 2009. Là, les Flamands disent évidemment que «ça ne compte pas»… Pourquoi donc ? Je me souviens que la désignation de Van Rompuy a considérablement compliqué la tâche au niveau fédéral belge, que cela a créé des problèmes internes au gouvernement et que c’est une fonction européenne en vue pour laquelle Van Rompuy dispose de l’appui de son gouvernement.

Je ne tranche pas, je dis juste que ceux qui prétendent que la présidence du Conseil européen ne compte pas ne disposent pas de plus d’arguments que ceux qui disent que ce poste doit être comptabilisé dans les équilibres communautaires...

Mais poursuivons plus loin. Karel Van Miert (un socialiste flamand) est lui resté dix ans en poste comme commissaire européen (1989-1999). Et – surprise – il avait lui-même succédé à un autre Flamand : le libéral Willy De Clercq (1985-1989)… Alors, les donneurs de leçon d’équilibre linguistique, il faudra repasser. «Oui, mais c’était il y a longtemps, c’était le temps des dinosaures», me dit un responsable flamand. Je réponds: les faits sont là, il n’y a pas plus de raison qu’un Flamand succède à De Gucht qu’un francophone. Allez, bonne fête flamande, dames en heren.

Posté le 3 juillet 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Gueule de bois parlementaire

Petites nouvelles du Parlement fédéral. Voilà, ça fait du bien, les francophones se sont serré les coudes et ont pu éviter que le (vilain) nationaliste flamand Siegfried Bracke (N-VA) ne devienne président de l’Assemblée lundi dernier. Grâce (ou à cause, c’est selon...) au retrait du candidat socialiste André Flahaut et au report des voix PS sur le candidat libéral Patrick Dewael.

Dewael Oui, mais voilà, mesdames et messieurs. Pour la première fois de son Histoire, la Chambre a un président (Patrick Dewael) et un vice-président (Peter Luyckx) du même rôle linguistique – à savoir flamand.

La clé D’Hondt est impitoyable : la N-VA et ses 33 députés raflent le second strapontin. Le PS, deuxième force politique du Parlement, arrache la seconde vice-présidence pour André Flahaut. C’est donc une première – même si elle est temporaire – que d’avoir les deux plus hautes marches du podium de l’Assemblée occupées par des Flamands. Mais d’autres joyeusetés se profilent à la Chambre – par exemple au sein du groupe Ecolo/Groen.

C’est le Flamand Kristof Calvo, un jeune Malinois plein de fougue, qui a été désigné comme représentant de la fraction de douze députés à la Conférence des présidents – organe stratégique qui règne sur tous les travaux parlementaires.

Chaque groupe y vient avec un second député – ici en l’occurrence ce sera Jean-Marc Nollet. Et là, c’est le Namurois Georges Gilkinet qui reste sur le carreau. Un Ecolo : « Nollet débarque de sa Wallonie et prend directement toute la lumière et les responsabilités, pour rester gentil, ce n’est pas ce qu’on a vu de plus fair-play ». Ajoutez à cela que de nombreux verts pointent la responsabilité du ministre wallon dans le récent fiasco électoral – le Waterloo vert. « Il n’est pas vraiment dans la tradition de sortir de charge à un niveau de pouvoir et de directement vouloir des responsabilités à un autre niveau de pouvoir, une petite parenthèse ou une pause aurait été bienvenue », souffle un Ecolo.

Profitez-en, c’est les soldes, les amabilités continuent.

A lire aussi: Quel avenir pour le Parlement fédéral ? On vous l'explique en images et en chiffres. Visite guidée.

Posté le 13 juin 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

La N-VA engage un porte-parole francophone

Les nationalistes flamands veulent s’adresser plus efficacement à l’opinion publique francophone et mieux calibrer leur message.

C’est un signe qui ne trompe pas: la N-VA , en selle depuis trois semaines avec la mission d’informateur de Bart De Wever, n’a pas l’intention de lâcher les commandes de si tôt...

Le plus grand parti du pays vient en effet de recruter une porte-parole francophone. L’engagement n’a rien d’anodin puisqu’on sait que la N-VA veut travailler l’opinion publique francophone – notamment en martelant son message anti-PS.

 Bart De Wever avait déjà adressé un message à l’opinion publique francophone via une vidéo postée sur Youtube, une vidéo d’ailleurs parodiée avec brio par les compères de "Votez pour moi".

Ici, la N-VA franchi le Rubicon et va plus loin. La nouvelle porte-parole francophone - « parfaitement bilingue », insiste-t-on à la N-VA – est donc une femme. Il s'agit de Anne-Laure Mouligneaux. Elle doit commencer son boulot le 1er juillet. Après des études à l'ULB, Anne-Laure Mouligneaux a travaillé dans des entreprises de consultance et s'est spécialisée dans la communication publique. Capture

"Lidée est bien qu'elle travaille avec les médias francophones", confirme le directeur de la com du parti Joachim Pohlman.

Politiquement, les nationalistes flamands sont pour l’heure entièrement dans le marécage francophone où ils doivent tenter de réconcilier le cdH et le MR qui se sont brouillés depuis que les centristes ont choisi de s’allier aux socialistes dans les Régions. Une réconciliation de ces deux partis est l’une des seules issues pour démarrer la formation d’une coalition de centre-droit – dont rêvent la N-VA et le CD&V.

Pour le plaisir, on vous remet la video de Bart De Wever et la parodie.

 

 

 

Posté le 3 juin 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

La guerre des Maisons royales, c’est du Belge

Eliminons rapidement ce point pour pouvoir passer à autre chose: c’est un vrai scoop qu’est allé chercher-là Pascal Vrebos en décrochant une interview  exclusive (et fleuve) du Roi Albert II.

par Martin Buxant

Et  c’est un sacré moment de télévision, qui restera d’ailleurs dans les annales, que RTL diffusera ces 9 et 10 juin. Félicitation à tous les deux. Personne n’avait jamais vu Albert, l’homme sous la couronne, se livrer avec autant d’émotion, être aussi direct. Voilà donc qui est écrit.

Mais pour le reste, au-delà de l’aspect témoignage historique, qu’y a-t-il à en retenir ? On a eu droit à deux extraits de 5 minutes – on a l’art du «teasing» chez RTL – et à quelques confidences de ceux qui ont eu le privilège de voir l’interview en entier. A priori, donc. Rien de politique, au sens strict. Rien, par exemple, sur le fait que les nationalistes flamands de la N-VA, des républicains convaincus et affichés, soient la première formation politique du Royaume. Rien sur le vaudeville récent autour des  dotations publiques de la famille royale. Et rien (ou pas grand-chose), sur la fille (non-reconnue) d’Albert Delphine Boël.

Dès lors, et on se répète, c’est bien sympa, ça va se laisser regarder. Mais ce qui en ressort c’est surtout cette impression de chaos devant le manque de coordination d’un père (Albert) et de son fils Philippe), où l’ex Roi ne se donne même pas la peine de prévenir le Palais royal de cette initiative médiatique à grande portée. Il relance la guerre des Maisons royales belges. Capture

Le Roi, alors qu’il est face à sa première épreuve politique sensible et doit composer avec un Bart De Wever informateur, est tenu à l’écart des sorties  non contrôlées de son père.

«Le moment est tout de même très spécial, si pas très mal choisi»,  glisse-t-on dans les rangs du gouvernement fédéral.

En clair : Albert, dont le règne a été sans faute, est en train de faire un parcours après-règne beaucoup plus sinueux.  Jugez-donc: en l’espace de douze mois, il a eu le temps

  • de se plaindre que les subventions publiques n’étaient pas assez élevées,
  • de maintenir en service une personne de son entourage limogée par son fils, et
  • d'accorder une interview sans prendre la peine de s’accorder avec les services du Palais royal.

Était-ce le moment de venir parasiter la mission de Philippe ou de risquer de lui faire de l’ombre? Non. en allant un pas plus loin: ce qui vaut pour le Prince Laurent vaut aussi pour son père. Rappel, on a prié le fils cadet de s’abstenir de déclarations publiques sous peine de voir sa dotation supprimée... Et on peut toujours arguer qu’Albert s’est abstenu de toute déclaration incendiaire. Croyez-le (on non): les boutefeux de la Belgique trouveront toujours de quoi allumer leur brasier. 

 Mais c’est un bon coup de télévision. Ah ça, oui. Bravo. 

Posté le 2 juin 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Sous le capot de (la voiture) Di Rupo

Dans un livre qui paraît aujourd'hui aux Editions "La boîte à Pandore", le journaliste de "La Libre", Mathieu Colleyn, décortique "les secrets d'Elio Di Rupo".

Le bouquin de 167 pages tombe à pic alors que se profile une négociation pour la composition des différents exécutifs belges et que l'actuel Premier en affaires courantes, n'en doutez pas un instant, y joue un rôle crucial.

Image Mathieu Colleyn passe d'abord en revue - c'est inévitable - le parcours exceptionnel de Di Rupo, ce n'est évidemment pas la partie la plus inédite du livre, l'histoire style Zola du Premier ministre a été de nombreuses fois dépeinte...

Et on sourit lorsque l'auteur écrit que "Di Rupo plane un peu à l'idée de rempiler comme Premier ministre": "il veut éviter que son premier mandat ne soit pas relégué au rang des accidents de l'Histoire".

L'homme a donc visiblement beaucoup pris goût aux ors du 16 rue de la Loi. Mais c'est sans doute quand le livre se penche sur la machine au service de Di Rupo qu'il devient le plus intéressant. Ainsi, l'IEV (Institut Emile Vandervelde), le centre d'études du PS, est-il décrit tout comme sa patronne, Anne Poutrain, avec de multiples détails.

"L'IEV est aussi un outil de surveillance des élus socialistes, une tour de contrôle. (...) Les spécialistes de l'IEV sont appelés les belles-mères du gouvernement, ils détectent tous les problèmes politiques qui pourraient se poser à Di Rupo et aux socialistes et leur prémachent le travail".

De réunions en spécialistes placés dans les cabinets ministériels comme "oeil de Moscou", l'IEV est partout, voit tout, entend tout. Et le met à profit pour épauler Di Rupo.

Inédit encore quand l'auteur raconte comment André Flahaut, fidèle parmi les fidèles, fait tout depuis son perchoir parlementaire pour faciliter la besogne du Premier ministre - notamment en faisant supprimer les questions parlementaires les plus délicates pour Di Rupo. Ainsi, est-il rapporté dans le livre, la libérale Jacqueline Galant a-t-elle été priée de renoncer à une question sensible pour le Parti socialiste à un moment crucial.

Enfin, un passage rapporte comment à Mons, Di Rupo conserve encore le contrôle sur tout ce qui se dit et se fait au niveau de la majorité communale. Son ex dircom Ermeline Gosselin veille en effet au grain jusqu'à l'intérieur des collèges communaux. Y a pas à dire, ces camarades-là, tel que décrit dans "Les secrets d'Elio Di Rupo", sont sacrément organisés.

Les secrets d'Elio Di Rupo, 167 pages,
16,90 euros.

Posté le 26 mai 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

On ne gagne pas à tous les coups

Tout le monde a gagné, c’est entendu. Mais au lendemain des élections, il peut être révélateur de se pencher sur ces déclarations façon Ecole des Fans, lâchées dans la fièvre de la soirée électorale. Décryptage.

par Martine Maelschalck

Paul Magnette (PS): «Le PS est la première famille politique à Bruxelles». Pourquoi le mot «famille» ? Le PS est bel et bien n°1 à Bruxelles devant le MR… Oui, mais le PS sait bien, sans avoir envie de le dire, que le MR a en fait réalisé un très joli score dans la capitale puisqu’il se présentait seul, pour la première fois depuis son divorce avec le FDF, et qu’il atteint sans problème la deuxième marche du podium. Dire que le MR recule à Bruxelles relèverait donc de la mauvaise foi. Et comme le FDF, qui se présentait seul lui aussi, réussit une percée qui le place d’emblée en 3è position, on voit bien MagnettePHOTONEWS10476335012_44243193_previewqu’ensemble, les deux membres de l’ancienne « famille » bleu-amarante ont largement repris le leadership à Bruxelles. Même s’ils n’étaient manifestement pas faits pour le mariage.
Paul Magnette (PS) : « Le PS reste le premier parti de Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles ». Acclamations des militants. Pourtant, tout est dans le mot « reste ». Certes, en 2007, le MR avait historiquement devancé le PS en Wallonie et les socialistes en avaient été traumatisés. Mais ils avaient très habilement repris la main par la suite et leur mésaventure ne s’était pas renouvelée. Ce mot « reste » masque donc un sérieux progrès du MR et un recul du PS au sud du pays. Qui reste une terre de gauche, mais de manière un peu plus dispersée.

Benoît Lutgen (cdH) :  « Le cdH est le 3ème parti en Fédération Wallonie-Bruxelles ». Pauvre Lutgenbelgaimage58510863_44244313_previewFédération Wallonie-Bruxelles, ex-Communauté française… On ne parle d’elle de manière positive qu’une fois tous les 5 ans, lorsqu’il s’agit de se compter au soir des élections régionales ! Le reste du temps, elle retourne, au mieux, au placard, et au pire, sous le feu des critiques, notamment pour la gestion de sa principale compétence, l’enseignement.


Charles Michel (MR) : « le MR est le seul parti qui progresse partout ». Le président du MR a bien essayé d’avoir le triomphe modeste, mais il a fini par se laisser gagner par l’euphorie dimanche soir. CharlesTDB140525elections7809_44243552_previewMais c’était compter sans les surprises qu’allaient livrer les urnes après une nuit de bug informatique. Résultat, une déclaration qui manque un peu de nuances à l’échelon bruxellois. Même si, on l’a dit, les chiffres de 2009 et de 2014 sont difficilement comparables, s’agissant du MR/FDF.


Olivier Deleuze (Ecolo) : « Le résultat n’est pas à la hauteur de nos espérances ». C’est le moins que Deleuze04190795_44240811_previewl’on puisse dire, vu la dégelée qu’a prise le parti vert francophone. Mais au moins, Ecolo le reconnaît franchement. Mais, c’est l’avantage d’une co-présidence, sa collègue Emily Hoyos a malgré tout jouer la carte de l’optimisme et du fair-play, soulignant le bon score de Groen ! en Flandre.
Bart De Wever (N-VA)  aux francophones : « Ne vous inquiétez pas. On n’est pas là pour faire la révolution. » Difficile, quand même, d’être totalement serein…

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